‹ L'aïeuleChapitre 55 sur 158 · ACTE TUOISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TUOISIÈME

LA DLCIIESSi:.

Madame la marqui^o, Jeanne s'est montrée [)Our ma lille, la plus généreuse, la nicilloiire des sœurs...

n t. ANCHE.

Oll I oui, la meilleure, la plus... (Ello prend la main ilo Joanno o l s'arri'te de parler comme quelqu'un qui souffre.)

JEANNE, bas. ,

Comme la main est froide.

BLANCHE, bas.

Tais- toi !

LA DUCHESSE

La grâce que je viens vous demander, c'est do me pcrmetlro à moi, de /ne figurer que Jeanne est ma fille aussi bien que Blanche; mon cœur je vous le jure, les entourera toutes deux d'une égale tendresse.

LA DOUAiniiiUE.

Libre à vous, madame; je n'ai pas le droit d'cmpèch?r qu'on aime ma petite-fille.

LE COMMANDEUR

Je le crois bien !

JEANNE, bas.

Voyez donc comme Blanclie pâlit encore.

RLANCIIE, bas.

Non... non... tais-toi, tj dis-je!

LA DUCHESSE

Puisque vous ne me défendez pas de l'aimer à l'égal de Blanche, permettez-moi aussi, madame, do la doter comme ma propre fille.

LA DOUAIRliîUE, avec une colore conlcnuc.

Vous !

LA OLCIIESSE.

Permettez-moi de lui donner la moitié de cette fortune.

LA DOUAIRIÈRE, avec force.

Jamais, jamais, madame !

JEANNE, suppliante.

Grand'mère !

LA DOUAIRIÈRE, se calmant tout à fait.

Pardonnez-moi ce moment d'cMuotion, madame, je m'étais promis de demeurer calme. Je le serai pour vous dire (piuu sacrifice pareil à celui de ma Jeanne ne se paye pas.

LA DUCHESSE

Oll! madame!

LA DOUAIRIÈRE

Ne se paye pas avec de l'argent. Je ne m'inciiiièlo pasdc son avenir, madame; il est encore en France des refuges où les jeunes filles nobles peuvent trouver un abri digne d'elles contre les peines et les déceptions de ce monde.

LA DUCHESSE

Jeanne n'a pas de vocation pour le couvent, madame.

LE COMMANDEUR

Pour le couvent? pas la moindre vocation!

Nous la contraindrons à faire un bon mariage, elle sera heu reuse avec nous.

LE COMMANDEUR

Parfaitement heureuse avec m... avec nous.

LA DUCHESSE

N'est-ce pas, Jeanne, que vous ne voudriez nous abandonner?... (Elle l'embrasse.)

JEANNE

Je serais bien ingrate, si j'osais seulement y penser... vous quitter... (allant à Blanche) abandonner ma... (La voyant chanceler.) Ahl mon Dieu !...

BLANCHE, bas.

Emmène-moi... je souffre... je soulfre cruellement. (Le romraandeur inquiet s'approche d'elle.)

LA DUCHESSE

Blanche !

BLANCHE, luttant pour cacher sa souffrance. Ma mère?

LA niCHESSE.

Aide- moi à convaincre madame la marquise... prie-la d'accepter pour ta sœur....

BLANCHE, d'une voix tremblanlo tandis que le commandeur et Jeanne la re^'ardent avec anxiété.

Oui... je vous prie... je vous... conjure... madame la marquise... je vous conjure avec dos larmes, des... Ali ! mon Dieu ! mon Dieu!

LA DUCHESSE, hors d'cllo-raùmo.

Qu'as-tu donc?

Ail! j(! soulfre... je soulfre... ma mère.

LA DUCHESSE

Bluticlic, mon enfant.

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