‹ L'aïeuleChapitre 26 sur 158 · LES PAYSANS · texte numérisé non relu

LES PAYSANS

Vive monsieur le duc!

LE DUC

Non, non... Criez: Vive madame la duchesse... C'est en son honneur qun je donne cette fêle.

TOUS

Vive madame la duchesse! (Les paysans s'éloignent.) LE DUC.

Très-bien. Maintenant, monsieur l'inlendant, approcha}/.

l'intendant.

Je suis aux ordres de monsieur le duc.

LE duc

Ceux que j'ai donnés sont-ils exécutés? Les éloiïes destinées à madame la duchesse soni-elles arrivées? l'intendant.

Oui, monsieur le duc.

le duc.

Le joaillier a-t-il apporté ses i>liis brillanleg parure>?

2C L'AIELLE.

l'intendant.

Il sera ici aujourd'hui.

LE DUC

C'c^l bien! occupez-vous des violons, de la sérénade. Allez, monsieur l'intendant, (il salue et sort,) Eh bien, commandeur, crois-lu que je réussirai? le*- tU^-

LE COMMANDEUR

A le ruiner tout à fait?... Tu me parais en assez bon chemin.

LE DUC

Il s'agit bien de ma fortune I Comment ! tu ne vois pas que je suis lancé à la poursuite d'un projet qui absorbe toutes mes facultés? Tu n'as pas deviné que moi, Honoré-Armand do Cossé-Massignac, chevalier de l'ordre, duc et jiair héréditaire, j'entreprends une conquête cent fois plus dillicile que n'eût été pour le maréchal de Saxe la conquête d'une province, ou d'un royaume., .Tu n'as pas compris enfin que je me suis mis en tète de reconquérir le cœur de ma femme?... LE COMMANDEUn, froiJcmenl.

Ah!

Tu dis?

LE DUC

LE COMMANDEUR, iiésltanl.

Mais, lu dois avoir des cliances de succès.,. Est-ce que la duch«isse ne l'aimait pas autrefois ?

LE DUC

Au contraire, elle m'adorait.

LE COMMANDEUR

Eh bien!,,.

LE DUC

Eh bien, c'est précisément ce qui rend la lâche plus dillicile.

LE COMMANDEUR

Je ne comprends pas.

LE DUC

Le cœur d'une femme est semblable au terrain cpie cultivent nos fermiers; la môme planlc n'y réussit pas deux fois de suite.

LE COMMANDEUR

Oui, oui, je sais cela, quand une terre a donné du froment, on le remplace d'ordinaire par do la luzerne... lu as été le frointni. loi.

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