ACTE TROISIÈME
Vraiment? Le pauvre homme!... Oh! je le plain hicn sincèrement de n'être qu'un lâche! « Malentendu » est admirable!... Est-ce moi qui ai couru après lui? Je ne songeais pas à lui, vous le savez bien ; et assurément ni sa figure ni son esprit n'avaient rien qui pût me troubler.
MADAME PETERMANN
Si tu le juges ainsi, tu dois donc être toute consolée.
LIA
. Oh! je serai sincère: j'ai eu hier un peu de joie, je le reconnais. J'avais pour M. Mûller de l'estime, le croyant honnête homme, et j'étais toute prête à payer d'une franche affection la tendresse qu'il disait avoir pour moi. Mais justement ce que je ne lui pardonne pa^, c'est cet effort que j'ai naïvement fait pour l'aimer ; je souffre cruellement, moi qui lui échappais par mon indifférence, de m'être mise, par bonté dame, dans le cas de pouvoir être méprisée et rejetée par lui... Ce n'est pas dans mon cœur que je suis blessée, mais dans ma fierté la plus légitime, et très profondément, je l'avoue.
PETERMANN
Ma fille, il faut te résigner à la volonté de Dieu.
LIA
Faut-il pas aussi le remercier ?
PETERMANN
Lia!
MADAME PETER MA NX
Est-ce bien toi qui parles, mon enfant ? Nous avions espéré, ton père et moi, quêta piété, ta vertu..-
LIA
Ma vertu ! Pour ce qu'elle m'a rapporté jusqu'à présent ! Oh ! je n'attendais d'elle aucun bénéfice spécial ; mais je ne croyais pas non plus qu'elle me créerait un privilège à rebours, un privilège de malchance, ni qu'elle dispenserait les autres de justice à mon égard et même de pitié. Ma vertu ! on compte tellement sur elle qu'on ne se gêne pas avec moi... Ah! j'aurai été une bonne dupe dans la vie, convenez- en!
MADAME PETERMANN
Tu nous fais beaucoup de peine, Lia, et tu nous rends le reste difficile à dire.
LIA
Il y a donc autre chose?
MADAME PETERMANN
Tu n'es pas en état de l'entendre aujourd'hui, et nous ferons mieux de remettre à une autre fois la suite de cet entretien.
LIA
Oh ! vous pouvez parler, ma mère. Je suis prête à tout.
MADAME PETERMANN
La vérité, ma chère enfant, c'est que M. M aller le place trop haut, que tu lui en imposes par la supériorité de ton intelligence; bref qu'il se sent indigne de toi, c'est luimême qui nous l'a dit...
PETERMANN
M. Mûller a été, dans tout ceci, de très bonne foi. Quand il venait à la maison, il n'a pas démêlé tout d'abord ce qui l'y attirait... Le cœur a de ces méprises... Tandis qu'il se