TADOUSAC
les aborigènes déter"aient ses restes et les livraient en pâture à leurs chiens.
En 1865, une compagnie de nos concitoyens les mieux posés dans le monde commercial, l'hon. D. E. Price, MM. J. B. Forsyth, Wm. Rhodes, John Gilmour, Willis Russell, de Québec ; le D' George W. Campbell, Chs. J. Brydges, Alex, Urquhart, de Montréal ; Jos. Radford, de Tadousac, organisaient, avec un capital de $40,000, une compagnie pour en exploiter les bains de mers, au moyen d’un grand hôtel, sous le nom de Tadousac Hotel and Sea bathing Company (1). Tadousac voit se grouper, dans les salles de son vaste hôtel, pendant la belle saison, des touristes de toutes les parties du moñde : le site er est délectable. Plusieurs mêmes s'y sont bâti d’élégantes villas : entre autres, le colonel Rhodes, M. Powell, de Philadelphie, M. Willis Russell, M. Jas. L. Gibb, M. Price, M, J. Gilmour, de Québec, M. Radford, de Tadousac.
«Tadousac, dit M. J. C. Taché (2), «est placé comme un nid, au milieu des rochers de granit qui entourent l’embouchure du Saguenay. La chapelle et les maisons de poste occupent le rebord d'un joli plateau, au sommet d'une dune escarpée, qui suit les contours d’une charmante petite baie. Ainsi perchés, ces édifices dominent l'étroit rivage de sable fin
(1) 29 Vic., ch. 93.
(2) F'orestiers et Voyageurs.
Une plume amie, nous permet d’ajouter les renseignements suivants : “ Sur la signification du nom, il y a divergence. Le mot Montagnais, d'où il est probablement dérivé est Shaskuko, qui veut dire Ændroits aux Homards. D’autres lui donnent cependant l’origine mentionnée plus haut.
Chauvin avait fait un petit établissement à Tadousac, dès 1599. A la mort de Chauvin, ni le commandeur de Chaste, ni de Monts, ne donnèrent suite à cette tentative, quoique la compagnie DeGuay de Monts y fit la traite en 1607. Ce ne fut réellement qu’en 1622, que l'établissement régulier de la traite eut lieu ün cet endroit.
Champluin y trouva des vaisseaux en 1610; ils y étaient arrivés depuis le 19 mai “ce qui, ajoute Champlain, ne s'était pas vu depuis 60 ans. ”
Cette remarque prouve, comme le fait observer M. Ferland, dans son Cours d'histoire du Canada, que, depuis le dernier voyage de M. de Roberval, en 1549, les Basques, les Bretons, les Normands avaient continué de faire le trafc des pelleteries à Tadousac.
Er 1648, la traite faite À Tadousac donna 40,000 livres de profit, et il s’y fit un commerce pour 250,000 livres; il y avait 22,400 1bs. pesant pour le moins et plus de 500 orignaux.
On trouve, en 1653, un acte de société pour la traite de Tadousac entre Louis
qui s’arrondit à leurs pieds. A droite, la vue plonge dans les eaux profondes du sombre Saguenay ; en avant, elle se perd dans l'immense Saint-Laurent. Tout autour de soi, des montagnes couvertes de bois de sapins et de bouleaux. Par l’ouverture que s’est frayée la puissante rivière à travers le roc, on voit les battures, les îles et les rives sud du Grand Fleuve. C'est un endroit délicieux. »
Tadousac, dans la langue Montagnaise, signifie Mamelons. D'après M. Laflèche, le mot cri est Totoushak, pluriel de Totoush, mamelle (1)
Cet endroit élait aussi nommé par les sauvages Sadilege (2).
Voici la description qu’en donne un missionuaire jésuite : « C’est un lieu plein de rochers et si haut qu’on dirait que les géants qui voulurent autrefois combattre les cieux auraient jeté en cet endroit les fondements de leur escalade, Le grand fleuve Saint-Laurent fait quasi dans ces rochers une baie ou une anse qui sert de port et d'assurance aux navires qui voguent en ces contrées : nous appelons cette baie Tadousac, La nature l’a rendue fort commode pour l’encrage
Couillard et MM. Rosée DuHamel et consorts, représentés par leur agent, Germain LeBarbier.
La Mère de l’Incarnation nous apprend (lettre 71) que le fort de Tadousac brûla par accident en 1665 avec l’église et la maison. “C’est une très-grande perte, ajoute-t-elle, parce que c’était une retraite pour le trafic et unrefuge pour les français et pour les Sauvages. C’est pourquoi comme il n’y a nulle apparence d'abandonner les uns et les autres aux incursions des ennemis, je crois que l'on sera obligé de rétablir Le tout au printemps prochain.”
D'après le Journal des Jésuites, il y avait alors 200 Sauvager à Tadousac durant l'hiver.
En 1716, un Récollet, le P. Gelase Delestage, fut chargé de la desserte du poste de Tadousac.
Mais les Pères Jésuites qui y avaient précédé, reprirent en 1720. Le premier fut le P. Laure, que Le Répertoire Général fait mourir le 22 novembre 1742 ; maisil est certain qu’il était mort depuis deux ans quand le Père Maurice s’y rendit en 1740, comme on le voit dans son journal: “Je suis parti de Québec le 14 de juin 1740 pour venir prendre la place du Rév. Père Laure, mort deux années auparavant, aux Eboulements.
Je prends occasion de dire ici en parlant des missionnaires que la Notice sur Tadousac, publiée en 1864, aurait dû mentionner, dans l'été de 1738, la visite des postes faite par le Père St. Pé, et en 1739, celle du Père Guignas.
Enfin il est intéressant de savoir que Monseigneur de Pontbriand confirma, à Québec, deux sauvages en 1743, six en 1744, et deux en 1748.
(1) Rapport sur les Missions du diocèse de Québec, n. 12 p. 105. (2) Relation de 1646.