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DEUXIÈME PARTIE

par Kepler. Children, chapelain du duc de Somerset, la décrivait vers 1661 dans sa Britannia Baconica. Mais ce ne fut qu’en 1683 qu’elle fut étudiée avec soin par Dominique Cassini. Depuis lors on a constaté que ce n’est point, comme on l’avait pu croire d’abord, une apparition accidentelle; qu’elle a existé de tout temps, et qu’elle présente toute la régularité d’un corps céleste accomplissant sa révolution périodique. Si tant de siècles se sont écoulés sans qu’on l’ait remarquée, il faut l’attribuer à ce que dans nos climats elle est rarement visible, et à ce que les astronomes qui l’avaient vue avant Kepler, Children et Cassini, l’avaient prise soit pour une comète, soit pour un reflet de la lumière solaire, soit pour tout autre météore indéterminé. Ces erreurs ne sont plus possibles depuis que les voyageurs européens ont pu observer avec suite, pendant des mois et des années, le ciel de la zone équinoxiale, où elle se montre dans tout son éclat, avec ses phases normales de croissance et de décroissance. Mais qu’est-ce que cette lumière? Elle a été l’objet de bien des hypothèses, qu’il serait superflu de reproduire. Les dernières recherches l’ont, exclue du domaine de la météorologie proprement dite, pour la rattacher à la constitution astronomique de notre système planétaire, et il ne reste plus désormais que deux opinions en présence. L’une, émise par Kepler et soutenue depuis par Laplace, John Herschell et Biot, fait de la lumière zodiacale une nébulosité appartenant à cette atmosphère solaire très diffuse qui, suivant les calculs de M. Enke, s’oppose au mouvement des comètes. L’autre la considère comme émise par un anneau lenticulaire propre à notre planète et analogue à celui qui entoure Saturne. Cette dernière hypothèse est adoptée aujourd’hui par la plupart des astronomes. Les observations de MM. Heiss et Jones lui donnent un très haut degré de probabilité.

Quoi qu’il en soit, la lumière zodiacale, à peine visible de temps à autre dans nos climats, où elle n’apparaît que comme une lueur blanchâtre et diffuse, constitue sous les tropiques une nébulosité très distincte, ayant la forme d’une pyramide ou plutôt d’un segment lenticulaire. Elle est légèrement inclinée sur l’horizon, et se montre immédiatement avant le lever et après le coucher du soleil, au point même où celui-ci va apparaître ou vient de disparaître. Son éclat égale ou surpasse celui de la voie lactée. « Quiconque, dit Humboldt, aura passé des années entières dans la zone des palmiers , conservera toute sa vie un doux souvenir de cette pyramide de lumière qui éclaire une partie des nuits toujours égales des tropiques. Il m’est arrivé de la voir aussi brillante que la voie lactée dans le Sagittaire, non pas seulement sur les cimes des Andes, à ces hauteurs de trois à quatre mille mètres où l’air est si pur et si rare, mais aussi dans les immenses prairies de Venezuela, et au bord de la mer, sous le ciel toujours serein de Cumana. Quelquefois pourtant un petit nuage se projette sur la lumière zodiacale, et tranche d’une manière pittoresque sur le fond lumineux du ciel. Alors le phénomène devient d’une grande beauté. »

Bien que cette nébulosité soit certainement extérieure à l’enveloppe gazeuse de notre globe, tout porte à croire quelle exerce sur cette enveloppe et sur la terre elle-même une influence qui, si elle se vérifiait, expliquerait peut-être certaines anomalies apparentes dans le cours des saisons et dans la distribution des températures.

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