TABLETTE VOTIVE
Patiemment je te veux peindre sur fond d'or, Droite et svelte, à l'égal des Saintes byzantines , Car ta bouche est pareille aux frêles églantines , Charitables , croissant près des gorges d'Endor„
Un océan calmé des tempêtes s'endort Au profond de tes yeux , pleins d'aubes clandestines; Tout ce beau corps de lys éclos chante Matines, Et de nos lèvres fait jaillir un cri : « Splendor! »
Puisque l'amour humain ressemble au sacrilège Et qu'il faut à mon âme un bonheur qui l'allège, L'hymne sainte du cœur montant à tes pieds joints,
Dans l'apaisant oubli des choses de la terre, T'embaumera d'un long baiser, fait de mystère , Comme un tranquille accord de nards et de benjoins.
Gustave Soulier.