‹ L'album du touriste [microforme]Chapitre 131 sur 140 · WEST MAIN STREET WEBSTER, N.Y · texte numérisé non relu

WEST MAIN STREET WEBSTER, N.Y

Non, rien ne peut compenser la vue de notre majestueux fleuve.

«On dit que la grande Baie dans le Saguenay, connue sous le nom de la Baie des Ha ! Ha ! fut ainsi appelée parce que les premiers voyageurs qui montèrent le Saguenay poussaient tous ces cris de surprise en découvrant la grande Baie. Si ceux qui donnèrent à la Baie Saint-Paul, son nom, l'eussent découverte par le chemin des caps, ils auraient pu l'appeler aussi Baie des Ha ! Ha! Car c’est toujours là l’exclamation qu'on laisse naturellement échapper lorsqu'on sort par le chemin des Caps, et que, des hauteurs de Saint-Antoine, on aperçoit pour la première fois, cette paroisse.

«Ne lardons point cependant à descendre dans la belle et riche vallée qui est là, à nos pieds, et au milieu de laquelle est l’église, le village et la plus grande partie des habitants de la paroisse ; nous monterons ensuite au Cap au Corbeau, dont nous voyons les habitations devant nous par de là la plaine, où nous Gescendrons, La barque d’un nouveau Caron va nous transporter de l'autre côté de la rivière du Gouffre, dont le cours impérieux ne veut pas souffrir de pont, Si un orage subit et fort se prolonge seulement pendant une journée, voyez à vous sauver promptement, habitants du petit village de la rive gauche, car voilà que les nombreux affluents de la rivière du Gouffre descendent et se précipitent avec bruit des montagnes, déracinant et arracçhant les arbres qu'il entraîne

leau, planta une croix auprès et enfin le transporta des Caps à Sainte-Anne, en le laissant flotter à la suite de son canot.

On avertit la paroisse par le son de la cloche et on l’inhuma le soir même, (13 juillet,) 29 ou 30 jours depuis sa mort.

On ajoute qu’il fut enterré avec une croix d’or considérable qu’il portait sous ses habits. À cette marque, si jamais on bâtissait ailleurs, une nouvelle église de Sainte-Anne, on pourra le reconnaitre.

L'acte religieux de cette vertueuse fille lui mérita du Séminaire, (dont M. Filion était membre,) une place chez les Sœurs de ln Congrégation, où elle prit le nom de Saint-Paul. Une ancienne personne de lu paroisse de Sainte-Anne, dont la mère avait assisté à l'enterrement de M. Filion, m’a fait part de ce que je rapporte.

(Extrait d'un manuscrit de M. J. L. Bédard, supérieur du Séminaire, en 1786.)

M. Filion était du diocèse d’Autun, en Bourgogne, il était âgé de 50 ans et avait 20 ans de sacerdoce,

— Abeille, 14 juin 1849,

ne Ro

‘| et s'ouvrant des lits nouveaux, pour aller s’engloutir plus tôt dans Ja rivière...

«C'est le Rhémy que des quais solidement construits pour raient à peine retenir dans son lit ; c’est la Rivière des Mares, changeant continuellement son cours et découvrant aux re- k gards du géologue étonvé, des souches et des troncs d'arbres d’une époque inconnue. C'est le ruisseau Michel, se précipitant dans Ja plaine, par une chûte dont il aime à faire entendre 4 au loin l’agréable murmure.

«C'est Ze Bras que l'on entend mugir au pied des côtes de Saint-Antoine et qui, se partageant avant d'arriver au village, remplit d’effroi ses habitants et, se jouant des obstacles que l’on oppose à sa fureur, emporte souvant au Gouffre, les débris des deux ponts que l’on ne se lasse point de jeter sur son cours : ce sont cent pelils ruisseaux devenus des torrents qui, dépouillant les bautcurs au profit de la plaine, se bâtent aussi de porter au Gouffre leur contingent, comme pour l'animer davantage à poursuivre son œuvre de destruction. ‘ «Avez-vous assez de courage, pour gravir l’interminable côte \ du Cap au Corbeau : voyez les goëlettes, à blanches voiles, à l'entrée de la Baie; embrassez du regard mille objets divers à vos pieds : le cours sinueux de la Warée, et du Gouffre serpentant : au sud, de vielles maisons ou de gras pâturages ; contemplez l'église, le couvent, le village tout entier, le Cap à la Rey, les raags de la mare de l'Equerre, le bas de la Baie ; dans le lointain, les concessions Saint-Antoine Perou, Saint-lérôme, Saint-Jean, Saint-Joseph, Saint-Fla- . « vien. » | Je suis prêt à admettre avec l’aimable annaliste de la Baie Saint-Paul, qu'il n’est peut-être pas dans le pays une seule paroisse qui offre, «autant d'intérêt au louriste, au poëte et au naturaliste que la Baie Saint-Paul, » mais enfin, il se rencontre chaque sièele des moments, comme en 1663, en 1791, en 1870 ' (1), ou cet intérèt peut cesser, pour ceux qui ne sont ni touriste,

(1) Un témoin oculaire, messire J. B. Plamondon, décrit comme suit, dans le Journal de Québec du 22 octobre 1870, la catastrophe du 20 octobre 1870,

“ Baie Saint-Paul, 20 oct. 1870.

4 M. lo rédacteur,

‘“ Un mot à la hâte pour vous faire connaitre les désastres causés, tout à coup

ni poète, ni naturaliste, ou bien devenir beaucoup trop palpitant pour le comfort de leurs nerfs. L'heure et la date de la secousse étant connues d'avance, je concois qu'un naturaliste, assis confortablement dans un transparent ballon, doucement entraîné dans les hautes régions de l'air, au-dessus de la rivière du Gouffre ou du Cap au Corbeau, jouirait d'un spectacle grandiose. Quelle ode superbe, un poëte, de cette élévation ne pourrait-il pas adresser avec pleine sécurité, au génie de la tempête, déchainé à ses pieds, et le touriste donc avide de sensations, quel intéressant quart d'heure ne gouterait-il pas de son ballon à voir bien bas dans la plaine, pirouetler et danser, les blanches demeures de la côte nord, les églises bondir et virer de bord et les habitants courant cà et là, affairés, empressés, comme autant de mouches sur un pain de sucre ! Mais n'oublions pas que le commun des mortels, à la Baie Saint-Paul comme ailleurs, ne sont ni naturalistes, ni poètes, ni touristes, el conséquemment je doute fort que, pour

ici ot dans les environs, par le tremblement do terro lo plus étrange qui soit arrivé üe mémoire d'hommes. Environ une demi-heure avant midi, un coup de foudre (c’est la seule dénomination que je puisse lui donner), une énorme détonation a jeté tout le monde dans la stupeur et la terre s’est mise, non à trembler, mais à bouillonner de manière à donner le vertigo, non-seulement à qui étaient dans les maisons, mais encore à ceux qui étaiont en plein air. Toutes les habitations gemblaient être sur un volcan, et la terre, se fendillant en cinq ou six endroits, lançait des eolonnes d’eau à six, huit et peut-êtro quinze pieds en l’air, entruinait après elle une quantité de sable qui s’est étendue sur le sol. Presque toutes les cheminées se sont écroulées, de sorte que je ne pense pas qu’il en soit resté six debout, dans tout le village. Des pans de maisons se sont abattus, et ici et 1à les poëles, meubles et autres objets ont été renversés, emportant avec eux les ustensiles, la vaisselle, ete., etc.

‘6 Notre couvent, qui était sous la direction des bonnes sœurs de la Congrégation, est inhabitable pour le moment : trois cheminées et le plafond des mansardes étant démolis en partie. Trois élèves et une servante de cet établissement ont été blessées par des pierres provenant de l’éboulement des cheminées ; copendant aucune d'elles n’est gravement atteinte,

“L'église a beaucoup souffert : une partie de son portail s’est écroulée, emportant un morceau de la voûte et le resto des murs est tellement lézardé qu’il est douteux qu’on puisse les réparer.

& Lastupeur a été telle que pendant les trois ou quatreminutes qu’a duré la socousse, tout le monde pensait que c'en était fini, et que nous allions tous périr, Nous sommes encore sur le qui-vive ; car de temps en temps de légères secousses ge font encore sentir. Chacun redoute la nuit prochaine et se demande où il sera demain matin. Ilest certain que si cette catastrophe fût arrivée pendant la nuit nous aurions à déplorer la perte d’un graad nombre de vies.

‘6 Il nous est venu des gens de diverses concessions, de sorto que nous avons des

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enx, ces émouvantes convulsions du sol ne soient jamais l'occasion de sensations délicieuses.

En souvenir des agréables moments que j'ai passés à la Baie Saint-Paul, je lôgue à ses habitants qui vivront à l'époque de la quatrième grande secouse séculaire —celle qui aura lieu, disons, le 20 octobre 1970—le pelit Almanae météorologique que voici, sauf corrections de la part de nos bons amis, le Commander Ashe, R. N. F. R. A. S., et de l'astronome de l'Université Laval, dont je ne conteste pas l'autorité en matière de tremblements de terre ; mon almanac mérite, pour le moine, autant de confiance que le reste des almanacs météorologiques. Voici done ce qui précédera pendant trente jours la grande calastrophe du siècle prochain : avis a nos descendants :

20 Sept. 1970.—-Temps couvert : tendance à la pluie, une profonde mélan-

colie commencera à percer sur toutes les fisures, 21. Temps plus couvert : il tombe quelques grains de pluie ; la mélancolie auginente,

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