‹ L'ainée; comédie en quatre actes, cinq tableauxChapitre 21 sur 97 · SCÈNE IX LIA, puis NORAH · texte numérisé non relu

SCÈNE IX LIA, puis NORAH

LIA, appelant.

Norah! veux-tu venir?

NORAH

Voilà, grande sœur.

LIA, lui montrant le cahier.

Qu'est-ce que c'est que cela?

NC-RAH.

Ça?... Eh bien, c'est un cahier... Oh! du plus haut intérêt. Je te félicite de l'avoir découvert. Quand on fouille partout, il est juste qu'on soit quelquefois payé de ses peines.

LIA

Pourquoi essaies-tu d'être méchante? Je n'aurais pas voulu le le dire : mais c'est maman qui a trouvé ce cahier et qui m'a priée de te faire à ce sujet quelques observations, pensant que, de ma part, cela te semblerait moins dur... Maman m'a dit de le lire. Je l'ai parcouru... Oh! Norah! comment as-tu pu écrire de pareilles choses!

NORAH

Eh bien, quoi? c'est de la littérature... Des morceaux choisis...

LIA

Singulièrement choisis en tout cas. (ouvrant le cahier.) Tiens, je tombe sur ces vers :

Entends-tu soupirer ces enfants qui s'embrassent? On dirait dans l'étreinte où leurs bras nus s'enlacent...

Je n'ose pas continuer... De qui sont-ils, ces vers?... De toi, peut-être?

NORAH

Ils sont d'Alfred de Musset.

Ah? J'aime mieux cela que s'ils étaient de toi. Mais ce qui, malheureusement, est bien de toi, — car il y a des

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