ACTE DEUXIÈME. C
LIA, troublée.
Le pasteur Mikils et Norah arrivent ce soir?
MADAME PETER MANN
Voici la dépêche de Norah.
LIA
Ils auraient pu prévenir plus tôt.
PETERMANN, à Lia.
Cette fois, du moins, ils ne te manqueront pas. Tu dois être contente ; car, si je ne me trompe, tu ne les as pas revus depuis leur mariage.
LIA
C'est vrai, je ne les ai pas revus.
MADAME P E T E R M A N N
La première fois qu'ils sont venus à Yieuchâtel, tu as été retenue à Genève par la coqueluche de ton filleul. La seconde fois, tu étais en excursion avec Guillaume et Eisa, et tu as été arrêtée huit jours par une foulure. C'a été comme un l'ait exprès.
LIA, énigmalique.
Oui... un fdit exprès.
MADAME PETERMANN
Ils ne nous disent pas par quel train ils arrivent... Vous verrez qu'ils tomberont ici juste au moment où ce bon M. Mûller...
LIA
Pauvre homme!... Écoutez, mes chers parents, je vous ai demandé tout à l'heure le temps de la réflexion : en réalité,
c'est tout réfléchi. Je suis touchée de la démarche de M. Mûller. Mais je ne l'épouserai pas.
PETERMANN
Que dis-tu, mon enfant? (coup de sonnette au dehors.) Songe que ce parti est honorable, avantageux, inespéré...
MADAME PETERMANN
Et que, à moins d'une répugnance que j'ai peine à comprendre...
LA PETITE BONNE, chargée de valises, entrant parla droite.
C'est monsieur et madame Mikils.
Elle sort.
LIA
Pas un mot de tout cela devant eux, je vous en conjure.
PETERMANN
Mais quelles raisons donnerai-je à M. Millier?...
LIA
Celles que vous voudrez.