‹ L'aïeuleChapitre 29 sur 158 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LE COMMANPEUn, effrayé.

Une autre!... vous avez surpris ce secrcl!...

JEAN Mi.

Oui, il aime ma sœur Blanche.

LE CO.MMANDKUU, s'oubliaiit.

Elle aussi !...

JEANNE

Comment!... elle aussi!

LE COMMANDEUR

Non, pardon, je veux dire... (a part.) Mais il est donc amoureux de tout le monde, ce gaillard-là ?

Us se connaissent depuis longtemps! Eh l)ien, me folicitczvous encore? un fiancé que je n'aime pas, (pii adore ma sœur et qui en est aimé, ne voyez-vous pas qu'il y a là le malheur de trois personnes, et que, pour moi, il vaudrait mieux mourir que consentir à ce mariage ?

LE COMMANDEUn,

Mourir!... par exemple !... ne dites donc pas do ces choseslà... ma petite Jeannoton.

JEANNE, avec càlinerie.

Cela vous ferait donc de la peine, si je mourais !...

LE COMMANDEUR

Dites un profond chagrin... Vous, si bonne, si charmante si... Tenez rien que celle pensée-là... (a part.) Allons^ bon, est-ce que je vais m'émouvoir, à présent?

JEANNE

Ah! vous voyez que vous êtes bon, très-bon, monsieuiv .M. que vous méritez que l'on vous aime. i i Q

LE COMMANDEUR. 0 ^ Ji'^'^'M'^ * ^r'

Non, non, non, je désire n'être aimé de personne.

JEANNE

Etsi je voulais vous aimer, moi ?... Ah I

LE COMMANDEUR

Vous !

JEANNE

Est-ce que vous pourriez m'en empêcher?... (avcc Jouocnr.) Est-ce que vous auriez seulement le courage de le vouloir?... voyons... dites, dites...

Eh bien... je...

32 LAIEULE.

JEANNE, souriant.

Mais, osez donc le dire, monsieur.

LE COMMANDEUR

Eh bien !... ma foi... Non, là, je ne le pourrais pas! ..

JEANNE

Âhl

LE COMMANDEUR, hors de lui.

Mais qu'est-ce que je sens donc là, moi? Mais oui, voilà mon pouls qui s'agite, et mon cœur qui bat la générale... juste ce que disait le duc, il n'y a qu'un instant... ah!... mais; ah! mais... ahl mais... (il marciie à grands pas.) C'est de l'émotion, une véritable émotion !...

JEANNE

Comment, vous vous éloignez de moi...

LE COMMANDEUR, s'cloignanl encore.

Non, non, au conlraire... je...

JEANNE

Mais si, vous vous éloignez !

LE COMMANDEUR

Voyons, cousine, qu'est-ce que vous me voulez? qu'est-ce que vous aviez à me demander ?

Je veux que vous empêchiez mon mariage avec M. de Montmarcy.

LE COMMANDEUR

Allons donc !

JEAN.NE

Il n'\ a (juc vous qui puissiez tenir lèlc à mon |)ore, à la duchesse et à ma grand'mère !

LE COMMANDEUR

Moi, miséricorde !

JEANNE

Il n'y a (jue vous qui puissiez leur faire entendre rai.=!on. et leur prouver que M. Gaston doit être le mari de ma sœur et iKHi pas le mien.

LE COMMANDEUR

Mais songez donc, cousine, aux scènes de colère, d'empor- Icmonl... je n'ai aucune habitude de ces choses-lj, moi.

JEANNE

Vous les alliontcrcz, pour votre petite Jcannelon, qui lo veut, monsieur.

ACTK DKUXIKMI-:. => '

Li: oo.M.MAM)i;i;u.

Non.

JEAN m;.

Qui le désire !

Li; COMMANDlCtR.

Non...

JEANNK, s'appuyant sur lo bras du tuiuiuamlcur.

Qui vous en prie... !

LK COMMANDEta.

Non... oui lîi, oui... allons bon! j'ai cédé I JE AN. m:.

Voiii ina grand'mcro, je vous laisse avec clic, commencez, je me sauve... Au revoir, cousin... je compte sur vous... au revoir... (Elle sort.; m ^^■.t^^' — * /-^ /^{ /iv --■

(y LE COMMANDEUR.'

La douairière!... Jeanne!... Joannc!... belle commission qu'elle me donne là... clic étail f-i cliarmanle cpie je n'ai pas pu refuser... Ma foi, c'est décidé, je vais tenir tète à la mar- (juise ! -\

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