IV. — Autres méthodes d'analyse de Pair
Toutes les méthodes d’analyse de l’äir qui ont été données depuis Dumas et Boussingault n’ont fait que confirmer les résultats trouvés par ces deux éminents chimistes,
Nous allons rapidement les passer en revue.
— Brünner (1) a fait usage pour ses expériences d’un aspirateur qui a servi de modèle à celui qui fut employé par M. Boussingault pour le dosage de l'acide carbonique;
(1) Ann. de chim. et physique (3), t. III, p. 305.
re nous le décrirons plus loin. An moyen de cet aspirateur, Brünner fait passer lentement un volume connu d'air, dépouillé de l’acide carbonique et de la vapeur d’eau, sur du phosphore chauffé légèrement dans un tube. L’oxygène se fixe sur le phosphore; son poids est donné par l'augmentation de poids de ce dernier, L'air est mesuré par le volume d’eau écoulé de l'aspirateur ; on fait les corrections relatives à la presssion, à la température et à la tension de la vapeur d’eau. Dans la suite de ses expériences, Brünner a remplacé l’eau par de l’huile dans son gazomètre.
— Regnault (1), en collaboration avec J, Reiset, donne dans un mémoire sur l’analyse des gaz, et la respiration des animaux, une méthode eudiométrique pour l’analyse de l’air. C’est le procédé de Gay-Lussac très perfectionné.
L'appareil de Regnault exige beaucoup d'attention de la part de l'opérateur, mais il fournit des résultats d’une exactitude remarquable.
Cet eudiomètre à mercure n’exige pas l’emploi de tubes jaugés pour la mesure du gaz; celui-ci est toujours ramené au même volume par une augmentation ou une diminution de pression. On y arrive au moyen d’un second tube vertical communiquant avec le tube eudiométrique et dans lequel on peut verser du mercure pour augmenter la pression et ramener le volume gazeux à son état primitif ; au moyen d’un robinet à 3 voies on peut aussi, le cas échéant, laisser écouler du mercure pour diminuer la pression, Ces deux tubes verticaux sont divisés en millimêtres ; ils sont
(1) Ann, de chim. et physique, t. XXVI, p. 329. .
entourés d’un manchon contenant de l’eau pour éviter les grandes variations de température. Les manipulations ne sont pas subies par le gaz dans Le tube eudiométrique luimême, mais dans un tube-laboratoire d’où Regnault le fait ensuite repasser dans l’eudiomètre. Toutes les mesures sont donc ramenées à déterminer la variation de la force élastique survenue après les manipulations subies par le gaz. C'est, en somme, une simple lecture de différence de niveau des deux colonnes mercurielles.
— Doyère (1) dans sa « méthode d'analyse des gaz » donne aussi un procédé eudiométrique exact; le dispositif permet de se dispenser des corrections relatives à la température et à la pression; on y arrive au moyen d’un régulateur spécial qui ramène chaque fois aux mêmes conditions la mesure du volume du gaz. Celle-ci s’effectue dans un tube jaugé maintenu verticalement sur une cuve à mercure. Le réactif ne doit jamais arriver dans le tube mesureur, car la netteté du ménisque en serait affectée et il faudrait de plus tenir compte de la petite colonne deliquide réactif au-dessus du mercure. Doyère opère le mélange avec le réactif dans La pipette d'Ettling qu'il a perfectionnée et transvase, seulement après les manipulations, le gaz dans Le tube mesureur.
— Dans l'appareil volumétrique de Doyère, ce n’est plus comme dans les eudiomètres de Gay-Lussac et de Regnault, de l'hydrogène qu’on combine à l'oxygène pour former de la vapeur d’eau et mesurer Le volume disparu; on se sert d’absorbants liquides spéciaux.
(1) Ann. de chim, et phys. (3), t. XX VIII, p. 5.
RDS
Ces absorbants sont nombreux ; Doyère, après Liebig, emploie la solution alcaline d’acide pyrogallique ou pyrogallate de potasse. Ces réactifs ont un défaut, c’est de pouvoir dissoudre une certaine quantité du gaz à essayer ; de plus, Peau qu’ils renferment peut elle-même contenir en dissolution une petite quantité de gaz. C’est pour cela que Doyère recommande d'employer la plus petite quantité de réactif possible. La même recoramandation est d’ailleurs applicable au procédé de Regnault, dans lequel, avant le dosage de l'oxygène, on absorbe l'acide carbonique par une dissolution de potasse.
L'emploi d’absorbants solides est préférable; nous venons de voir Brünner seservir de phosphore dans sa méthode analytique ; c’est d’ailleurs le réactif indiqué dans tous les cours de chimie pour l'analyse de l'air. On fait passer dans une cloche courbe un volume connu d’air, puis un petit morceau de phosphore; on chauffe, il y a combinaison du phosphore avec l’oxygène; on laisse refroidir et on mesure le gaz restant, c’est azote; le volume disparu est le volume de l'oxygène.
— Le savant chimiste allemand, Bunsen (1), dans sa « Méthode gazométrique » nous donne un nouvel eudiomètre d’un maniement simple et précis avec lequel on peut opérer tous les dosages relatifs à l’analyse de Pair. — C’est une cloche graduée, reposant sur une cuve à mercure spéciale dont une des parois est fermée par une glace. Dans cet eudiomètre on peut déterminer au moyen d’une étincelle électrique la combinaison de l'oxygène
(1) Méthodes géométriques, trad. T. Schneider. Paris, 1858,
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avec de l'hydrogène ajouté. La mesure du volume se fait au moyen d’un cathétomètre, On note la température, la pression barométrique, la tension de la vapeur d’eau. La pression du gaz est la hauteur barométrique diminuée de la hauteur de la colonne mercurielle soulevée dans l’eudiomètre au-dessus du niveau de la cuve. On fait donc chaque fois les corrections nécessaires pour ramener le volume à ce qu’il serait à l’état sec, à 0° et à la pression .de 1m. de mercure.
Si V est le volume du gaz à /, pression H—} (4 est la colonne de mercure soulevée, H la hauteur barométrique), et F, la tension maximum de la vapeur d’eau à #, le volume V, à 0° pression = 1 m, sera :
VASNE — —- 1 0,00366 X t
On peut avec Pappareil de Bunsen effectuer toutes les absorptions par des réactifs spéciaux. Le savant chimiste engage les opérateurs à ne pas employer de réactifs liquides et à introduire dans l’eudiomètre une petite balle de l’absorbant solide : acide pyrogallique, potasse. L’opération est certainement plus longue, mais elle est aussi plus précise.
MM. Williamson et Russel (1) ont apporté à la méthode de Bunsen une modification qui permet de se dispenser de faire les corrections précédentes; cette modification consiste essentiellement à faire toutes les mesures com-
(1) Proceedings of the R. Sociely, L. IX. p. 218. Morelle. 3
es parativement à une masse d’air restant invariable, et placée dans les mêmes conditions ambiantes que le gaz expérimenté.