PREMIERE PARTIE
temps et les lieux, il s’ensuit que la pression moyenne n’est la même ni dans les différentes régions du globe, ni même dans les différentes parties d’une région donnée, et que pour chaque contrée elle se modifie encore suivant la saison, l’époque du mois et l’heure du jour.
Et remarquons qu’il s’agit ici, non des changements accidentel sproduits par les perturbations de l’atmosphère, mais des variations périodiques et sensiblement uniformes, dues à des phénomènes astronomiques ou météorologiques parfaitement réguliers. Au surplus, les causes immédiates des variations barométriques, tant périodiques qu’accidentelles, se réduisent à trois. Au premier rang se placent les changements de température, qui, en dilatant ou en contractant l’air dans une certaine région, le rendent plus léger ou plus pesant, et réagissent nécessairement sur les régions adjacentes. En second lieu viennent les déplacements de masses d’air plus ou moins considérables : déplacements qui, dans le plus grand nombre des cas, sont dus aux changements de température, mais qui dépendent aussi, bien que dans une très faible mesure, de l’attraction qu’ exercent sur l’océan aérien comme sur l’océan marin le soleil et la lune. Au troisième rang enfin on peut placer l’état hygrométrique de l’air, c’est-à-dire la quantité de vapeur d’eau qu’il contient, et dont l’influence sur les oscillations du baromètre ne saurait être négligée; car, la densité de la vapeur d’eau étant environ de moitié moindre que celle de l’air, il est évident que la pression barométrique diminue ou s’accroît suivant que l’atmosphère est plus ou moins humide. Il est aisé de comprendre, d’après cela, comment il se fait que la moyenne des pressions n’est pas la même en été qu’en hiver, à midi qu’à minuit; qu’elle est autre au bord de la mer, autre dans l’intérieur des terres; qu’elle atteint son minimum sous l’équateur, et quelle va s’élevant à mesure qu’on avance vers les pôles.
Quant aux variations barométriques accidentelles et locales, elles dépendent évidemment, de la même manière, des changements qui surviennent dans l’état de l’atmosphère, dans sa température, dans la direction ou dans l’intensité du vent, etc.; et c’est la connaissance des rapports existants entre ces deux ordres de phénomènes qui permet de tirer des oscillations du baromètre des pronostics sur le beau et le mauvais temps.
Un fait remarquable et qu’il importe de signaler en terminant le présent chapitre, c’est que les moyennes annuelles des oscillations barométriques, comme les moyennes des températures, se trouvent distribuées à la surface du globe suivant des lignes à peu près parallèles, qui s’échelonnent avec une certaine régularité entre l’équateur et les pôles. Ces lignes sont appelées lignes isobarométriques.
En général, les oscillations du baromètre sont sensiblement semblables, et donnent des courbes parallèles lorsqu’on les étudie sur des points voisins; mais à de grandes distances, le baromètre peut monter dans un lieu et baisser dans l’autre; et ordinairement une baisse extraordinaire dans un point du globe est compensée par une hausse extraordinaire dans un autre point. Cela tient évidemment à ce qu’il se forme dans l’océan aérien comme des vagues qui s’étendent d’un pays à un autre pays, et dont les points voisins sont également affectés, tandis que deux points
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éloignés peuvent se trouver l’un à l’endroit où la vague s’élève, l’autre au point où elle s’abaisse1.
Ces variations de pression barométrique jouent actuellement un grand rôle dans les données de la météorologie pratique et dans les prévisions du temps. Sur les cartes publiées tous les jours par les observatoires sont tracées les courbes correspondant à ces pressions pour l’Europe entière, et c’est dans le rapprochement ou l’éloignement de ces courbes, dans leurs inflexions et dans le concours d’autres éléments encore que l’on peut trouver, jusqu’à un certain point, les moyens d’établir d’utiles pronostics relatifs aux grands phénomènes atmosphériques.
1 Éléments de physique terrestre et de météorologie , chap. iv.