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DEUXIÈME PARTIE

leurs formes. Pour que cela ait lieu, il faut que l’atmosphère contienne des particules aqueuses en suspension, sans doute trop rares pour prendre l’aspect des brumes ou des nuages. M. Cazin a vu cet effet dans son ascension au volcan de la Réunion. Le cône actif se dessinait très nettement dans la partie est du ciel; l’observateur était à 3,500 mètres de hauteur.

Les pitons isolés doivent reproduire le même phénomène fréquemment; peutêtre la proximité de la mer est-elle favorable, parce qu’il y a dans l’air des particules flottantes venant de l’eau.

On confond souvent, sous les noms de couronnes et de halos, deux genres de météores lumineux auxquels le soleil et la lune peuvent également donner naissance, mais qui n’ont du reste ni la même cause ni les mêmes apparences.

Les couronnes, sont dues à une modification de la lumière solaire ou lunaire transmise à travers les vapeurs vésiculaires, et ne se montrent que lorsque ces vapeurs sont interposées entre le soleil ou la lune et l’observateur. Celui-ci remarque alors, autour de l’astre, deux ou trois anneaux concentriques colorés en rouge sur leur bord extérieur, et en violet sur leur circonférence intérieure. L’éclat de la lumière diurne fait qu’on ne les aperçoit guère autour du soleil, tandis que les couronnes lunaires se voient très souvent. C’est un phénomène de diffraction, et non de réfraction. Les couronnes, d’après MM. Becquerel, sont fréquentes quand des lambeaux de cumulus passent devant la lune. On ne distingue les couronnes solaires qu’en regardant le ciel auprès de cet astre à l’aide d’un verre noirci; elles semblent alors très brillantes.

Le phénomène des halos est si complexe, qu’il est difficile, non seulement de l’expliquer, mais même de le décrire. Les physiciens sont d’accord aujourd’hui pour l’attribuer à une réfraction produite par les myriades de petites aiguilles de glace prismatiques dont se composent certains nuages très* élevés, tels que les cirrus et les ci rro- stratus. Les halos consistent en des cercles et fragments de cercles colorés, qui se forment en avant du soleil ou de la lune. Deux ou trois de ces cercles sont concentriques à l’astre qui les produit; ils ont le rouge en dedans, et le violet en dehors. Rarement on les voit ensemble.

Les modifications atmosphériques qui donnent naissance à ces cercles concentriques peuvent également engendrer un cercle blanc parallèle à l’horizon et dont la circonférence passe par l’astre éclairant. On observe aussi, dans certains cas, une autre bande blanche verticale, qui, coupant le cercle horizontal, forme une croix encadrée dans le halo, et parfois s’y termine. C’est sur ces bandes blanches qu’apparaissent les images du soleil ou de la lune appelées par hé lie s (mcpot, auprès; Ÿ^toç, soleil) et parasélènes ( Ttapà , auprès; ceAvjv-r), lune). Ces apparences colorées sont placées près des intersections du cercle parhélique et du halo, mais un peu plus éloignées du centre lumineux, et l’éloignement augmente à mesure que l’astre est plus élevé sur l’horizon. Les parhélies sont colorés comme les halos, et ont souvent un prolongement en forme de queue sur le cercle parhélique où ils se trouvent. On peut voir aussi une image de l’astre à l’opposite de celui-ci, au second point de croisement des cercles parhéliques supposés tous deux prolongés. (Becquerel.)

PHÉNOMÈNES DE L’AIR

Le capitaine Back a observé un halo lunaire de vingt- deux degrés avec une croix blanche au milieu terminée au halo, puis quatre parasélènes aux extrémités des branches de la croix. Enfin, indépendamment des halos proprement dits ou cercles concentriques à l’astre, des cercles parhéliques et paraséléniques, des parhélies et des parasélènes, on voit quelquefois des cercles tangents aux halos, et des portions d’arcs elliptiques très compliqués. On peut donc, en résumé, distinguer dans les halos trois sortes d’apparences : les halos proprement dits ou cercles concentriques; les cercles blancs passant par l’astre, et sur lesquels se montrent les parhélies et les parasélènes; et les cercles tangents.

Lumière zodiacale.

Au delà de ces météores, fugitifs comme les vapeurs qui les produisent, pâles et changeants reflets de la clarté des astres, on peut observer, surtout dans le voisinage de l’équateur, un phénomène qui, par le retour périodique de ses apparitions aussi bien que par son caractère grandiose, n’est comparable qu’aux aurores polaires. De même que celles-ci illuminent les longues nuits des zones glaciales, de même le brillant météore dont je veux parler éclaire, d’une lumière toutefois plus douce, les nuits uniformes des tropiques. On lui a donné le nom de lumière zodiacale , parce qu’il est toujours compris dans la zone d’environ vingt degrés de largeur, autrefois appelée zodiaque, dont l’écliptique occupe le milieu, et dans laquelle sont comprises les douze constellations ou signes qui correspondent aux divisions de l’année.

La lumière zodiacale fut signalée pour la première fois à l’attention des savants

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