SCÈNE IX LIA, puis NORAH
LIA, appelant.
Norah! veux-tu venir?
NORAH
Voilà, grande sœur.
LIA, lui montrant le cahier.
Qu'est-ce que c'est que cela?
NC-RAH.
Ça?... Eh bien, c'est un cahier... Oh! du plus haut intérêt. Je te félicite de l'avoir découvert. Quand on fouille partout, il est juste qu'on soit quelquefois payé de ses peines.
LIA
Pourquoi essaies-tu d'être méchante? Je n'aurais pas voulu le le dire : mais c'est maman qui a trouvé ce cahier et qui m'a priée de te faire à ce sujet quelques observations, pensant que, de ma part, cela te semblerait moins dur... Maman m'a dit de le lire. Je l'ai parcouru... Oh! Norah! comment as-tu pu écrire de pareilles choses!
NORAH
Eh bien, quoi? c'est de la littérature... Des morceaux choisis...
LIA
Singulièrement choisis en tout cas. (ouvrant le cahier.) Tiens, je tombe sur ces vers :
Entends-tu soupirer ces enfants qui s'embrassent? On dirait dans l'étreinte où leurs bras nus s'enlacent...
Je n'ose pas continuer... De qui sont-ils, ces vers?... De toi, peut-être?
NORAH
Ils sont d'Alfred de Musset.
Ah? J'aime mieux cela que s'ils étaient de toi. Mais ce qui, malheureusement, est bien de toi, — car il y a des