RAD
L’absorption de la chaleur rayonnante par la vapeur d'eau est extrêmement importante et a été mise en lu mire par les expériences de divers physiciens, en particulier de Tyndail et du regretté P. Desains, La vapeur d'eau absorbe avec énergie. les rayons obscurs et les rayons les moins réfrangibles du spectre calorifique et transmet au contraire presque intégralement les rayons les plus réfrangibles. Ainsi l’atmosphère analyse pour ainsi dire la chaleur du soleil, en retient une partie et nous transmet le reste altéré en quantité et en qualité. Les sommets des hautes montagnes, bien que l'air y soit beaucoup plus froid que dans la plaine, reçoivent une chaleur beaucoup plus forte, comme le témoignent les insolations des ascensionnistes. Il est vrai que la déperdition par rayonnement est également beaucoup plus considérable et que l'atmosphère humide des plaines qui amortit les rayons du soleil s’oppose d’une façon encore plus efficace au refroidissement excessif par le rayonnement nocturne.
Rappelons encore le rôle important que joue l’humi— dité atmosphérique dans la production des phénomènes météorologiques, la rosée et les gelées blanches, les brouillards et les nuages, la pluie, la grêle et la neige qui ne sont que des cas particuliers de la condensation de cette vapeur ; et les courants aériens qui se sont saturés d'humidité à la surface des océans et précipitent leur eau sur les Sommets élevés des continents en produisant les glaciers et les fleuves, circulation grandiose de matière et d'énergie. |
EXC fr CES
Les faits de cet ordre constituent un chapitre entier de météorologie.
Le rôle de l'humidité atmosphérique en physiologie végétale est assez peu connu. Les végétaux, on le sait, pompent par leurs racines l'humidité du sol et l’exhalent en vapeur par la surface de leurs feuilles. L’état hygrométrique de l'air joue son rôle dans la transpiration aqueuse des végétaux et sans doute aussi dans l’ascension de la sève.
On ne connaît pas non plus d’une façon bien approfondie le rôle de l'humidité atmosphérique dans la physiologie et la pathologie humaine.
Le degré d'humidité de atmosphère ambiante est en rapport direct avec une fonction importante de notre organisme. L’exhalation aqueuse par voie pulmonaire et cutanée, acte en vertu duquel nos humeurs tendent à abandonner de la vapeur d’eau à latmosphere à travers nos tissus.
Les ménagères savent fort bien qu'une lessive sèche très vite dans un air sec et pas du tout quand l'air est humide, De même la transpiration aqueuse, active dans une atmosphère sèche, est réduite à un minimum dans-une atmosphère saturée d’humidité. 11 n’est pas interdit de penser que l’activité variable de cette fonction entraine des variations correspondantes dans la proportion d’eau de nos tissus et la concentration de nos humeurs et modifie la condition de la vie de nos éléments anatomiques.
RTE
Sans doute les différences de cet ordre influent sur la formation des races et l’acclimatation des individus. Les médecins qui traitent les phthisiques font jouer à la sécheresse extraordinaire de l’atmosphère dans un lieu élevé un rôle prépondérant dans la curation des lésions pulmonaires et se guident constamment sur les indications de l’hygromètre dans les exercices à prescrire à leurs malades. Réciproquement le passage d’un pays naturellement sec à un climat humide doit avoir une action déprimante sur l’organisme. L'état de langueur et de maladie qui affecte beaucoup de membres de la colonie étrangère à Lille où l’atmosphère est remarquablement humide n’aurait-il pas pour cause principale la rupture d'équilibre apportée par le climat aux fonctions de la peau ?
L’exhalation de l’eau par les poumons, par la peau et par les reins sont trois actes d’une même fonction qui paraissent être appelés à se suppléer mutuellement. Nous avons dit que les deux premiers sont en rapport avec l’état hygrométrique. Or la suppression totale ou partielle de la transpiration cutanée, la diminution de la respiration aqueuse doivent retentir sur le rein et, en imprimant à son fonctionnement une activité anormale, contribuer au développement des maladies de cet organe.
On connaît les expériences de Semnola, qui produit arti-
ficiellement la maladie de Bright sur les animaux en supprimant la transpiration cutanée par l’application sur les corps d’un vernis imperméable.
| Les médecins reconnaissent dans lhabitation d’une
atmosphère habituellement saturée d'humidité l’une des principales causes des maladies des reins.
Evfin, la vapeur d’eau atmosphérique est encore en relation indirecte avec une autre cause de nos maladies. C’est un fait d'observation qu’à l'approche des pluies l'air acquiert une transparence beaucoup plus grande et les objets paraissent rapprochés. Ce phénomène est sans doute lié à la précipitation des poussières atmosphériques. Ces corps légers et hygroscopiques, mis en suspension dans l’air à la faveur de la sécheresse, absorbent l’humidité et augmentent de poids quand l’air se rapproche de son point de saturation. Ils cessent alors de pouvoir flotter dans l'atmosphère. L'état hygrométrique de l'atmosphère serait donc en rapport avec la proportion de poussières qui y sont contenues. Reste à savoir la relation que présentent ces derniers avec les maladies en général et Les épidémies.
Morelle %