‹ L'aïeuleChapitre 68 sur 158 · LE COMMANDEUR, JEANNE. .-- ; /V · texte numérisé non relu

LE COMMANDEUR, JEANNE. .-- ; /V

JEANNE, continuant.

• ; Et^la consullalion (lue vous avez eue avec le docteur Didier n a servi qu'à confirmer vos soupçons...

LE COMMANDEUR

^ A moi, elle ne m'a servi à rien. Avant celte consultation, j avais déjà la certitude.

I JEANNE, vivement. 2-^ c^wvn «-^ ''

La certitude!. .

Une tentative d'empoisonnement ne peut être aiTienée que par trois causes : le suicide, le crime ou le hasard.

JEANNE

Le suicide !... mais il serait fou de supposer que ma pauvre Blanche eût voulu se tuer, elle, si gaie, si heureuse de vivre...

LE COMMANDEUR

Reste le hasard ou le crime... le hasard, vous n'y crovez guère ; il faut donc que ce soit...

JEANNE

Lo crime!... Oh! ce serait horrible!... mais qui sui)posez vous capable?...

LE COMMANDEUR

Je ne sai>, jo n'accuse personne; mais ce que je puis vous afiirmer, c'est que depuis les mesures prises par madame la

duchesse, malgré sa persistance inébranlable à la vouloir soigner seule...

JEANNE

Achevez...

LE COMMANnEUR.

Non... J'ai tort de vous parler do ces terribles mystères... mais... vous avez une manière de nVinlerroger ([ui fait que je ne sais pas vous résister.

JEANNE

Achevez, mon cousin.

Non !

JEANNE

Je veux tout savoir, entendez-vous, je le veux.

LE COMMANDEUR

Eh bien, depuis les précautions sans nombre de... de madame la duchesse, les tentatives se sont modifiées, mais elles ne se sont jamais arrêtées.

JEANNE, épouvanlcc.

Jamais! que dites-vous là?...

LE COMMANDEUR

Je vous le jure!

JEANNE

Oa attente toujours à la vie de ma sœur !

LE COMMANDECR.

Ah! si vous saviez quelle lutte incessante d'investigations et de ruses je soutiens, depuis prè^d'un mois contre l'assassin !... si vous saviez comme il verse à petites doses ce poison dont il espère qu'on ne trouvera pas les traces ; comme j'en observe, moi, l'apparition ou le progrès ; comme je le combats, comme je le terrasse, comme je l'anéantis un jour, pour le voir reparaître, le lendemain, plus terrible et plus menaçant que jamais 1 si vous saviez avec (|uellcs angoisses j'interroge le visage pâle et amaigri de ma chère petite malade; mais avec quel désespoir aussi, je vois ensuite sa pauvre liMe penchée vers la terre et ses mains tremblantes qui gardent à peine assez de force pour essuyer une larme... ces jours- là, je m'accuse, je me crois coupable de sa soullfance piiis(pie je ne sais pas l'en préserver, et si elle devait s'éteindre dans nos bras... Ali ! jo crois... eli bien!... je crois que j'en deviendrais l'ou de désespoir et de remords... (ii pleure.)

Non... non... elle ne mourra pas. (Lui prunant une main i|u'i'

tient devaui sci jeux.) Et vous, mon ami, cessez de vous accuser

ACTli OU AT lui: ME. 79

vous-même; n'ùles-vous pas lo meilleur des hommes?...

LE COMMANDEUR

Moi!... allons donc.

JEANNE

Oui, le meilleur... puisque malgré voire répulsion pour louL ce qui peut émouvoir, vous nous aimez tant que vous voilà, comme moi, tout en larmes.

LE COMMANDEUR

Ah I bah ! mes larmes à moi, ça ne signifie rien.

JEANNE

Comment?...

LE COMMANDEUR

Je les ai économisées pendant tant d'années qu'il est tout simple qu'elles coulent facilement aujourd'hui.

JEANNE

Oui, mon ami, vous êtes bon 1 vous êtes véritablement bon !

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