SCÈNE Yl.;^ Les Mt-MEs, LE DUC
LE DUC
Jeanne, l'état de ta sœur m'inquiète, je veux une consultation.
BIASSOU, reparaissant sur le devant du pavillm et res/ardant f h l'intérieur.
{yyjf Vlus personne !
JEANNE
Une consullalion ?...
BIASSOU
Entions voir, (il escalade la fenêtre du pavillon.) LE DLC.
Jt; \ais liiin; appeler h; docloiir DidiiM... Envoie-moi Frari- (.111-;. il |iai lira a the\al et purteta la ktliu cjuo je vais écnic là I l'in^lant.
ACÏl-: TKOlSIKMIv 03
J'y Viii?, mon jhmt. (kiio sori.)
BIASSOU
C'est là-fJerlans qu'elle les a cachés! (il force le liroir.) Faudra ben que ça s'ouvre!
LE DUO
Oui, je veux qu'il vienne!... /
BIASSOU, qui a ouvert le racublo.
V'ià les papiers!... c'est m' n'affaire, (il prendlcs papiers et les cache sous son habit.) .^
LE DUC
Quand bien môme sa présence ne devrait servir qu'à rassurer ma femme, (il pénètre vivement dans le pavillon, et aperçoit liiassou.)
j SCÈNE VII y LE DUC, BIASSOU.
LE DUC
Un homme!... Biassou! que fais-lu là, misérable?
BIASSOU, d'une voix pateline.
N' VOUS emportez point, mon bon seigneur. L-
LE DUC
Serait-ce pour voler que tu t'es introduit chez madame la duchesse ?
BIASSOU
Pour voler, bonté du ciel!... moi. (Feignant de pleurer.) Un
vieux serviteur de soixante-dix-sept ans qu'a gardé vos bestiaux avec honneur et probité, qui n'aurions jamais pris pour lui une goutte du lait do vos vaches, ni un brin de la toison de vos moulons, se voir accusé de soustraction et s'etilendro traiter de voleu par son doux seigneur!... Aii 1 c'est ben péniblCj mon bon Dieu! oui, c'est ben pénible à mon âge. (il pleure.)
LE DUC
Trôve de jérémiades; réponds, comment es-tu onlré-!à?
J' croyais que la porte étions close, j' sommes entré par h fenêtre... Faut ben entrer par quèque p.irt, mon doux mailrc LE nue.
Pourquoi y cntraii-lu?
lUASSOU.
Dame! mon bon seigneur...
LE DUC, le socouant.
.Mais réponds donc... (Biassou laisse tomber les lapicii.i Qu'orlce que cela?
BIASSOr.
Ça... c'est... c'isl ccque j'éiions venu cherrlicr, mon doux maître...
LE DUC
Des papiers!... pourquoi venais-tu les voler?
BIASSOU
Les emprunter, monseiirneur.
LE DUC
Réponds donc.
UIASSOU.
Dame! monsieur le duc, les malades avont quclqi:ofois des lubies, qu'il n'est point bon de contrarier ; cela pourrait leurs-y faire du mal.
LE DUC
Les malades!... Quel rapport v a-til entre ces papiers et ma nile? .
Faites excuse, monsieur le duc, y a encore au château, une autre personne qui ne va guère bien; c'est notre maîtresse, madame la marquise.
LE DUC
Madame la marquise t'a ordonné de lui apporter ces papiers?
DLVSSOU.
Quasiment !... mais point tout à fait, mon doux seiijnour. Un jour, j'entendis qu'elle disait comme (;a (|u'ello seriiit bon aise de jeter l'œil dessus... et alors je me suis dit à mon à part, qu'il fallait y procurer ce petit plaisir-là. Elle n'en a pas déjà tant, la pauvre chère dame du bon Dieu.
LE DUC
Va-t'en, et ne reparais jnmais à mes yeux, si non, tu apprendras à tcs(lé|)ens que le droit de haute et basse justice appartient encore au seijjncur de ce château.