‹ L'air et le monde aérienChapitre 67 sur 210 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

à celui des climats, qu’on pourrait définir ces derniers : les différentes manières d’être des saisons dans les différentes contrées. Mais ces manières d'être, bien que gouvernées essentiellement par le cours du soleil et par la latitude du lieu, ne laissent pas d’être modifiées encore par une multitude de causes secondaires qu’il n’est pas permis de négliger. Ces causes ont conduit les météorologistes modernes à distinguer des climats astronomiques, qui ne sont guère qu’une conception théorique, les climats physiques ou atmosphériques, qui sont les climats réels, et de l’ancienne climatologie astronomique on n’a conservé que les cinq grandes divisions ou zones formées, de part et d’autre de l’équateur, par les tropiques et par les cercles polaires. Tout le monde sait que la zone intertropicale a reçu le nom, un peu hyperbolique, de zone torride; que les zones polaires sont appelées plus justement zones glaciales; qu’ enfin celles qui, sur chaque hémisphère, occupent l’espace compris entre le cercle polaire et le tropique, sont dites zones tempérées.

Cette division a sans doute, comme toutes les divisions de ce genre, l’inconvénient d’être trop absolue, trop tranchée, de ne tenir aucun compte des transitions. 11 est certain, par exemple, que les zones qu’on nomme tempérées auraient pu être elles-mêmes partagées en trois bandes, dont la médiane seule aurait mérité de conserver la qualification primitive de tempérée, tandis que les deux extrêmes eussent été bien désignées, par exemple, sous les noms de zone sub-torride ou sub- tropicale, et de zone sub-polaire ou sub-glaciale.

Qubi qu’il en soit, on ne peut nier que la nouvelle division n’ait sur l’ancienne de grands avantages. En premier lieu, elle n’a rien d’arbitraire : elle est fondée sur des données astronomiques positives et précises, puisque les tropiques sont les cercles qui passent par les points solsticiaux, et les cercles polaires, ceux qui limitent, autour des extrémités de l’axe terrestre, les rayons où les jours et les nuits atteignent et dépassent la durée de vingt-quatre heures. En second lieu, elle donne tout d’abord une idée saisissante et, en somme, assez vraie de la constitution climatérique qui caractérise chacune des zones. En effet, sur toute la ligne équinoxiale, où les jours sont constamment égaux aux nuits, les rayons du soleil arrivent suivant une direction qui, lors du passage de l’astre au méridien, est presque verticale, et qui l’est rigoureusement deux fois par année; après quoi le soleil s’écarte, tantôt à droite, tantôt à gauche, de ï23°28’, c’est-à-dire jusqu’au tropique. Il est vrai que l’équateur thermal (on entend par là la courbe qui relie ensemble tous les points où la moyenne annuelle de la température est la plus élevée) "ne coïncide pas sur tous ses points avec l’équateur géographique. Mais ces divergences ne sont dues qu’à des circonstances secondaires, telles que l’altitude des lieux, la nature du sol, la présence ou l’absence de grandes masses d’eau, etc., qui déterminent en certains endroits une absorption de chaleur plus grande qu’en d’autres endroits; et il n’en est pas moins incontestable qu’à l’équateur la terre reçoit du soleil plus de chaleur que partout ailleurs.

A mesure qu’on s’éloigne de ce grand cercle, soit vers le nord, soit vers le sud, les rayons solaires prennent une direction plus constamment oblique; cependant, pour la zone torride, cette direction reste voisine de la verticale, et tous les lieux compris dans cette zone ont au moins un jour où, à midi, les rayons tombent

PHÉNOMÈNES DE L’AIR

perpendiculairement sur le sol. Aussi leur température se rapproche-t-elle beaucoup de celle de l’équateur, lorsque même, par l’effet de quelqu’une des causes dont j’ai parlé ci-dessus, elle n’est pas plus élevée encore. Passé les tropiques,

l’incidence des rayons solaires est toujours plus ou moins oblique; l’inégalité des jours et des nuits devient de plus en plus sensible; la température moyenne s’abaisse graduellement, sinon régulièrement. Enfin, à partir du cercle polaire, les rayons calorifiques et lumineux prennent une direction presque parallèle à l’horizon; les jours d’été et les nuits d’hiver durent de vingt-quatre heures à six mois. On conçoit donc que, dans l’intérieur de ces cercles, la moyenne thermométrique

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