RESUME
Une aile battante est toujours autopropulsive pourvu qu'il existe une dissymétrie entre le bord d’attaque et le bord de fuite, par exemple : |
A) Avec un battement orthogonal le bord de fuite est pointu
et le bord d’attaque épais.
B) Avec un battement orthogonal le bord de fuite est fiexible
et le bord d’attaque rigide (oiseaux).
C) L’amplitude du battement du bord de fuite est plus grand
que celle du bord d’attaque (éventail).
Plusieurs de ces moyens peuvent coexister.
J'ai étudié A, plus facile à réaliser que B et qui à probable. ment. un meilleur rendement que C, tout au moins si dans ce cas les battements dépassaiént plusieurs degrés, plaçant à chaque fin de course l’aile en travers du vent.
Le procédé À semble également adapté aux battements rapides et de faibles amplitudes.
J’ai donné dans ce cas les principales lois concernant la poussée au point fixe et en translation et je crois avoir mesuré, pour la première fois, des Ox négatifs.
J’ai trouvé des hypersustentations fort importantes.
J’ai fait tourner une hélice et voler un petit planeur par la seule action d’un balourd produisant une vibration.
L'aile battante autopropulisive et hypersustentatrice. — Note de
M. René Moineau (séance du 29 mars 1939) présentée par
M. Henri Villat.
J'ai entrepris l’étude de l'aile battante expérimentalement pour avoir quelques chiffres sur le fonctionnement d’une telle aile, notamment à des fréquences élevées (de 1 à 25 à la seconde), et pour des amplitudes de battements faibles ne dépassant pas 10 fois l'épaisseur de l'aile, le battement étant à peu près orthogonal, à plat et suivant une loi sinusoïdale.
Dans ces conditions, pourvu que l’aile soit dissymétrique dans le sens du profil, par exemple, épaisse à l’avant et pointue à l’arrière, on constate que l’aile est autopropulsive et hypersustentatrice.
Je reproduis (voir figure 4, page 18) un mécanisme ayant servi à faire de nombreuses expériences en faisant battre des ailes dans l’eau.
La figure (voir figure 12, page 31) donne les poussées au point fixe obtenues à incidence nulle en fonction de la fréquence des battements pour diverses amplitudes du battement, et pour une aile biconvexe symétrique de O ”*, 04
Appelant N la fréquence du battement, À l’amplitude du battement, L la dimension de l’aile, Px la poussée au point fixe, W la puissance employée, j'ai trouvéPx = a N° A? L* et W = 8 N° A°L: formules analoques à celles des hélices, d’où l’on tire également
Px = KiweWEL La figure (voir figure 25, page 44) donne les sustentations obtenues avec une aile biconvexe symétrique de 0 , 01, en employant le même mécanisme dans un courant d’eau de 90 m/sec. avec une incidence de 15°.
J'ai fait aussi quelques essais d’aile battante tournante sous la forme d’une hélice battante ayant l’avantage de ne pas donner de couple de réaction sur son axe.
Il convient de noter que ces expériences montrent que aile battante de l'oiseau est autopropulsive et hypersustentatrice. (Extrait des Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences,
t. 208, p. 964, séance du 27 mars 1939.)