‹ L'air et le monde aérienChapitre 25 sur 210 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

d’angle CG’, en prise avec une troisième roue d’angle B, dentée sur une moitié seulement de sa circonférence, et qui, par conséquent, n’engrène à la fois qu’avec une des deux roues GG’. La roue B est calée sur le même arbre que la grande roue F. Cette dernière est mise en communication par une chaîne sans fin avec le pignon G, lequel tourne avec le volant Y. Si nous faisons tourner ce volant à l’aide de la manivelle m, le pignon G tire la chaîne; celle-ci entraîne la grande roue F et la roue d’angle B. Cette dernière engrenant, je suppose, sur la roue C, fait tourner de gauche à droite l’arbre qui agit sur les crémaillères, et l’un des pistons descend tandis que l’autre monte. Quand la roue B a effectué une demi-

Machine pneumatique à deux cylindres.

révolution, la circonférence non dentée se présente sur la roue C, et sa denture engrène sur la seconde roue G’; l’arbre qui commande les crémaillères tourne donc en sens inverse; le piston qui était descendu remonte, et, au contraire, celui qui était monté redescend. La machine pneumatique ainsi modifiée peut être construite de toutes les dimensions, sans qu’il faille de grands efforts pour la mettre en mouvement.

U nous reste à examiner maintenant la structure des corps de pompe, de leurs pistons et de leurs soupapes, et à montrer comment on a fait disparaître l’inconvénient inhérent aux soupapes ordinaires dites à clapet, qui se soulèvent et se referment sous la pression de l’air, et demeurent immobiles lorsque cette pression est devenue trop faible. La figure ci-contre représente la coupe d’un corps de pompe avec tous ses accessoires. Ce corps de pompe (les deux sont entièrement semblables) est un cylindre en cristal, dont les deux fonds sont formés par des plaques métalliques reliées et serrées avec des écrous. Le fond supérieur F est percé d’un petit trou l, qui reste toujours ouvert. Le conduit d’aspiration débouche dans le fond inférieur par un orifice tronconique 0, où s’engage un bouchon

L’AIR

métallique qui le ferme hermétiquement, et fait fonction de soupape. Ce bouchon est fixé à l’extrémité d’une tige métallique qui traverse le piston à frottement, passe par le trou t, et porte, très près de son extrémité supérieure, une petite traverse U. Cette tringle se meut avec le piston, et lorsque celui-ci monte, elle débouche l’orifice 0; mais presque aussitôt la traverse U vient butter contre l’orifice opposé, et la tringle reste immobile; puis, quand le piston redescend, elle referme l’ouverture 0; le piston continue sa course jusqu’en bas, et rouvre de nouveau la soupape en se relevant. Le jeu de cette soupape est ainsi rendu tout à fait indépendant de la force élastique de l’air confiné. Mais pour que le piston

Corps de pompe et pistons de la machine pneumatique.

puisse, en montant, aspirer cet air, et, en redescendant, le laisser passer dans la partie supérieure du corps de pompe, il faut qu’il soit lui-même muni d’une soupape qu’on voit en son milieu sous l’étrier formé par la tige. C’est un tronc de cône surmonté d’une tige autour de laquelle s’enroule un ressort à boudin très faible. La tige traverse sans frottement une ouverture pratiquée dans la lame métallique l, sur laquelle s’appuie le ressort. Ici c’est encore la force élastique de l’air confiné qui ouvre la soupape S quand le piston descend, et c’est la pression atmosphérique qui la ferme lorsque le piston remonte.

On a construit pour certaines machines pneumatiques des corps de pompe dits « à double effet » , parce que leurs pistons , à chaque mouvement ascendant et descendant, produisent le double résultat d’aspirer l’air d’un côté et de le rejeter de l’autre. Dans ce système, le piston est plein, sans soupape; mais le corps de pompe communique, d’une part, avec le tuyau d’aspiration par deux soupapes s’ouvrant l’une de bas en haut, l’autre de haut en bas; d’autre part, avec l’extérieur par deux autres soupapes, dont l’une est ouverte quand la première est fermée, et l’autre est fermée quand la seconde est ouverte. Cette disposition était

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