‹ L'air et le monde aérienChapitre 26 sur 210 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

adaptée notamment aux quatre grands corps de pompe de la puissante machine servant à aspirer l’air dans les tuyaux du chemin de fer atmosphérique établi naguère entre le Pecq et Saint-Germain-en-Laye l.

On exécute dans les cours, à l’aide de la machine pneumatique, diverses expériences bien connues, telles que celles des hémisphères de Magdebourg, du coupepomme, du crève-vessie, etc. Ces expériences, qui font voir les effets les plus

Machine de compression.

remarquables de la pression atmosphérique, sont décrites dans tous les traités de physique2; il serait donc superflu de nous y arrêter.

Nous avons vu la pompe employée d’abord au déplacement des liquides; nous venons de la voir, avec quelques modifications, appliquée à raréfier l’air; nous allons la voir servir maintenant à le comprimer.

La machine de compression a beaucoup de ressemblance avec la machine pneumatique. Elle se compose : de deux corps de pompe GC’, avec leurs pistons PP’, dont les tiges à crémaillère engrènent sur un pignon, et qui sont mis en mouvement, soit par une manivelle, soit par un système de roues dentées; — d’un récipient ou réservoir de compression en cristal, à paroi épaisse, serré par des tringles à vis entre deux fonds en bronze, et enveloppé d’un treillis métallique; — d’ün conduit à trois branches, faisant communiquer ce récipient avec le corps de pompe

1 Voir, dans les Merveilles de l'industrie (Chemins de fer, ehap. iv), la description de cette machine.

2 Voir le Cours de physique expérimentale de Ganot.

L’AIR

et avec un manomètre qui mesure en atmosphères la pression intérieure. Comme dans la machine pneumatique, le couvercle de chaque corps de pompe est percé d’un trou toujours ouvert. Le fond est muni d’une soupape, et une autre soupape est disposée au centre du piston. Seulement ces deux soupapes, au lieu de s’ouvrir de bas en haut, s’ouvrent de haut en bas, de façon que, le piston étant au haut de sa course, si on le fait descendre, sa soupape se ferme, celle du fond s’ouvre, et l’air enfermé dans le corps de pompe est chassé dans le réservoir. Lorsque, au contraire, le piston remonte, sa soupape s’ouvre, celle du fond se ferme, le corps de pompe se remplit d’un nouveau volume d’air qui, à l’oscillation suivante, sera, comme le précédent, refoulé dans le réservoir. Le fond supérieur de ce dernier porte une tubulure à robinet, sur laquelle on peut visser divers appareils pour y faire passer l’air comprimé. Mais le plus souvent, lorsqu’on veut emmagasiner de l’air comprimé dans un récipient quelconque, on procède d’une façon plus expéditive et plus directe, en faisant usage de la pompe à compression.

Cette pompe consiste en un cylindre dans lequel se meut un piston massif, et qui est percé latéralement, vers son sommet, d’une petite ouverture. Le fond présente une soupape, s’ouvrant de haut en bas sur un conduit qui peut s’adapter à divers appareils. Lorsque le piston est en haut de sa course, il se trouve immédiatement au-dessus de l’ouverture latérale. Le cylindre est donc plein d’air, que le piston, en descendant, comprime et chasse par la soupape. Lorsque le piston remonte, il fait le vide au-dessous de lui; la soupape se referme, et dès que l’ouverture est dépassée, l’air se précipite dans le corps de pompe, pour être refoulé comme la première fois; et ainsi de suite.

C’est à l’aide de cette pompe qu’on charge le fusil à vent, où l’on utilise, pour lancer une balle, la force élastique de l’air comprimé.

Le fusil à vent se compose d’un canon qui se visse sur une crosse creuse en métal très résistant. Ces deux pièces étant séparées l’une de l’autre, on introduit une balle dans la culasse du canon et on comprime l’air dans la crosse. On peut aller jusqu’à quarante atmosphères. Une soupape ferme la crosse du dedans en dehors, d’autant plus hermétiquement que la pression est plus forte, et empêche toute déperdition d’air. Le canon est ensuite vissé sur la crosse, et l’arme est prête. Une batterie dont la détente ouvre instantanément la soupape livre passage à un jet d’air qui chasse la balle avec une grande force. Comme la soupape se referme aussitôt, une seule charge d’air suffisamment comprimé fournit de quoi tirer plusieurs coups ; mais il est aisé de deviner que la projection devient de moins en moins énergique à mesure que la crosse se vide, et qu’il arrive un moment où la balle ne va plus tomber qu’à quelques pas de la bouche du fusil. C’est alors le telum imbelle sine ictu, dont parle Virgile. Au début, et alors que l’arme est bien chargée, la balle peut, à trente pas, traverser une planche de un à deux centimètres d’épaisseur, et serait, par conséquent, capable de faire une blessure mortelle.

Toutes les pompes que nous venons de passer en revue sont des machines que l’homme met en jeu, par ses propres forces, pour triompher des résistances que lui opposent diverses forces physiques. Il parvient, avec leur aide, à élever de l’eau

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