‹ L'aïeuleChapitre 46 sur 158 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LA DOLAIRILRE, GLRMALNli, I3LVSS0U.

Mîn.M.\i.M;. * Ouo nous appoiLcz-vous 1j, parrain?

UIASSOU.

Ça vient du plus liant d' la montagne ; les plantes que ju cliercliais ne se ttouvent point partout.

GKUMMSE.

El vous (Hes certain de leur eiïef, parrain?

BIASSOU

J' vas le dire, chacune .séparément n'a point de pouvoir; maistpiand elles sont réunies ensemble, c'est bien aulre chose. Faut les arraniicr par [)eliles loutres et les sus|)en(lre au pied du lit. Tant plus la personne e.>l malade, tant plus (|ue les plantes sèchent vite; elles allirenl à eihis tout le mal et elles en meiiient, tandis ipio le malade renail, relleuril, et revient d la santé.

(iivII.MAliNK.

Ah! si NOUS rendez à madami! la maiipnsc rii->ai;e de ses bra-^ (!t de ses jainl)es, Ijul le munde vuus devra une Itère iccompei oc, iMnani.

Al/IE IIIOISIEME. oô

lUASSOU.

Je n'en voulons do personne ; le bien de nol* inailrerse, c'càl loul ce que je souliiiito is. Pour les autres, pour le duc cl les ï^icns, je n'ons que de la haine dans le cœur.

LA DOUAI UIKUE.

Biassou!...

BIASSOU

El une forle haine encore. L' bon Dieu m'est témoin (juc je ne forions point do j)eine à un vermisseau, ma'me la marquise; mais à ceux qu'oui dépouillé nol' demoiselle, je leur z'y envoie une triple malédiclioii de dessus la tète! oui !... malédiction sur lui et sur l'élrangèrc, malédiclion implacable sur leur enfant... cl (pic la volonté du ciel soit faite.

LA DOLAinitKE.

Ne nous chargeons pas de faire leur procès aux méchants. Le ciel s'en occupera mieux que nous.

GER.MA1NE

Tout mal porte son fruit. Leur fille n'est déjà plus fraîche cl rose comme autrefois.

BIASSOU, riant.

Eh! eh! c'est vrai ! je Tons rencontrée dans la saulée, toute maladive et [)àlolle. Elle rrest plus vaillante comme devant. (Uas.) Ça marche, (;a marche.

GERMAINE, bas.

Est-ce que c'est déjà l'effel qui se produit, parrain ?

BIASSOU

r.a se peut bien, ma fille.

LA DOUAIRIÈRE

Oui sait... peut-être ces gens-là ne se croient-ils pas coupables?

BIASSOU

Excusez, ma'me la marquise, pour faire chanter leu chanson à nol' demoiselle, pour qu'elle ait consenti au renoncemenlde son bien, faut d'abord qu'ils y aient jeté un sort ; oui, ils y ont jelé un sort!

CEKMAINE.

Oui, un sort; mon parrain s'y connaît, lui.

Folie que tous vos sortilèges! On s'est adressé au cœur de Jeanne! Elle n'a pas su refuser le sacriiice, et elle le subil vaillamment, ainsi (|u'U convient à une iillo do sa race... D'aileurs, ce qui est lait est lait, n'en parlons plus.

oi L'AlEULIi.

DIASSOf.

Bien des partions!, ma'nie la marquise, mais jo ne .sommes ])as aussi endurants que vous, nous autres, et je rendons le mal pour le mal; je voulons que ma'me la marquise puisse tenir bientôt le fil de leurs intrigues, et, avant demain, j'apporterons à ma'me la marquise ce grimoire que grillonne toutes les nuits la duchesse.

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