‹ L'air et le monde aérienChapitre 62 sur 210 · LE CHAUD ET LE FROID · texte numérisé non relu

LE CHAUD ET LE FROID

Nous avons vu au chapitre vii de la première partie ce que serait la chaleur pour le globe terrestre, si celui-ci n’avait point d’atmosphère. Voyons maintenant ce que serait l’atmosphère, je ne dis pas si elle était sans chaleur1 * * 4, mais si elle était toujours, dans toutes ses parties, également chaude ou froide. Oh! dans ce cas, la météorologie serait une science bien simple; car la météorologie est la science des mouvements, des changements d’état, des perturbations de l’air; et l’air serait immobile, ou ses mouvements seraient à peine sensibles et d’une régularité parfaite; son état ne changerait point; il ne serait sujet à aucune perturbation. Il n’y aurait ni beau ni mauvais temps, ni temps sec ni temps humide, ni saisons ni climats. Les habitants de la terre jouiraient d’un printemps, ou d’un été, ou d’un hiver perpétuel; les eaux seraient toujours gelées, ou toujours tièdes, ou toujours en vapeur; la végétation n’existerait point, ou elle serait toujours en activité : le tout suivant le degré de température au-dessous ou au-dessus de zéro qu’il vous plaira de supposer.

S’il en est autrement, c’est que la température est inégalement répartie à la surface du globe, et que pour un même lieu elle éprouve, selon l’époque de l’année, selon l’heure du jour, sous l’influence de causes nombreuses qui se combinent ou se contrarient de mille manières, de continuelles alternatives d’abaissement et d’élévation. Ce sont ces alternatives qui produisent dans l’air les contractions et les dilatations d’où résultent l’accroissement et la diminution de la pression barométrique et les fluctuations de la masse atmosphérique; qui déterminent la formation et la précipitation des vapeurs aqueuses; qui font que le ciel est limpide et bleu,

1 On conçoit un corps dénué de chaleur quand on admet que la chaleur est un mouvement des particules de la matière. Au zéro absolu, le mouvement qui occasionne les effets de la chaleur n’existerait plus ; ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait plus de mouvement du tout : il y aurait eu dans l’abaissement

graduel de la température une transformation de mouvement calorifique en un autre. On pense que le

zéro absolu est peu éloigné de — 273°. Cela n’est évidemment qu’une hypothèse, mais elle n’a rien d’ab-

surde.

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