‹ L'Aisne pendant la Grande GuerreChapitre 2 sur 31 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

serait lâcher pied. Hâtons-nous! Les ruines même périssent.

Au travail donc, avec méthode, avec énergie, avec foi !

Les hommes oublient vite; ils oublient même les calamités, — surtout si elles ne les ont pas frappés eux-mêmes . Notre génération assiste, avec un sangfroid invraisemblable, aux terribles malheurs qui se sont abattus sur l'une des plus belles et des plus nobles -parties de la France, les départements du Nord-Est.

L'hiver qui s'achève a vu des populations urbaines et rurales sans asile, sans gîte, sans foyer, se hâtant, malgré tout, de regagner leurs ruines et de s'y terrer cotnme des renards, pour reprendre possession de la terre et de la vie qui avaient été leur terre et leur vie. Malgré la rigueur de la saison, ces errants de quatre aimées, les o réfugiés », ont préféré au pain amer de l'exil le brouet noir de leur petite patrie. Ils sent revenus, et après avoir tant souffert, ils 07it souffert eiicore.

L'hiver s' est passé. Ceux qui sont morts sont morts. Mais ceux qui survivent doivent-ils gravir un nouveau calvaire ?

Sans phrases, ce qui importe par-dessus tout, c'est qu'une organisation puissante et solide de nos pays dévastés soit mise définitivement sur pied en vue de l'hiver prochain ; or, pour cela, il faut s'y prendre tout de suite. La bonne saison est courte. En ce moment, le soleil luit, la foi est dans les cœurs. Attendrons-nous, impassibles et impuissants, que les jours sombres reviennent et, avec eux, la désespérance ?

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