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CHAPITRE VII

La question de l'eau.

Nous avons dit, au début d'un chapitre précédent, que la terre était chargée de fournir à la plante Veau dont celle-ci a besoin. Parmi les améliorations les plus utiles que le cultivateur ait accomplies au cours du dernier siècle, il faut précisément compter les travaux d'irrigation. Il n'en est pas qui puissent exercer, dans l'avenir, une influence plus marquée sur le développement de la production végétale.

La plante est, en etïet, un appareil d'évaporation d'une extraordinaire puissance. La quantité d'eau qui circule dans un végétal herbacé est énorme ; elle «lapasse 250 litres pendant le temps que la plante met à élaborer un kilogramme de matière sèche. L'apport d'une grande quantité d'eau est donc indispensable ; c'est dans le sol que les racines viennent la puiser et absorbent en même temps toutes les substances alimentaires dissoutes qui deviennent les matériaux mêmes du végétal.

La stérilité des pays secs et l'infécondité relative de nos terres durant les années sèches sont ainsi facilement expliquées.

D'autre part, l'eau, en quantité convenable, c'est-àdire sans excès, est indispensable pour permettre aux micro-organismes du sol d'opérer les transformations incessantes qu'ils font subir aux matières pre-

mières dont la plante absorbe, assimile, et élabore les dissolutions.

Le défaut d'humidité interdit donc aux agents de transformation de la terre leur travail productif. Les matières azolées notamment cessent alors d'être nitrifiées et le végétal ne trouve plus dans le sol l'élément indispensable à sa vigueur. Ceci est vrai dans les régions chaudes et éclairées par des radiations intenses comme celles du midi de la France, et c'est encore exact pour les régions septentrionales.

Dans son traité de Chimie Agricole, M. Dehérain dit avec raison :

« Sous un climat un peu sec, comme celui des environs de Paris (qui ne reçoit que 500 à 600 millimètres d'eau) la pluie n'est pas suffisante pour que les sols emblavés conservent La quantité d'eau nécessaire au travail des bactéries. Dans la lutte pour l'eau qui s'établit entre les espèces végétales et les espèces microbiennes, les premières ont l'avantage et les secondes, privées de la condition même de leur existence, languissent ou même cessent leur travail. Ce n'est qu'exceptionnellement que la pluie est assez abondante pour que les plantes laissent le sol humide et que la nitrification y soit active; pendant ces années-là, la quantité d'azote contenue dans les végétaux et les eaux de drainage égale celle qui apparaît dans les terres nues. Aujourd'hui, nous suppléons à l'insuffisance de la nitrifîcation dans le sol, en y répandant du nitrate de soude ; malgré une exploitation très active, les gisements du Pacifique ne montrent encore aucun signe d'épuisement; cet épuisement se produira cependant, et si nos terres restent dans l'état où elles sont aujourd'hui, l'absence de ces puissants engrais se fera cruellement sentir.

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