‹ L'Agriculture moderneChapitre 51 sur 84 · Voir à ce sujet : Sanson, loc. cit., t. IV, p · texte numérisé non relu

Voir à ce sujet : Sanson, loc. cit., t. IV, p

LES FONCTIONS ÉCONOMIQUES DU BÉTAIL

celles qui distinguent les Durham anglais. Bien mieux, ils ont amélioré par la même méthode les autres variétés de notre pays et les ont transformées sans avoir recours au croisement.

Le même exemple a été suivi en Europe et aux Etats- Unis. A cette heure, les étables des bons éleveurs de l'Amérique du Nord renferment des animaux qui sont aussi parfaits que les meilleurs types de France ou d'Angleterre.

Les progrès réalisés dans l'élevage des bovidés ont été accomplis pour les autres animaux de boucherie, porcs et moutons. La précocité, l'augmentation du poids individuel et des rendements en viande ne sont pas moins remarquables pour cette partie de notre troupeau, et à l'étranger on a suivi la même voie. Les Anglais nous avaient même donné l'exemple en créant pour les moutons et les porcs d'admirables variétés dont les qualités transmises par le croisement ont exercé une influence heureuse sur l'élevage dans le monde entier.

Pour le cheval, voire même pour le mulet, des progrès analogues ont été réalisés. La fonction économique spéciale de ces animaux consiste à produire de la force et à servir de moteurs animés. Les circonstances dans lesquelles cette fonction s'exerce varient évidemment avec les besoins de la culture, de l'industrie, ou même de l'armée. Il a donc fallu adapter les races ou variétés aux besoins à satisfaire.

En France, aussi bien (si ce n'est mieux encore) qu'en Belgique, en Angleterre, en Allemagne, etc., etc., nous avons précisément réalisé les transformations nécessaires. Nos races du Perche, de la Bretagne, du Boulonnais, etc., etc., constituent des types remarquables du cheval de gros trait ou de trait léger, et les meilleurs résultats ont été obtenus

par nus éleveurs, grâce à l'emploi des méthodes qui avaient permis d'améliorer notre bétail. L'Etat n'est même intervenu que pour produire certains types nécessaires à la remonte de notre cavalerie, et son influence ne s'est pas fait sentir en ce qui concerne le cheval <l<' Irait ordinaire appartenant aux meilleures variétés comme celle du Perche 1 .

Dans un pays comme le nôtre, l'élevage d'un auxiliaire aussi précieux que le mulet a même été l'objet de progrès notables, et les produits obtenus par les éleveurs du Poitou OU du Daupbiné sont estimés aussi bien qu'exportés dans le monde entier.

Eut in, La fonction économique des animaux de bassecour a été améliorée par les méthodes ordinaires de sélection non seulement en France mais chez

tous les peuples civilisés.

Ce sont là d»s observations générales qui doivent être complétées et en quelque sorte illustrées par des exemples. Nous ne pouvons mieux faire qu'en montrant comment la sélection zootechnique exerce son influence sur la machine animale.

A cet égard, les sociétés de contrôle laitier qui fonctionnent très heureusement au Danemark et que

l'on vient de constituer en Normandie, ont rendu des

services efficaces. En décrivant leur mode d'action, M. René Berge, président de la Société de contrôle du Normand Cauchois, a mérité notre gratitude.

D'après lui. le but du contrôle laitier est de préciser

1. L'opportunité de l'intervention de l'Huit par l'intermédiaire des Haras est fort discutable et discutée. Voir Sanson, Traité de zootec/mie, t. III, p. 251)

LES FONCTIONS ÉCONOMIQUES DU BÉTAIL

exactement les aptitudes laitières et beurrières des vaches, afin d'arriver, par l'élimination de celles qui ne donnent qu'un faible produit, à constituer un troupeau donnant le rendement le plus élevé possible.

« Le contrôle laitier, ajoute M. Berge 1 , est le seul moyen absolument sûr < i t efficace dont puissenl se servir les éleveurs pour augmenter rapidement les produits et la valeur «le leurs animaux pdtr la sélection. Ge merveilleux instrument de progrès a fait ses preuves depuis nombre d'années à l'étranger, et les Danois, en particulier, <jui ont entièrement supplanté les Français, il y a une quinzaine d'années, pour l'approvisionnement en beurre du marché anglais, s'en sont servis avec un succès éclatant. »

Les Sociétés de contrôle laitier sont, paraît-il, fort nombreuses en Suisse, en Allemagne, en Suède, en Norvège, et rendent partout des services importants.

Quel est le principe général appliqué et dont la fécondité semble bien établie?

Pour que la production du lait donne des profits aussi élevés que possible, il est nécessaire de nourrir des animaux bien choisis, utilisant par suite, dans les meilleures conditions financières, les aliments qui leur sont donnés. Certes, la composition de la ration est intéressante à connaître et à régler, mais une bonne alimentation ne donne de bons effets qu'à la condition d'être utilisée par des animaux bien sélectionnés. L'individualité est un élément du plus haut intérêt dans le succès des spéculations de laiterie.

La vache laitière, dit M. Berge, est une machine qui transforme en lait une partie des aliments qu'elle reçoit. Or, pour qu'une machine ait un bon rendement, il

Page 1