‹ L'air et le monde aérienChapitre 38 sur 210 · L’ÉTHER · texte numérisé non relu

L’ÉTHER

Le son n’est dans l’air qu’un accident passager, une perturbation légère, qui affecte seulement çà et là quelques points imperceptibles de la masse atmosphérique. C’est d’ailleurs un phénomène simple, dont l’explication n’est qu’un jeu pour le physicien, et devient aisément familière, après quelques heures d’étude, aux personnes les moins versées dans les sciences, aux intelligences les plus vulgaires. On n’en saurait dire autant de la lumière, de la chaleur, de l’électricité, du magnétisme. Ce sont là des agents mystérieux, dont l’essence est inconnue, et qui donnent lieu à des effets d’une variété merveilleuse, d’une puissance extraordinaire, mais aussi d’une complication souvent inextricable. Leur rôle dans les phénomènes physiques, chimiques et physiologiques, est capital. Et si on les considère dans leurs rapports avec l’air atmosphérique, on ne tarde pas à reconnaître que toutes les modifications que ce milieu subit, — soit qu’elles lui viennent du dehors, et qu’il les transmette à la terre et aux êtres placés à sa surface, soit qu’il les reçoive du monde terrestre, soit enfin qu’elles se produisent par des causes inhérentes à sa constitution même, — toutes ces modifications, dis-je, peuvent se ramener à des phénomènes calorifiques, lumineux, électriques ou magnétiques, dont l’atmosphère est à la fois le siège et le véhicule, ou plutôt, si l’on me permet l’emploi d’un terme tout philosophique, le substratum.

On trouvera dans [la seconde partie de ce livre la description, et, autant que faire se pourra, l’explication de ces phénomènes. Je me bornerai ici à dire par quels artifices théoriques la science a pu s’en rendre compte, bien quelle ignore absolument la nature des causes qui les engendrent. Je donnerai au chapitre suivant une idée de la manière dont ces causes inconnues agissent sur l’atmosphère, et dont l’atmosphère, à son tour, réagit sur elles. Ces actions réciproques sont autant de manifestations des propriétés de l’air. Leur connaissance est donc le complément nécessaire des notions de physique atmosphérique qui forment le sujet de cette première partie, et une introduction indispensable à l’étude de la météorologie proprement dite.

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