ACTE THOiSIÈMI
LA DOUAIUIKKE.
Vous VOUS trompez, mon enfant, c'est do ma tombo et non de lu vôtre que je jiaiiais ; allez, ne craignez rien, vous êtes heureuse, vous êtes trop jeune pour la mort,
LE COMMAM)i:UU.
Cerlainement, grand'lanlc a raison. Vous avez dix-huit ans à peine! D'ailleurs, j'ai un principe, moi, je soutiens qu'il n'y a que ceux qui le veulent bien qui meurenté BLANCHE, sourian'.
Rien que ceux qui le veulent.
LE COMMANDEUn.
Mais oui, seulement il arrive parfois que l'on est si malade, si malade, qu'on n'a plus la force de vouloir, et alors, ma foi...
JEANNE
En voilà assez, je no veux pas que l'on parle de ces vilaines choses. Quant à toi, Blanche, pour que lu n'aies plus de ces mauvaises pensées, je ne te quitte pas d'un instant, jusqu'au retour de ton fiancé. Lui de retour, je suis sûre que tu n'auras plus besoin de moi pour t'ompèchcr d'être triste.
LA DOUAiniÈRE.
Ah! M. de Montmarcy est parti?
JEANNE
Oui; mon père lui a remis des lettres...
LA DOUAIRIÈRE
Je sais... je sais... il est allé supplier le roi de ratifier l'abandon que tu as fait de ton droit d'ainesso. JE.VNNE, avec reproclie.
Grand' mère !...
LA DOUAIRIÈRE
A-t-on changé d'avis? n'est-ce plus de cela qu'il s'agit ?
BLANCHE
Pardonnez-moi, madame la manjuise, c'est toujours le généreux abandon de Jeanne qui appelle M. de Moiilmarcy à Versailles, et c'est aussi, je crois, le motif qui fait désirer à m:i mère un instant d'entretien avec yous.|
LA DOUAIRIÈRE, relevaal la tOte avec colèrc-
Elle!... me voir!... non... non... je ne veux...,
JE.VNNE, joignant les raaius. JÊ^A/fi^ I
Grand'mère !... -^
LA DOUAIRIÈRE, la regardant.
Je la... verrai... plus tard.
JEANNE, avec tendresse.
Bientôt?.,, bientôt, n'est-ce pas?
'i:» LAIKLIJ:.
r.\ nOf.MRlKnF. la n-L-ar.! inl Innj.mr^:.
Dion... lût... soit.
JKANNn.
Tout (le Siiilo mémo. (La douairière secoue la Itle.) Toill dc siiilc! je raiinciai tant !
LV DOUAiniÈUF, à Joannp.
Tout dc suite! niadeinoisellc. .. Je suis aux ordres dc madame la duchesse, c'csl-à-dirc aux liens, mcchanle fille.
BLANCHE
Merci, madame la marquise, je vais la prévenir. (Elle va pour sortir vivement et s'arrête en jetant un petit cri cl en portant la main h son cœar.) ,
Blanche!
BLANCHE, essayant do sourire.
Ce n'est rien... j'ai voulu courir et... cette douleur... ah ! ( Respirant.) Mc voilà tout à fait remise. (Elle son.)
LE COMMANDEUR, h part.
Quels étranges symptômes...
JEANNE
Mais qu'est-ce qu'elle a?
LE COMMANDE LU
Oh ! rien ! ce ne sera rien I .
JEANNE, qui a accompagné Dianclic, revenant auprès dc la douairière. 4
Grand'mèie, je suis contente dc vous.
LA DOUAiniÈBE.
Embrasse-moi donc alors... Tu sais bien que je ne peux pas aller te prendre dans mes bras.
JEANNE
Vous avez élé sage et je vous aime bien, (eiic l'embrasse.)
LE COMMANDEUR
Ail! ma lante, riuelle adorable femme, quel trésor, quoi ange (jue ma cous...
JEANNE
Qu'est-ce que vous avez donc? Eh bien , et les émotions !...
LE COMMANDEUR
Tiens, c'est vrai, je m'oubliais, moi ! (Parlant avec le pins (;rand calme.) N'csl-cc pas ma tante, que ma cousini* est un ange?
LA DOUAIRIÈRE
l'n ang(' condamné au purgatoire, ^ la pauvretc-, c'est-àdire au célibal.
Ac/n-: tiu)isii:mk. tii