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LES SYSTÈMES DE CULTURE PRIMITIFS

dans les régions les plus désertes, quand on voulait vendre une terre, on le conduisait sur une éminence et on lui cédait pour quelques* francs toute l'étendue où il pouvait l'aire entendre sa voix 1 .

« Aujourd'hui cette immense surface, plantée presque partout de pins maritimes, exporte ses produits aux quatre coins du monde. Elle aura bientôt une valeur de plus de i. 000 francs par hectare, soit au total de près d'un milliard de francs. Elle paye aux habitants sous forme de rente, de salaires, de profits industriels et commerciaux, un tribut annuel de plus de 50 millions de francs î »

Certes, il est impossible de marquer avec plus de force la valeur et la portée économique d'une transformation agricole. C'est par de pareils traits que sont caractérisés les progrès de l'Agriculture moderne.

D'une façon plus générale, la mise en valeur du sol par le boisement est une application de véritables principes agronomiques, ceux de la spécialisation de la production et de l'utilisation des aptitudes culturales des terres. Nous venons de voir, en effet, que l'extension donnée au régime forestier est spéciale à certaines régions dans lesquelles la terre est particulièrement apte à porter des arbres tandis que la culture des céréales ou des plantes industrielles donnerait des produits insuffisants par rapport aux dépenses nécessaires pour les obtenir.

L'influence économique du milieu se fait sentir également, car le boisement serait une opération financière

1. M. Risler cile le même usage en vigueur, il y a quelque cinquante ans, dans la Champagne pouilleuse. On y vendait les terres à la holée. Le vendeur et l'acheteur allaient surplace; l'un restait à une extrémité des champs, l'autre s'éloignait en criant : holà! holà ! jusqu'à ce que le premier ne pût entendre. C'était la longueur de la holée!

déplorable, et par suite impossible, si le perfectionnement des moyens de transport ne permettait pas aux propriétaires de trouver aisément des débouchés fort loin des régions où la matière ligneuse a été produite dans de bonnes conditions techniques. Le problème agricole et le problème économique ne sont donc jamais séparés.

Une preuve nouvelle de ce fait va nous être fournie par l'étude d'un autre système de culture qui ne comporte pas non plus la transformation du sol, et sa culture au sens propre du mot. Nous voulons parler du système des pâturages.

La prairie naturelle — mot qui fait image — est toujours établie sur des sols qui possèdent précisément cette aptitude spéciale à produire spontanément des herbes de bonne qualité.

« Il faudrait, dit M. Risler*, renoncer à faire des céréales dans ces terres humides et tenaces.

« La jachère- y est sûrement indispensable pour que le froment puisse y être semé dans de bonnes conditions. Il faut donner à la jachère trois labours et employer pour cela des attelages de six, quelquefois de huit bœufs, conduits par deux hommes. Quelle dépense ! Evidemment le blé obtenu avec tant de peine ne peut pas soutenir la concurrence des Américains. Pourquoi employer tant de travail à empêcher l'herbe de pousser ? Il faudrait au contraire en semer davantage et couvrir de prés ces terres si disposées à en produire. On économiserait ainsi beaucoup de main-d'œuvre, et au lieu de faire du blé qui baisse

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