‹ L'air et le monde aérienChapitre 68 sur 210 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

soit moindre qu’en aucune partie des zones précédentes. Il faut ajouter cependant que, de même que l’équateur thermal s’écarte de la ligne équinoxiale, de même aussi ce n’est pas aux pôles mêmes du globe que règne la plus basse température. Les pôles du froid paraissent même être situés à une assez grande distance des pôles géographiques.

Aux conditions générales de température qui résultent de la direction des rayons solaires et des longueurs relatives des jours et des nuits, correspondent des différences profondes dans le cours et la tenue des saisons, dans l’état ordinaire de l’atmosphère et dans la nature de ses perturbations, ainsi que dans les caractères de la faune et de la flore de chaque zone, et dans ceux des races humaines qui peuplent les continents et les îles des deux hémisphères.

Si nous considérons d’abord les saisons, nous voyons qu’au pôle on n’en compte que deux, dont on peut dire à la lettre qu’elles sont, l’une par rapport à l’autre, « le jour et la nuit ». A mesure qu’on s’éloigne de cette morne région, outre que la moyenne thermométrique de l’année s’élève, et que les durées des jours et des nuits deviennent moins inégales, on passe moins brusquement de l’hiver à l’été et de l’été à l’hiver. Dans les zones tempérées, les époques de transition entre les deux saisons extrêmes sont elles-mêmes de véritables saisons intermédiaires; en sorte que les habitants de ces zones ont quatre saisons, dont deux, l’hiver et l’été, commencent aux solstices, et deux autres, le printemps et l’automne, commencent aux équinoxes.

On sait que les saisons sont inverses dans les deux hémisphères boréal et austral ; que l’été règne dans le premier hémisphère lorsque la terre décrit la plus grande portion de son orbite, et dans le second lorsqu’elle décrit la plus petite ; et qu’en conséquence l’un a constamment des étés plus courts et des hivers plus longs que l’autre : ce qui achève d’expliquer le refroidissement de l’hémisphère austral.

Sous les tropiques, la distinction des saisons s’efface presque complètement. Il n’y a plus de printemps ni d’automne, ni même, à proprement parler, d’été et d’hiver. Les habitants de la région équatoriale voient deux fois chaque année le soleil sur leurs tètes; après quoi le soleil s’écarte tour à tour, vers le sud et vers le nord, de 23° environ. Il semble donc que ces contrées doivent avoir deux étés compris entre deux automnes, ou, si l’on veut, entre deux printemps. Mais lorsque le soleil est à l’équateur et darde perpendiculairement ses rayons vers la terre, la chaleur extrême qu’il développe détermine en même temps la formation d’énormes quantités de vapeur d’eau , -qui bientôt se condensent et donnent lieu à des orages violents et à des averses torrentielles; en sorte que ces deux prétendus étés sont les plus mauvaises saisons des climats équatoriaux. On les désigne sous le nom de saisons des pluies ou d’hivernages. Au contraire, lorsque le soleil incline vers l’un ou l’autre tropique, ses rayons, étant moins perpendiculaires, absorbent beaucoup moins de vapeurs, et il en résulte deux saisons moins chaudes, mais sèches et sans orages. Dans le voisinage des tropiques, au lieu de deux saisons sèches et de deux hivernages, il n’y en a plus, d’ordinaire, qu’une de chaque espèce , et la différence de température entre l’une et l’autre est peu sensible. Au surplus, les contrées tropicales et en général les contrées chaudes présentent , selon les

PHÉNOMÈNES DE L’AIR

conditions géographiques où elles se trouvent placées, selon la nature de leur sol, l’abondance et la rareté des cours d’eau, etc., des caractères climatériques très divers.

11 existe des pays où l’on ignore ce que c’est que des saisons, et où la pluie est un phénomène à peu près inconnu. On sait que l’Égypte jouit d’un ciel toujours limpide et bleu, et que la fécondité proverbiale de son sol, qui fournit, presque sans culture, trois ou quatre récoltes par an, n’est due qu’aux inondations périodiques du Nil. Au Pérou, à côté de contrées où il pleut presque toute l’année, il en est d’autres où il ne pleut jamais, et qui cependant ne laissent pas de nourrir une luxuriante végétation.

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