SCÈNE III Les Mêmes, JEANNE, BLANCHE. X
Oui vient là?
JEANNE. l
C'est nous, grand'mère.
LA DOUAIRIÈRE
Jeanne?
JEANNE
Et ma sœur.
, LA DOUAIRIÈRE
Ta... ta sœur...
BLANCHE
Je vous apporte des fleurs, madame la marquise.
LA DOUAIRIÈRE
Des fleurs...
BIASSOU, bas.
Regarde voir comme elle est changée!
GERMAINE, Las.
C'est vrai.
LA DOUAIRIÈRE
Vous les avez cueillies un peu trop lût, mademoisollo.
BLANCHE
Pourquoi donc, madame la manpiise?
5S LAIl-ULlù.
Lv norAmiCRr:.
Encoro quelque^ jours, cl c'c?l sur une tombe qu'on lescùl déposées.
Ouc diles-vous ?
J ^Ia^ ^
BLANCHE
Sur... sur... une tombe! (Portira la maia U son cœur.) Ah! madame, vous ne savez pas le mal que vous me faites en parlant ainsi.
JEANNE
Ou'as-tu donc, ma ?œur?
LE COMMANDEUR
En cflet, cette pâleur !... On dirait que vous vous soutenez avec peine.
JEANNE
Blanche! (Elle la prend dans ses bras.)
BIASSOU, bas en montrant Blanclic.
Le doigt du destin l'a touchée, ça marche^ ça marche ! (ils sorlenl.) /„ .^^T*
» LE COMMANDEUR
Eh bien, cousine ?
BLANCHE
Ce n'est rien ; pardonnez-moi de vous avoir inquiétés, mais depuis quelques jours, il se passe en moi une chose... que je ne puisdélinir... Mon âme est triste, abattue, comme si elle pressentait un grand maliieur... Mon corps a parfois d'élrani^es Iressaillemenls (jui m'ajiilent, me bouleversent comme s'ils étaient les avant-coureurs d'une cruelle soulfrance ; parfois aussi, le sang de mes veines se glace tout à coup et cesse de circuler; mon cœur s'arrête, il ne bal plus; un voile couvre mes yeux, la pensée m'abandonne, et pendant une seconde, je suis véritablement morte.
TOUS
Morte !
LE COMMANDEUR
C'est en effet bien étrange!
BLANC}IE
Oh! ne parlez pas de cela devant ma mère, je le lui cacho avec soin comme je vous l'aurais caché à tous, si les paroles (le madame la marcpiise, si l'image de ces lU'urs déposées liietilùt sur une tombe, n'avaient réveillé en moi ce lugubre pressonliment (;t ne m'avaient frappée de cette douloureuse commolion.,, que je sens encore-là, au cœur.