SCÈNE II Les MÊMES, GASTON, BLANCHE. y<^ ^ ^^^ ^'i
GASTON, donnant le bras à Blanche.
Docteur, vous avez ordonné le grand air à votre malade, et nous allons, madame la duchesse el moi, la conduire en carrosse jusque dans la forêt.
Est-il déjà temps de partir?... j'avais encore bien des choses à vous dire. ^
JEANNE. J ^. '!(.'
Yoi'.à plus d'une heure que vous causez ensemble.
GASTON
C'est vrai, je contais à mademoiselle Blanche les détails de mon \uyage à Paris.
BLAN.IIE. I /jA
Une heure?... Ali! je ne m'en étais pas aperçue... " ^^ ffi^ j c^^ i
GASTON. fO*'**^'/tt «
Merci... quoique jo ne m'y Ironipc pas... C'est surtout au récit di^ ce voyage que je suis redevable fie vos gracieuses paroles. Mon arrivée à Paris, Tacouoil bienvieillanl du roi, le bon heur de mon père qui vous aiuK! déjà couiuie si vous étiez sa lille, IniiL cela a passif (Ifv.iiit umi couiiiio uu rêve;, que j'étais pressé de voir finir, parce qu'il me retenait loin d'ici... loin do ce cliàlcau oii vous soutiriez!...
.^2;:"/if.y- kJt<
BLANCHE
Uli! Iranquillisez-vous; maintenant, je vais loul à lait bu'ii
JKANNE.
Tout à fait, n'est-ce pas?
nr.AKOiiE.
Oui, chère petite sœur !
Ah! s'il suffisait d'êlreainiée pour recouvrer la santé!...
BLANCHE
Il y a longtemps que tu m'aurais guérie à toi seule?...
JEANNE
Je le crois.
GASTON
Sa maladie a donc éto bien grave, commandeur.
LE COMMANDEUR
Oui, non... c'est-à-dire...
JEANNE, vivement.
Elle a beaucoup souiïert.
BLANCHE
Eh bien!... ce n'est pas de ces moments de crise qui dépassaient la mesure do mosfdrcosqiic je me souviens avec les plus terribles angoisses. Il j a eu nuire chose qui m'a fait soull'rir bien davantage et que jusqu'ici je n'ai avoué à personne...
GASTON
Quoi donc?...
BLANCHE
J'ai eu des nuits qui me font encore frémir quand je me les rappelle...
LE COMMANDKt'H, altcnlif.
Ah ! dites-nous donc cela ?...
Oui, parle, ma sœiu- !
ItLANCHK.
Parfois, (juand tout reposait autour de moi, je croyais entrevoir une forme humaine se dresser h mon chovet, se pencher au-dessus de ma tète; je sentais sur mon visago un souille qui me gla<;iiit de terreur ; je voyais étinceler, dans l'unibre, deux yeux qui me regardaient d'un air menacaiil; puis, le spectre s'éloignai! Iciilement, f-cspaîolUcuraicnl ;i j)oiiie le sol, et avaui de dis|);uailrc, je le voyais allaihant une (IcrnitMo fois sur moi ce regard do colère et de haine (jui me remplissait d'c-pouxatite. Un froid mortel me saisissait alors; j'aurais voulu ci in', la \(ii\
C^>vv
dJ^ . 9-i