ACTE DEUXIÈME
MIKILS, il paraît très préoccupé.
Chers parents... (il serre la main du pasteur et embrasse madame
petermann.) Ma chère Lia...
MADAME PETERMANN
Mais quelle surprise ! Si encore nous avions su l'heure de votre arrivée...
NORAH
Nous ne savions pas nous-mêmes... Gela m'a prise tout d'un coup. Un besoin de vous revoir, de revoir le pays ; une envie soudaine, irrésistible...
MADAME PETERMANN
Une envie, Norah?... Est-ce que?... Il serait temps, mon enfant, après cinq ans de mariage...
MIKILS, embarrassé et niais.
Oh ! non... ce n'est pas cela.
NORAH
D'ailleurs, la santé de mon mari laisse à désirer depuis quelque temps, et nous avons pensé que ce voyage lui ferait du bien.
MADAME PETERMANN, examinant Mikils.
C'est vrai, il n'a pas très bonne mine.
PETERMANN
Je suis sûr que vous vous surmenez, mon ami.
MIKILS.
Mais non, mais non
Voulez- vous, mes enfants, que je vous conduise d'abord à votre chambre ?
KORAH, prenant sa mère à part.
Ah! maman, un détail... Pouvez-vous nous faire deux lits séparés?... Oui, cela est recommandé à Auguste... A cause de ses étouffements... oh ! rien de grave...
MIKILS.
Un matelas jeté dans un coin me suffira, chère madame Petermann.
MADAME PETERMANN
Je ferai ce qui vous plaira... Mais vous m'inquiétez, Auguste... Si vous voulez me suivre?
NORAH
Et Dorothée? Où est Dorothée?
MADAME PETERMANN
Au fait...
LIA
Dorothée a ses papillons noirs. Elle doit être dans sa tonnelle, au fond du jardin .. C'est là qu'elle s'amuse à être triste.
PETERMANN, à Mikils qu'il voit encombré de valises et de paquets.
Permettez, mon cher ami...
II s'empare d'un tout petit sac et sort par la gauche avec Mikils et madame Petermann.
Je vous rejoins... Mais j'ai beaucoup de choses à dire à Lia... Et même, je vous serai reconnaissante de ne pas interrompre trop tôt notre tête-à-tête...