INTRODUCTION
L'étude de l’air a de tout temps exercé la sagacité des savants. Quoique les anciens n’aient pu se faire de la nature de l’air qu’une opinion fort incertaine, on ne peut cependant s’empêcher d'admirer la justesse des idées émises par plusieurs philosophes sur ce sujet.
Lorsqu'on lit, par exemple, dans les auteurs anciens les opinions de Diogène d’Apollonie sur l'air, on y trouve un certain nombre de vérités mélangées d'erreurs.
Ainsi Diogène pensait que l'air fournit les éléments de toutes choses (1). D’après lui, l’eau contient de Pair; c’est par cet air que les poissons respirent dans l’eau ; et s'ils meurent dans l'air, c’est qu’ils en respirent trop à la fois et qu’il y a mesure à tout (2). L'air peut être chaud ou froid, sec ou humide, condensé ou raréfé, agité ou calme dans des proportions indéfinies ; et, dans
(4) St-Augustin, de Civ. Dei, VIN, 2.
(2) Aristote, métaphys., [, 3 ; de respirat., I, 2 et 3.