‹ L'aime: romanChapitre 6 sur 14 · C...OS · texte numérisé non relu

C...OS

^ Les trois vieilles rencontrées dans la lande, en allant au Fréhel. On eût dit les sorcières de Macbeth, dans leur à-croppetons, avec leurs mains tendues. Il a donné à la première un louis; à la seconde, un franc; à la troisième, n'ayant plus rien en poche, le brin de romarin qu'il mordillait. La première a pleuré. La seconde a ri. La troisième s'est mise à danser en glapissant :

— Au gas ! Au gas ! Au gas !

Et les deux autres, de loin, faisaient à celle-ci les cornes. Elle retroussa brusquement sa cote, par devant. Puis, toutes trois se signèrent. {Dégager la moralité,)

Analogies, xv. — Appellation impropre du verbe neutre; car il est l'actif par excellence, sans la nécessité d'un régime, mais en soi. Et quel mystérieux pseudo-passif on en tire, latine! Lui, tout de même. {Symbolique de la grammaire.)

Proposition xxi. — Il est l'unique Égrégore, Démonstration. — Les autres Égrégores (génies, mages, prophètes, etc..) en se désagrégeant,

se rengrègent. Il y a eu, dans leur e grege^ rencontre fortuite d'atomes qui rentrent ensuite au courant total. Lui constitue à lui seul un courant dont rien jamais ne se mêle. Il s'amalgame, se juxtapose, reparaît entier et identique. L'égrégorat des autres est accidentel. Le sien demeure essentiel. C. Q. F. D.

ScHOLiE I. — On doit remarquer ici que Thypothèse du hasard, comme élément de son égrégorat, est ruinée d'avance par le fait constant de sa masculinité formelle, n'y ayant pas de don-Juane.

ScHOLiE IL — Il est bon de signaler toutefois, dès maintenant, qu'il est, ainsi qu'on l'établira d'autre part, quoique irréductiblement mâle, très indubitablement ambisexe. (Voir observ. de biochimie.)

Aphor. VII. — Il n'y a qu'un sens, qui est celui du toucher.

* Ayant connu à Gabriel les maîtresses les plus diverses, de tout rang, de tout âge, de toutes formes, même des auxquelles je cherchais en vain un attrait quelconque, j'ai longtemps pensé qu'en ces dernières gisait particulièrement ce qui devait, lui, l'attirer. Impuissant à voir cela par moi-même, j'ai tâché de le voir par ses yeux, en sollicitant là-

iU L'AIMÉ

dessus ses confidences. II m'a toujours répondu qu'il ne comprenait pas ce que je voiilais dire, et que les unes n'avaient pour lui ni plus ni moins d'attrait que les autres. J'ai entr'aperçu ainsi en quel bourbier d'erreurs je pataugeais et l'on a pataugé sans cesse, d'étudier comme attiré l'attirant. Le centre initial de mes découvertes a été très probablement ce renversement antipodique des points de vue. Ce n'est rien, et c'est tout, et il fallait y penser.

Proposition xxxii. — .11 est maoié.

Démonstr. — Car, être marié, c'est se fondre en la fraction, vulgairement appelée moitié, qui tout juste vous complète. Cette fraction est d'ailleurs variable, cela va de soi (et non exactement une demie), selon le chiffre qu'on est soi-même. Mais, au regard du huit renversé, formule de l'infini iliathémalique, tous les chiffres se valent, valant zéro. Ainsi chaque femme, quand il la fait sienne, le complète, devient précisément la raction nécessaire, la prétendue moitié, puisque en lui ellç s'annihile. Oue le mariage dure des a.nnées, ou un mois, ou une nuit, ou une minute, il est donc toujours intégral. Cessant, il s'abolit. Mais lui, à n'importe quel moment, est marié. G. Q. F. D. ,

ScHOLiE. — Comme sa force n'est jamais inactive, et qu'on ne la conçoit pas occupée à un amour unique, il faut reconnaître qu'il est dans les deux

états à la fois successifs et simultanés, de fiancailles et de lune de miel.

^ Tr.,.das, amore mutuo quasi connubio conjunctas, ssepe Gabriel ex eodem Jecto contentas diinisit, quippe quae bmnino eum ambae dilexissent, una ut virum, ùt mulieréra altéra. {Biochimie, 27.)

Aphor. XII. — La séduction est une ellipse, au sens géométrique du mot, avec les deux yeux pour foyers.

ÂPHOR. III. — Il n'est pas de druges ni de pioucres.

Biochimie, xi. — Nécessité, pour l'expérimentation des synergies, d'établir un spasmomètre enregistreur, afin de déterminer, au positif et au négatif, le degré exact d'excitation dynamo-thermo-électrique où se produit chez l'un et chez l'autre la combinaison binaire.

* La Vidalencq me racontait hier l'étrange aventure suivante, arrivée à Gabriel quand il avait huit ans. Je n'y ajouterais pas toi, si l'histoire me

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venait d'une autre, même sincère, mais entachée d'exaltation, si peu que ce fût. Or la Vidalencq a l'esprit de sa race, positif et faiteux. Voici le fait. L'abbé de Cruvel avait alors pour cliente, qu'il soignait par le magnétisme, une vieille demoiselle noble, quinquagénaire, atteinte d'hystérie dévote. Elle lui dit un jour, en état de sommeil, voir un ange qui, par l'imposition des mains, lui rendait les rouges fleurs de sa jeunesse. Il comprit qu'il s'agissait de Gabriel et, le lendemain, la rendormant, il fit poser à l'enfant ses deux paumes aux tempes de la malade. Réveillée, la vieille demoiselle, qui n'était plus femme depuis six ans déjà, le redevint. C'étaient les rouges fleurs promises. Elle en conçut pour l'enfant guérisseur une extraordinaire passion, qui n'allait à rien moins qu'à vouloir l'adopter. La fçimille y coupa court en la faisant interdire, puis enfermer comme folle. A la suite d'une seconde imposition des mains, opérée cette fois par Gabriel sur l'épigaslfe, la magnétisée se prétendait enceinte. Cruvel avait toujours affirmé qu'elle l'était, et qu'on l'aurait reconnu à l'autopsie, s'il lui eût été permis d'y faire procéder. Gabriel, après cette expérience, ayant soudainement dépéri, le père et la mère avaient renoncé à renouveler ces périlleux essais de sa précoce puissance. La Vidalencq, introduite par ruse auprès de la vieille demoiselle à son lit de mort, assurait avoir constaté la véracité de ce qu'affirmait de Cruvel. Son regard noteur et sûr ne pouvait se tromper aux

évidents stigmates de grossesse, déformation de la taille, masque, etc. Telle est l'histoire, brutalement. Conclusions à en tirer : ou thaumaturgie, ou supercherie; mais alors, avec Gabriel pour instrument, miracle plus étonnant encore.

Analogies, ii, 29. — En grec, tous les sujets réunis, au neutre, avec leur innombrable pluriel, n'empêchent pas que le verbe reste à la troisième personne du singulier. Ainsi... {Symbolique de la grammaire,)

Cosmétique, viii. — Il ne se lave jamais qu'à l'eau claire, ainsi que la Morganges. Pourtant, après une longue sortie au grand air, ou par les froids trop rigoureux, elle conseille et ils emploient le cold-cream suivant, qu'elle appelle pommade des Sultanes :

Blanc de baleine 50 grammes.

Cire fraîche 20 —

Huile d'amandes douces. 100 —

Eau de roses 15 —

Teinture d'ambre. ... 2 — Baume de la Mecque. . . 2 —

Extrait de salep 10 gouttes.

— de genièvre ... 10 — Deux œufs battus en mousse.

Aphor. XIV. — Le premier coup d'œil à la suivante est réclair eu retour du' dernier coup d'œil à la précédente.

Proposition xlii. — Il réalise en puissance et en acte Tidenlité des contraires.

Démonstr. — Après les six propositions précédentes, cela va de soi. Car, s'il n'était que le oui, ouïe non, il se combinerait, dans le premier cas avec le non seul, et dans le second avec le oui seul; et ainsi de suite, ce qui impliquerait absurdité manifeste, un chaînon quelconque manquant au sorite. C. Q. F. D.

ScHOLiE I. — Il s'ensuit que toutes les définitions sont vaines, parce que défaillantes en un point.

ScHOLiE II. — Il ne s'ensuit pas qu'il demeure indéfinissable, mais bien qu'il faut déterminer la ligne, lieu géométrique de tous les^^ points.

Analogies, m, 15. — Il existe un ouvrage arabe qui, lu dans un sens, est un poème d'amour, rimé, et qui, lu à rebours, est un traité de mathématiques, en prose. Lui, de quelque oôté qu'on le lise, il est le poème et le traité, et précisément celui qu'il faut pour être compris tout de suite de qui le lit.

* Je m'attendais bien à la diversité des appréciations qu'inspira Gabriel à ses maîtresses. C'était pour moi l'enfance de l'art, que d'avoir remarqué tout d'abord, son aptitude naturelle à paraître et à être ce que chacune d'elles voulait qu'il fût. De taille moyenne, de musculature vigoureuse mais non saillante, les cheveux châtains et mordorés, il semble fort aux mièvres, délicat aux puissantes, brun aux blondes, blond aux brunes, etc.. A priori et sans le connaître, j'eusse établi son idiosyncrasie de la sorte. Mais comment imaginer, sans en avoir éprouvé la magie, le mysière de ses yeux? Certaines les lui trouvaient noirs ; certaines bleus; etdii noir le plus foncé, et dii bleu le plus tendre. Là encore, sans doute, pour elles, illusion d'optique que je puis expliquer, que n'importe qui peut expliquer (théorie des couleurs complémentaires, dilatation ou rétrécissement de la pupille, etc.). Mais moi, pourquoi, sans avoir les mêmes raisons qu'elles avaient, pourquoi les ai-je vus aussi, ses yeux, tantôt d'Érèbe, tantôt de ciel? DisQns mieux, pourquoi les ai-je toujours vus juste de la teinte que j'y cherchais à ce moment-là? N'est-ce pas, en vérité, parce que s'y reflétait alors mon rêve? 11 faudrait donc, pour traduire leur nuance, renoncer à, tous les noms employés dans l'analyse spectrale, et s'en tenir à ce terme synthétique : la lumière. Oui, je le pense. Ou bien, et c'est peut-être le plus sage, reprendre cette charmante et folle expression des contes de fées : cou-

leur de temps. De quel temps? On ne sait trop. Mais, apparemment, du temps qu'il fait à la minute précise où on le dit. Et cela, si vague, n'est-ce pas très net pour qui l'entend dire et surtout pour qui regarde? Où? Là-haut, là-bas, ou en soi; car il ne fait pas toujours le même temps à l'objectif qu'au subjectif. Dans ses yeux, à lui, l'un ou l'autre temps, c'est toujours le temps qu'on aime, voilà!

Aphor. lu. — Mammis suctis, captus c.,,^s.

Analogies, ii, 7. — Exercices quotidiens nécessaires aux gymnastes, chanteurs, virtuoses, écrivains, etc., à tous les professionnels; n'usant pas les facultés, mais, au contraire, les fortifiant et amplifiant; et, si arrêt, alors déperdition, alors rouille, alors mort. A généraliser, d'ailleurs, pour la vie elle-même la plus banale. Jeunesse, dépense, excès de tout; mouvement de pendule qui se ralentit pour s'éteindre, décrépitude; excès persistants, élan renouvelés. De même...

Proposition ix. — Sa règle est l'unité.

Démonstr. — L'infini est inexcogitable par succession de finis, et seulement sensible par intuition absolue, ce qui revient à dire : par absorption. Or

L'AIMÉ 16i

la conscience, là, s'évanouit. Il en découle que s'abolit tout calcul. Mais, si un venait alors s'ajouter à un, pour faire deux, la contingence du second un, comparé ainsi au premier, apparaîtrait, rendant le premier aussi contingent. Et il n'y aurait plus intuition absolue de l'infini; il' y aurait succession de finis ; en d'autres termes, inexcogitabilité; donc, néant. Puisqu'il est (prop. m), cela exige de tc^ute nécessité qu'il soit un et se manifeste tel. C. Q.f.D.

ScHOLiE. — On n'en doit pas inférer que semblable unité soit la règle des êtres à qui tel il se manifeste. Tant s'en faut, qu'au contraire ils ont, eux, par souvenir, la sensation d'un infini incalculable en effet, mais se prêtant conséquemment à tous les calculs possibles. Et ils en concluent à une série de un et un et un et un, sans fin, selon la mesure même de leur désir ou de leur imagination.

Commentaire. — Des hauteurs de la démonstration, par l'intermédiaire moins élevé de la scholie, il est loisible de descendre au plat terrain de cette observation : que le pseudo don Juan joue volontiers au mul iplicateur, et tente misérablement des tours de force qu'on peut compter. La victime de ces vaines expériences en rencontre cependant toujours la fin, et fatalement en rêve la suite. L'élue du vrai don Juan ne saurait supposer cette fin ni rêver cette suite, ni même avoir l'idée (voir la scholie) de compter. Sganarelle seul

compte; mais ce qu'il compte, c'est le nombre des élues, et comme on compte celui des étoiles.

Biochimie, xxiïi. — Déjà, par la seule moiteur des mains, l'acide et ralcali se révèlent l'un à l'autre, et aussitôt déjà le courant s'établit en frissons prémonitoires.

Analogies, ii, 9. — Commej plus on connaît de langues, plus on a de facilité à en apprendre d'autres, pareillement, plus grand est le nombre des femmes qui l'aiment, plus il est en passe dé voir ce nombre s'accroître encore. Le cas se i)résente vèrifiable, même pour le pseudo doii Juan; mais à celui-ci les langues du début sont parfois rebelles. Elles le sont, dès la troisième ou la seconde, pour le commun des hommes, voire, pour beaucoup, dès la première. Lui, toutes les lan^jues, avant d'y avoir pensé seulement, il les sait de naissance.

^ Artem ejus praecipuam in hoc consîsterè diciiiît ignari, ut femina ter quaterque et ultra etiàm gavisà sitj priusquam ipse cum eâ tandem et simul toto consensu gaudeat. Ouantum errent, àfricanum àrti-

licinm in illo cop nis génère tantummodo

yidentes, scholia amplissime testâtût* pi'oposilionis nonae.

Aphor. xxfi. — Une femme peut, à, n'importe quel moment, et sans métaphop, le mander de caresses ; c'est un plat toujours paré. (Vair Cosmétique.)

Aphor. XXVII. — Ses pieds sont des mains (soins; poudre à ongles; tact; titillations; pedist..rum).

Proposition (?). — Ses visites se meuvent en spirale. . . ., . { . ^ .

Démonstr. — Si ja réduction est une ellipse, comme l'affirme l'aphorisme x^i, et comrne le prouve indirectemeift la prppositiQn xlviii,, U qst incontestable que de ses deux foyers les rayons convergent en un point excentrique qui n'est jamais le même. Il fai^it donc qye .ce* point, en sq déplaçant, trace une ligpe tangentielie à la projection du... {Se repçrter au développement de la proposition.., ?... ?é.. à faire.)

^ Une gosseline de'dix à douze ans, vçn^deuse de violettes, à qui Gabriel achetait hier un bouquet, de deux sous, comme il lui donnait un franc, elle lejui a rendu eh disant, toute pâle elles dents serrées: , .. .. j

— J'aimerais mieux si vous m'embrassiez.

Il l'a embrassée en. effet, sur les lèvres, et a repris

la pièce, gardant le bouquet. La petite pauvresse humiliable, il l'avait traitée en grande amoureuse triomphante. J'ai trouvé ça très beau. (A développer sa rapide, subtile et profonde intuition psychologique; ce qu'un autre aurait fait à sa place, même en y réfléchissant; tandis que lui, de prime saut, d'instinct...)

Aphor. xliv. — Tout lui est muqueuse.

Cosmétique, vi. — La poudre dentifrice dont il se sert est composée par la Morganges. 11 y entre du talc de Venise, du charbon végétal, du pyrèthre, de la cochléaria, du corail et de Tos de seiche porphyrisés, de l'essence de roses persanes, du miel à la teinture de néroli, du poivre rouge, du pain grillé réduit en impalpable farine noire, un alcoolat au datura stramonium, du sable ayant macéré dans une décoction d'asteracantha longiflora hindoue. Maisde tout cela, j'ignore les proportions à observer dans le mélange. Elle prétend que c'est sans importance et, je suis sûr qu'il en va précisément tout au contraire.

Aphor. m. — Gonscientia ejus in m.... là. (Et, d'un autre point de vue, en moi.)

(Londres. Grosvewor, 59, 1870.) — La Cinghalaise, fumeuse d'opium, lui propose une livre par séance d'un quart d'heure, pour se montrer seulement au cénacle, elle et lui enlacés et vêtus de tarlatane multicolore. Elle lui promet qu'il sera Bouddha. Il essaye une fois. Mais le spectacle l'écœure. Toutes, sauf elle, sont d'un matérialisme répugnant. Leurs rêves ne vont qu'à un linga monstrueux. Ce sont, au reste, des disgraciées, qui s'enduisent le corps d'un onguent fétide, à la calaphracta flacourtia et au suint rance. Ses habitudes de minutieuse propreté en souffrent. 11 offre à la Cinghalaise, gratis, une baignade commune, elle de sang-froid, à jeun d'opium. 11 l'a revue ainsi, trois fois en tout, de samedi à samedi, pour s'amuser à la guérir. Depuis deux mois elle ne fume plus, et c'est elle Bouddha au premier cycle, affirme-t-elle. Dommage que nous ne puissions suivre l'évolution ; mais la maison est fermée par la police, la Cinghalaise emprisonnée, et nous partons avec lady Augusta.

Cosmétique (?). — N'y aurait-il pas à inventer un collyre cilophile en recueillant et en 'distillant de la salive de baisers amoureux? Il m'a confié qu'une de ses plus voluptueuses sensations était quand des baiser tels, à certains moments, lui humectaient longuement les paupières; et il a les cils doubles.

Analogies, iy, 9. — Bateau pris dans un. cyçlope , aiguille de la boussole perd le nprd; naissance, d'un pôle fictif ^l fou, mais constant quand nvême, N'y a-t-il pas înlerférence d'un . çouranit astral? Quel? Et comment a-t-il fusé jusqu'ici? Cause inconnue; efifet contrôlable ! Avec lui, idem. Et cela explique le suhit dérèglement des mctufie^ les mieux réglées. Un livre de bord serait tenu alors, qu'il marquerait un point relatijjement vrai, et pourtant faux, impossible h rectifier tant que n'a pas été retrouvé le pôle perdu.

^ Necnon et oculis, occasione c.tûs a)}latâ, usque ad gaudium feminse et, qutim vult^ utpote qui in oculis digitos habet et linguam et ipsam, f...tis confitentibus, p..em.

Cosmétique, xxiii. — Chercher un vocabulaire spécial p.our noter la gamme des odeiirs à quoi il flaire, lui,, sans jamais s'y tromper, les jours annonçant le septénaire favorable. Car ces odeurs sont infiniment nuancées selon les femmes. Il y a là c^es quarts de dièze et de bémol, qu'il sent, je le sais, et que moi, qui ne les sens pçis, je dois cependant réduire au verbe.

(Londres. Chatam, 1871.) — Lady Augusta s'est crue de force'à renchaîncr: Pauvre lady! C'est bien une merveille de ces merveilleuses beautés de merry England, crème à la rose, avec des cheveux en mousse d'or et des yeux de mer. Aussi une âme de rêve, de brume, toute poésie, féerie, shelleyenne. Parler gazouillant d'oiseau dans un jardin enchanté! Cœur de sorbet! dit-il. Et de cette' neige parfumée, prismatique, Un rayon de soleil trop chaud a eu vite raison. La voilà fondue. Pas même en eau; mais en boue. Elle Ta vu si brun, si sombre, si fait de nuit condensée, son ténébreux soleil noir! Vraiment, le Satan de Milton, en diamant carbonisé. A ce diamant, foutes les vitres dé son idéal château se sont rayées, brisées. Elle-s'y est coupé les doigts. Ils saignent. Etla soif du noir, dans ce rouge cruel, lui ' est tant venue, qu'il a fallu l'abreuver au puits de liquide houille rouvert par notre Cinghalaise déprisônhée grâce au lord. Elle est du cénacle, à présent, du hideux cénacle où Gab. a refait le Botiddha en tarlatane multicolore. Une fois, pas plus, il s'est prostitué à leurs yeux hagards, juste le nécessaire pour matérialiiser à leurs songeries le monstrueux linga dont elles sont folles. Et le cénacle entier, enduit du fétide onguent, avec la Cinghalaise reiniôxicatedy et lady Augusta tombée dans rabjectioii pareille, et son mari lui-même voulant s'y hermajphrodiser, tous fument de l'opium, en des pipes dont le disparu Gab. demeurera l'éternelle fumée.

Malheureusement, nos certitudes de fortuné pro-

chaîne, le lord déchu de son majorât, en fumée aussi ! Reste, seul profit, et pour moi seul, le graphique soigneusement établi de son prodigieux Gircéisme. C'est le principal.

Aphor. (?) . — Le moment favorable à la mainmise est dans le premier septénaire après les époques. (Voir Cosmétique^ xxiii et suiv.)

Proposition xxxvii. — C'est un sel.

Démonstr. — On peut le déduire syllogistiquement de la définition xiv, ou de la proposition XLii, bien que celle-ci soit subséquente. En ce dernier cas, il y aurait peut-être à intervertir Tordre des deux propositions, grâce au facteur commun contenu dans la proposition xxix. La déduction, au reste, se tire très complète et irréfutable de la définition xiv. Car, selon la définition, il se positive ou se négative indifféremment, étant Yens non ens. De ces prémisses coule la conclusion. C. Q. F. D.

ScHOLiE. — On entend bien qu'il est un sel toujours en puissance, tandis qu'en acte il se manifeste tantôt alcali et tantôt acide. Mais ceci, et toute la proposition, d'ailleurs, trouveront mieux leur place dans la partie inductive et expérimentale rubriquée Biochimie, Toutefois il n'a pas paru inutile démontrer que, même à la lumière de la raison pure, et

par elle seule, au besoin, ces notions se pouvaient avérer.

Cosmétique, ix. — Il doit à sa mère l'habitude, donnée dès l'enfance, de cet exercice quotidien. Au saut du lit, il jette par la chambre une poignée de pièces de monnaie; puis il les ramasse, autant que possible deux à deux, en s'inclinant en avant, sans ployer les jarrets. Étant petit, il avait pour aiguillon à ce jeu l'espoir de l'argent ainsi gagné en faveur de ses menus plaisirs. Grand, il a toujours continué à pratiquer cette matinale et salutaire gymnastique, qui entretient les reins dans une extraordinaire souplesse. La Morg. dit plaisamment que c'est la meilleure des prières, puisqu'on se l'adresse à soimême. Elle l'appelle aussi quelquefois, non moins plaisamment, Foraison aux saints Lombes.

* Nulli unquam feminae, amantissimae vel amatissimse, contigit ut ore.s...n cjus hauriret, cui pater abbas a Cruvellio docuerat illud futurum esse quasi suicidium si misceretur ila sanguis divus mor-

tali sanguini, unicâ demum occasione talis cop

nis excepta, quura Theogonia juberet incestum.

Aphor. xxxix. — Il sait, avant toute expérience,

en quel ton telle ou telle, une fois sa voix entendue, se pâmera.

Biochimie, xxv. — Combinaison à distance par les regards, véritables éclairs manifestant la thermoélectricité. Que cela puisse aller jusqu'à la synthèse chimique, c'est consigné dans plusieurs observations, notamment dans celle qui comnience par nec non et oculis.

Analogies (?). — Quel malheur que la Morg. ne se rappelle pas, dit-elle, ou plutôt ne veuille pas se rappeler la parabole qu'avait inspirée à Tiabbé de Cruvel, touchant la destinée de son fils, cette légende si étrange de la tête-ballon? II faudra que j'oblige la cachottière à me la révéler enfiil, où que je tâche de réinventer cette parabole j^ar rfies prbpres facultés analogiques. Il me semble qu'il y a là un faisceau de lumière projetable sur certaines férocités du si doux Gabriel. J'en entr'aperçois un, du moins par moments; puis il m'échappe, fugace. Dans la légende, dont j'ignore même le pays originaire, un assassin joue au ballon avec la tête de sa victime ; et soudain la tête, en retombant, lui mord la main gauche, et s'y accroche par les dents, et lui dévore lentement le bras jusqu'à l'épaule, puis Tépaule et la poitrine jusqu'au cœur, où elle trouve un crapaud qui la fait vomir.

. iV J^ALOGiEs, n, 31. r— Toutis la. poDctuation : le point, qui s'allongç en virgule. Toute l'embryogénie : le cerveau,, qui s'allonge en moelle. Tout l'amour, pareil. {Symbolique de l'orthographe.)

(?) -T- .Ventre des vibrations, où son doigt posé fait nœud.

Biochimie^ xxix. — Ce qu'il perd en substance organique, il le récupère, et au delà, en influx produits par son exaltation combinatoire; et d'autre part, ces influx autogènes, loin de l'épuiser, hâtent et rendent plus complète l'assimilation des aliments, et ainsi lui servent à reconstituer très vite et très puissamment, et toujours en surabondance, la substance organique perdue. 11 en résulte ce phénomène, dont il est l'unique exemple, que, plus il dépense, plus il est au contraire en recette.

(?) — Les papilles! Les papilles! Les papilles! Comment leur donne-t-il à distance, dans l'espace ou le temps, et sans même la pile des regards, la pelite mort et la grande vie? Les papilles! Les papilles !

* Que ,1a mjaternelle, et d'ailleurs neutre Vidalencq, fourmi insexuée, en éprouve concupiscence,

serait absurde. C'est comme si du bois, fût-il nommé bois de fer, répondait, sous prétexte de ce vocable martial, à l'appel aimanté. Et pourtant ce miracle est, en une façon. Elle se ferait, c'est son dire, couper en quatre pour Gab. Et nonobstant elle n*aime pas quand il l'embrasse, rude vieille servante qu'il câline parfois ainsi. Elle n'aime pas cela, non, et s'en défend par ceci: qu'il lui semble, après avoir été embrassée de la sorte, qu'il lui manque le morceau de peau où s'est posé ce baiser caressant. Et elle n'a aucune imagination, l'astucieuse Auvergnate toute au réel. Et n'empêche qu'elle n'explique encore sa répugnance par ce mot, si bien et suggestivement imaginé, croirait-on :

— Chaque fois qu'il le fait, je sens comme s'il me volait quarante sous dans ma poche.

Cosmétique, i, 7. — Système admirable de suimassage, pour ne pas admettre même la possibilité d'influx hétérogènes.

Proposition iv. -=- Il est autogénésique éternellement.

Démonstr. — C'est la conséquence de Ja précédente proposition. C'est aussi le corollaire de Vens cujtis ex ^ssen^m, etc., ou preuve ontologique, dite de saint Anselme. A moins de nier Taxiomè

qui sert là de seconde prémisse, on voit que... Donc... C. Q. F. t).

ScHOLiE I. — De là sa toujours renaissante et immarcessible virginité prostitutionnelle.

ScHOLiE II. — De là encore la série des points, chacun contenant tous les autres, et la simultanée perception, dans ces apparents finis, de Finfini disparaissant.

ScHOLiE III. — En pratique, il en découle ce que Fourier étiquette si joliment la papillonne.

ScHOLiE IV. — En littérature, la persistance du type jointe à la variété de ses expressions (Tirso, Molière, Mozart, Hoffmann, Byron, Musset, et tutti quanti pour le vulgaire; pour les initiés, l'ascendance innominée dans les bas-reliefs gothiques d'hermétisme, les poteries étrusques, les triades des Druides, les hiéroglyphes, les arcanes Éleusiaques, le culte d'Adonis, les énigmes cunéiformes, les charades de pierre d'Allora, et plus haut toujours, jusqu'aux peaux trouées des Nomades secondaires, aux pierres éclatées des Primitifs, et enfin aux mythes perdus des Atlantes, dont les mots indéchiffrables sont devenus des formules magiques cristallisées par le grimoire des derniers Errants).

Mais mieux vaut ne point encombrer de cette érudition facile la scholie iv, et la supprimer peutcire, ou n'en laisser que le texte nu, sans parenthèses. Et de même je renonce à dévider tout l'écheveaii des scholies tirables de cette proposition IV. Car, de scholie en scholie, j'y perdrais de

vue que je dois me tenir ici sur le sommet de la pyramide métaphysique.

Analogies, i, 49. — Telle Tinfinie variété des g(immes connues et à connaître se synthétise en l'unique diamant, tels les aimés possibles, tous, en l'Aimé.

* Les deux maîtresses qui l'ont le plus amusé et qu'il a gardées le plus longtemps sans y trouver monotonie, sont probablement M"* d'Angliviel et la Japonaise. Au premier abord, la durée de la seconde s'explique mieux. C'était une acrobate, disloquée, au corps de caoutchouc, et l'esprit CQïTime le corps, même à travers le baragouin de spn anglais .approximatif, d'ailleurs si savoureux de siangf. Mais pour l'autre, il m'a fallu quelque réflexion avant d'eu comprendre l'intérêt probable. Quarante-cinq ansi Bois sec et. fil de fer! Cire rance ! Confite en patenôtres ! Seulemept, il les avait toutes deux à la même époque : là est Ip. secret de son, plaisir avec la d'Angliviel. Il s'est prodigieusement diverti à l'acrobatiser, elte, cette ankylose totale, à la désarticuler, à lacaoutcljouquifier, corps et esprit, sur le patron donné de la Japonaise. C'était la joje d'un virtuose jouant des variations fantastiques sur un Str^.(Jivarius,etvoi;ijaij^ljIes reproduire ensuite, non moins parfaites, sur un pauvre crin-

crin poussiéreux, vermoulu, sans âme, sans clefs, aux cordes raboutées de nœuds en ficelle. Il y est arrivé. Quel archet !

Biochimie (?). — Je voudrais qu'il se prêtât à une expérience où lui-même et seul se décombinerait en l'alcali et l'acide dont il est le sel, et ensuite se recombinerait en ce âel ; non, comme il le fait .inconsciemment d'ordinaire, en puissance ; mais, cette fois, consciemment et en acte ; bref, par réelle et phénoménale auto-analyse suivie d'auto-synthèse. je suis sûr que l'expérience, par son étrangeté, ne lui déplairait pas. Le malheur est que je n'en vois pas bien les conditions. (Ah ! la Japonaise !)

AphoRismbs préliminaires (?). — Un des rares aphorismes formulés par lui-même (il se moque fort des miens et me traite volontiers de pion pionifiant), c'est que les brunes lui évoquent plutôt des saveurs, lès blondes des sops et les rousses des odeurs. Mais de celui-là aussi, après l'avoir laissé comrne échapper en. conversation ,J1 s'est moqué. U disait quç je finirais par le rendre pédant, avec mes billevesées philosophiques. Mes meilleurs aphorismes, les plus subtils, il n'y trouve que de grossières constatations. Non sans malice, il prétend (|ue je coupe des cheveux en huit, et qu'au dernier tréfilage cela fait des câbles. Évidemment il perçoit,

lui, des infinitésimales auxquelles je suis insensible. Inconscient, comment aurait-il besoin de les coordonner, d'en établir les équations? Seulement, moi, sa conscience, je dois m'y atteler à cette besogne et en voir le bout; et, quoi qu'il en dise, par la raison je le puis. On verra bien!

^ J'ai une rage de dents. Je souffre en damné. Il me regarde avec une sorte d'admiration. 11 finit par me dire, sans ironie, que j'ai bien de la chance. 11 ne commente pas cette étrange parole. Je la comprends quand même. Il m'envie de savoir ce que c'est que la douleur. Lui, il l'ignore.

^ Cuique feminae m....lam dat optatam, nec minus, neque amplius, adeo ut lr....ibus ipsis non m....lamhabere videatur, sed cl dem.

Analogies (?). — La marchande d'oranges, avec son mensuel barbuquetaucoin gauche de la bouche; ce qu'il m'en dit; et comment il le voyait à toutes les bouches, même demeuré sous la peau ; et sa comparaison, de la prime fleur de vigne. Correspondances évolutionnaires et ovolutionnaires. Fil conducteur possible au labyrinthe des analogies.

Proposition vu. — Son omniperpendicularité se parallélise.

Démonstr. — Il n'y en a pas dans la géométrie commune à trois dimensions. On aura recours ici, fatalement, à la géométrie, encore ignorée, mais qu'on étudiera plus tard, de l'anonyme hongrois, la géométrie à n dimensions.

ScHOLiES. — On les conçoit infinies, et peut-être l'ouvrage entier se fondra-t-il, en se refondant, dans elles.

^ Son aversion pour les bêtes m'a longtemps étonné, d'autant que les bêtes, contrairement à leur habitude de n'aimer point qui les déteste, l'aiment et cherchent ses caresses. Je l'ai interrogé sur cette singulière horreur qu'il en a. Il m'a répondu évasivement. La Morg., consultée aussi, a souri sans rien me dire. Ce sourire m'a piqué au jeu. J'ai cru deviner, et, pour savoir, j'ai fait auprès de la Yidalencq celui qui sait. J'ai appris ainsi des choses nettement indicatrices. Une chienne, qu'il a eue étant enfant, a littéralement crevé de jalousie en le voyant s'attachera un chat. Une jument que, jeune homme, il montait, très douce à l'ordinaire, a été prise un jour, sous lui, de vertigo et de tremblements dans tous les membres, et s'est abattue en hennissant comme si on regorgeait. Elle bavait et pissait du sang et a fini par mourir, les yeux grands ouverts et le regardant, affirme la Vida-

lencq, avec des regards de martyre. J'ai compris. J'avais deviné juste. Il ne hait pas les bêtes.. Il a peur d'en être trop aimé. Peut-être même (je l'infère d'une sorte de vague embarras qu'il semble éprouver à des questions plus précises), jpeut-être, en les fuyant, se dérobe-t-ii à la possibilité d'une tentation.

Biochimie. Table alphabétique des matières.

(A refondre, d'ailleurs, selon les 7îouvelles catégories des équipollences; mais en faisant concorder les équations anciennes.)

A. Préface en style courant.

B. De la binariié universelle et essentielle.

G. L'homme maie et l'homme femelle et des erreurs qui sont nées de cette distinction purement ninémotechnique.

D. Du caractère propre à la reconnaissance des vrais sexes et à leur établissement.

E. L'anatomie, science de forme, remplacée par la biochimie, science de fonds.

F. Arithmétique de la biochimie.

G. Lés nombres moléculaires, ou Tovolution des formules.

H. Dynamo-thermo-électricité réduite à sa plus simple expression par l'algèbre biochimique.

I . Dynamo-thermo-électricité réduite à une seule e:^périence par l'auto-analyse et l'auto-synthèse de l'Egrégore.

J. Du sel primordial et terminal.

K. Revue de toutes les équations.

L. La graduation infinitésimale du spasmomètre et le contrôle des n combinaisons contingentes par le résultat immuable de la combinaison absolue.

M. Les ambiances illusoires.

N. Comme quoi les mille et trois, ainsi que tous les symboles littéraires, artistiques, sociaux, religieux, etc., s'annihilent dans la symbolique ovolutionnaire du sel biochimique.

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