‹ L'ainée; comédie en quatre actes, cinq tableauxChapitre 92 sur 97 · SCÈNE VIII DURSAY, puis LIA · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII DURSAY, puis LIA

DURSAY, seul.

La sage Lia savait-elle ce qu'elle faisait, et serait-elle, au fond, la plus habile des petites Petermann?... Je me reproche d'en avoir même l'idée... et pourtant...

LIA, entrant par la porte de gauche.

Vous avez à me parler, monsieur? Je vous sera très obligée de le faire brièvement. Car, n'est-ce pas? cet entretien ne peut être que fort pénible, même pour vous. Et il doit être possible de l'abréger, puisque je ne me plains pas et que je ne réclame rien. Je suis lasse, voyez-vous, très lasse, et je voudrais bien qu'on me permît d'oublier.

' DURSAY.

Rassurez-vous, ma chère enfant, ce ne sera pas long. On vous a fait tort chez moi; le coupable est de ma famille; je suis depuis longtemps votre ami : ce qui est arrivé m'a donc très directement et très profondément atteint. Mais je voulais vous apporter autre chose que des paroles d'inutile regret et de vaine consolation : de là mon abstention de ces derniers jours... Peut-être en avez-vous été surprise?

Attristée plutôt.

DURSAY.

Peut-être vous êtes-vous étonnée aussi de n'avoir plus entendu parler de mon neveu ?

LIA

Oh ! cela, nullement, monsieur.

DURSAY.

Tant pis pour lui. C'est qu'il est allé voir ses parents, ayant une communication importante à leur faire, et une autorisation à obtenir d'eux. 11 est revenu aujourd'hui même ; et j'ai l'honneur, mademoiselle, de vous demander pour lui votre main.

LIA, sincèrement surprise.

Ma main?

DURSAY.

Oui. Pour mon neveu.

LIA

Je refuse, monsieur.

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