‹ L'album du touriste [microforme]Chapitre 13 sur 140 · LE GÉNÉRAL RICHARD MONTGOMERY · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL RICHARD MONTGOMERY

Nos historiens Smith, Garneau, Ferland, ont tous prétendus que le barbare capitaine Montgomery, du 43e régiment de ligne, envoyé à la côte de Beaupré, en 1759, pour y brüler les demeures des paysans, etc. était bien le même Montgomery qui, seize ans plus tard, vint envahir le Canada, où il trouva la mort, à Près-de-Ville, le 31 décembre 1775.

Fort de l'appui des documents historiques publiés par la Société Litléraire el Historique, j'osai m'inscrire en faux contre la version acceptée et j'avançai que le Montgomery du 43e régiment, dont le nom de baptème n'était alors inconnu, ne pouvait être le mème que Richard Montgomery, le chef des Bostonnais en 1775, attendu que Richard Montgomery appartenait au 17e régiment, alors employé dans le haut de la province, sous Amkherst,—-lequel régiment ne vint pas à Québec pendant l'été de 1759. Je prouvai que Richard Montgomery n'était pas capitaine en 1759, qu’il ne fut promu à ce grade qu’en 1762, m’étayant de l'opinion du Dr. O'Callaghan, de l’AÆistoire de New-York, par Dunlap, de l’Army List, et enfin de la lettre du colonel Galdwell, publiée par la Société Litléraire et Historique en 1866. Cependant la même erreur existe, le même libel contre la mémoire de Richard Montgomery se répète dans un livre d’un mérite incontestable, Les Mémoires de P. À. DeGaspé. Il est donc plus urgent que jamais que le jour se fasse une fois pour tout. Je recois, aujourd'hui même, un document qui complète la preuve de ce que j'ai avancé, et où se trouve consigné le nom de baptême du boucher de Saint-Joachim, le féroce capitaine au 43e régiment. Il ne se nommait pas Richard, mais bien Alexandre, tel qu'il appert par la lettre ci-jointe en réponse à celle de M. Geo. Coventry, de Cobourg, le laborieux compilateur des Simcoe Papers :

« Cobourg, C, W., 17 oct. 1866.

« Cher monsieur,—dJ’ai éprouvé tant d'intérêt dans la question que vous avez soulévée dans le Salurday Reader, de Montréal, touchant Richard Montgomery, que j'ai cru devoir écrire au Secrétaire de la guerre, en Angleterre, pour savoir s’il pourrait jeter du jour sur cette affaire, laquelle comme vous l'avez fait remarquer, devrait s’éclaircir une fois pour toutes. Ce matin, j'en ai reçu la réponse courtoise que vous trouverez sous ce pli ; veuillez en prendre copie et me remettre l'original.

«Je pense que l’on ne saurait douter que M. Garneau et autres ne se soient trompés, à moins que le 17e régiment (dont faisait partie Richard Montgomery) n'assistât au massacre de Saint-Joachim. Vous avez grandement raison d'avoir déchiré le voile d’opprobre sous lequel on a essayé d’envelopper la mémoire de Richard Montgomery ; c'était un grand cœur, bien que fourvoyé. Ayant porté l'uniforme anglais si longtemps, il n’aurait jamais dû tourner son bras contre son ancienne patrie.

«J’ose croire que vous avez maintenant de quoi venger sa mémoire...

«Les Bas-Canadiens ont noblement rempli leur devoir en recueillant tant de documents historiques : tous devraient être livrés à la publicité, comme l'a fait le Dr. O'Callaghan, aux Etats-Unis .…..........

« Signé : GEO. COVENTRY. »

<J. M. LeMone, Ecr., Québec.»

Lellre du Bureau de la Guerre à Londres :

« Pall Mall, 28 sept. 1866.

«Geo. Coventry, écuyer, Cobourg, C. W.

«Monsieur,—J'’ai reçu instruction du secrétaire, le lieutenant-général Peel, d’accuser la réception de votre lettre du 14 du courant. En réponse, je dois vous dire qu'il y a eu un capitaine Richard Montgomery, qui vendit son brevet dans le 17e régiment, le 6 avril 1772, et qu'il y a eu un capitaine Alexandre Montgomery qui vendit le brevet dont il était porteur dans

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