T/AIR
ces perturbations... Il faudrait encore, pour avoir une valeur exacte, tenir compte : 1° de la diminution de la pesanteur à mesure qu’on s’élève dans l’air, et en vertu de laquelle les particules sont moins attirées vers la terre; 2° de la variation de la force centrifuge suivant la latitude1. »
MM. Becquerel reconnaissent toutefois que ces deux variations se réduisent à peu de chose. Est-il donc possible d’arriver à une mesure approximative de la hauteur de l’atmosphère?
« Cette hauteur, continuent les savants physiciens, est limitée, et même la valeur qu’on lui assigne est peu considérable. Si l’air n’avait pas d’élasticité, sa limite serait située aux points où la force centrifuge ferait équilibre à la pesanteur; mais comme cette condition n’existe pas, il est nécessaire que son élasticité soif équilibrée par une force quelconque; cette force est le poids des couches d’air qui sont supérieures à celles que l’on considère. Mais à mesure que l’on s’élève l’air devient plus rare, et, arrivé aux dernières couches, rien ne presse sur cellesci; cependant, l’atmosphère étant limitée, comme le démontrent plusieurs phénomènes optiques dont nous parlerons, il est nécessaire que ces couches ne se perdent pas dans l’espace, et que, vu leur raréfaction et leur abaissement de température, leur état physique soit modifié de telle sorte que la force élastique soit nulle. »
Laplace a indiqué cette condition indispensable; Poisson l’a spécifiée en montrant que l’équilibre serait encore possible avec une densité limitée très considérable, pourvu que le fluide ne fût pas expansible; enfin Biot, qui a résumé ces conditions (Astronomie physique), indique très bien cet état des dernières couches atmosphériques non expansibles, en disant qu’elles doivent être comme un liquide non èvaporahle. L’atmosphère est donc limitée et son poids connu; mais il n’en est pas de même de sa hauteur.
On a cependant calculé cette hauteur, en prenant pour base, soit la décroissance de la température, soit les phénomènes de réfraction lumineuse qui se produisent à l’aurore et au crépuscule. Mais on n’a pu arriver par ces divers procédés qu’à des résultats approximatifs, qui présentent entre eux de notables différences. La discussion des observations barométriques faites par Humboldt et M. Boussingault sur le Chimboraço et l’Antisana a conduit Biot à une élévation de 20,679 mètres pour la hauteur de l’atmosphère au-dessus de l’océan Pacifique. Mais d’autre part le même physicien, prenant pour base de ses calculs l’accélération de la décroissance des températures, constatée par Gay-Lussac, jusqu’à une hauteur de près de 7,000 mètres, dans une ascension aérostatique justement célèbre, a trouvé un second chiffre qui s’écarte du premier de plus de 2,000 mètres : soit 23,000 mètres. Il ajoute que, si l’on veut, d’après la même loi d’abaissement progressif des températures, pousser jusqu’au bout les conséquences des observations de Gay-Lussac, on en déduit une limite de hauteur que l’atmosphère ne peut pas dépasser. Cette limite, où la pression serait nulle, assigne à l’atmosphère une hauteur maxima de 47,347 mètres, avec une densité finale excessivement faible.
1 Eléments de physique terrestre et de météorologie , ch. îv.