LES PAYSANS
Vive monsieur le duc!
LE DUC
Non, non... Criez: Vive madame la duchesse... C'est en son honneur qun je donne cette fêle.
TOUS
Vive madame la duchesse! (Les paysans s'éloignent.) LE DUC.
Très-bien. Maintenant, monsieur l'inlendant, approcha}/.
l'intendant.
Je suis aux ordres de monsieur le duc.
LE duc
Ceux que j'ai donnés sont-ils exécutés? Les éloiïes destinées à madame la duchesse soni-elles arrivées? l'intendant.
Oui, monsieur le duc.
le duc.
Le joaillier a-t-il apporté ses i>liis brillanleg parure>?
2C L'AIELLE.
l'intendant.
Il sera ici aujourd'hui.
LE DUC
C'c^l bien! occupez-vous des violons, de la sérénade. Allez, monsieur l'intendant, (il salue et sort,) Eh bien, commandeur, crois-lu que je réussirai? le*- tU^-
LE COMMANDEUR
A le ruiner tout à fait?... Tu me parais en assez bon chemin.
LE DUC
Il s'agit bien de ma fortune I Comment ! tu ne vois pas que je suis lancé à la poursuite d'un projet qui absorbe toutes mes facultés? Tu n'as pas deviné que moi, Honoré-Armand do Cossé-Massignac, chevalier de l'ordre, duc et jiair héréditaire, j'entreprends une conquête cent fois plus dillicile que n'eût été pour le maréchal de Saxe la conquête d'une province, ou d'un royaume., .Tu n'as pas compris enfin que je me suis mis en tète de reconquérir le cœur de ma femme?... LE COMMANDEUn, froiJcmenl.
Ah!
Tu dis?
LE DUC
LE COMMANDEUR, iiésltanl.
Mais, lu dois avoir des cliances de succès.,. Est-ce que la duch«isse ne l'aimait pas autrefois ?
LE DUC
Au contraire, elle m'adorait.
LE COMMANDEUR
Eh bien!,,.
LE DUC
Eh bien, c'est précisément ce qui rend la lâche plus dillicile.
LE COMMANDEUR
Je ne comprends pas.
LE DUC
Le cœur d'une femme est semblable au terrain cpie cultivent nos fermiers; la môme planlc n'y réussit pas deux fois de suite.
LE COMMANDEUR
Oui, oui, je sais cela, quand une terre a donné du froment, on le remplace d'ordinaire par do la luzerne... lu as été le frointni. loi.