ACTE TROISIÈME
LIA
Il vous cherchait. Je lui ai dit que vous deviez être avec les autres, sur l'eau.
DIRSAY.
Moi ? j'étais par là, à me promener.
LIA
Tout seul?
DDRSAY.
Je crains de gêner mes invités.
LIA
C'est bien de vous.
DURSAY, regardant la toilelte de Lia.
Comme vous êtes belle, Lia !... Ah ! c'est vrai... mais au fait, pourquoi n'êtes-vous pas avec M. Mùller?
LIA
Il fallait quelqu'un pour garder ces petits. Je me suis dévouée.
DURSAY.
Et il n'a pas eu la galanterie de rester avec vous ?
LIA
Je n'ai pas voulu.
DU RSA Y.
Enfin, vous êtes contente, c'est l'essentiel.
LIA
Oui, très contente.
DURSAY.
Vous dites cela d'un air...
LIA
Tenez, mon cher voisin, je ne sais pas mentir avec vous, même par amour-propre... La vérité, c'est que M. Mûller, qui attendait ma réponse, est venu en effet hier soir...
DURSAY.
Eh bien ?
On l'a fait entrer au salon... Papa et maman étaient au jardin ; la bonne est allée les prévenir. Quand ils sont rentrés, M. Mûller avait disparu.
Gomme ça ?
Comme ça.
DURSAY.
LIA
DURSAY,
Quelque accès de timidité... une de ces peurs subites comme en ont les vrais amoureux...
LIA
C'est ce que j'ai eu la faiblesse ou la sottise de me dire, malgré tout. J'ai pensé qu'il s'expliquerait aujourd'hui, puisque nous devions nous rencontrer chez vous. Et c'est pourquoi j'ai fait des frais, naïvement... Pour vous, mon cher voisin, mais aussi pour lui... Et je suis triste de toute la gaîté de ma pauvre toilette.