‹ L'album du touriste [microforme]Chapitre 130 sur 140 · LES ÉBOULEMENTS · texte numérisé non relu

LES ÉBOULEMENTS

ur Canada un tout autre nom, n'avait jamais existé au movenn- âge ; ce qui provoqua, une réplique acerbe, allant à établir es qu'il avait bien et dûment existe en France, en Angleterre, en Ux Italie, en Allemagne, en Ecosse. Nous en connaissons aude cun exemple en Canada. Laissons donc aux feudistes du €- vieux monde à régler entre eux ce point qui, certes, a peu ou sta point d'actualité pour nous. @\or nostrum est tantum te. componere lites. »

P- Ce n'élait pas seulement en France, où recul la bizarrerie

dans les contrats entre le seigneur et le censitaire, I v avait ; | nombre de manoirs et de terres en Angleterre dont la tenure

he. était fort singulivre, rie La métairie de Brookhouse, comte de York, payail au sieur là Godfroi Bosville, «une pelotte de neige à la mi-cte et une rose les rouge à Noël, » comme marque de suzeraineté. le Guillaume Albemarle était tenu, pour son manoir de Loston, de fournir au rot, quand il irait chasser à la forèt de un Dartmore, deux fléehes et un pain d'avoine, » ces Solomon Attelield possédait des terres à Reperland et à » Alherton, comté de Kent, « à condition d'avoir à accompagner son souverain, lui ou ses héritiers, quand il! traverserait la in. mer, pour lui soutenir la tête, au cas de besoin. » Quelle déà licate attention, advenant le mal de mer !

sde Edouard HE, fit présent à John Compes, d’un manoir à le Finchingfield, «pour avoir fonctionné, comme tourne-broche, dla à son couronnement. »

a 4 Geoffroi Framband avait à fournir deux blanches colombes ait au roi chaque année, redevance sur ses soivante arpents de terre, à Wingtield, eomte de Suffoik.

il La ville de Yarmouth est tenue, par sa charte, de trans- Ù mettre aux shérifs de Norwich, «cent harengs, lesquels seront de rôlis dans vingt-quatre pâtés, puis remis au seigneur d'East Carlton, iequel les transmettra au roi. »

En Canada, les seigneurs se contentaient davs leurs contrats d'exiger de grasses volailles, des coqs devenus chapons. | e- Pendant longtemps, la rente seigneuriaie des chapous arrivait ir en nature au jour donné, Les communautés cloitrées avaient > même à ouvrir leurs portes pour admettre les chapons de teurs

censitaires,

On raconte que, pendant de longues années, les timides vierges de sainte Ursule, chaque été, à la saint Martin, se voyaient frustrées de sommeil, dès l'aube, par le vacarme infernal des chapons seigneuriaux qui arrivaient vifs et en plumes, au nombre de trois centtrente-deux, d'une seule suigneurie (1). Les Réserves du Clergé anglican ont disparu à jamais sous un vote hostile des Chambres, en 185%, au moment où un seigneur, lhon, L. T. Drummond étranglait l'ogre seisneurial, Oui, ilest mort, bien mort, le vieux scélérat, qui, dans l'ancien monde, a tant opprimé l'humanité, emporant avee lui dans la tombe un de ses attributs les plus marquants : l'art de chaponner les coqs (2).

La Baie Saint-Paul—Le Cap au Corbeau— La Rivière du Gouffre (3). «La patrie des tremblements de terre »—Catastrophe du ?0 octobre 1870.

On pourrait dire que l'histoire de la Baie Saint-Paul s'idenüfie, des le début, avec les grands tremblements de terre.

(1) Les Ursulines de Québec avaient été créées seigneuresses, rendant et recevant ® foi et hommage, avee haute, moyenne et basse justice.” En 1647, elles prenaient possession de la seigneurie d: Sainte-Croix ; en 1744, la communauté faisait l'acquisition de la baronie de Portneuf, situe en face de la seigneurie de Sainte-Croix, sur In rive nord du Saint-Laurent. Cette seigneurie, en 1651, avait été la propriété de M. René Robineau de Portneuf, en faveur duquel elle fut érigée en baronnie par Louis XIV, en reconnaissance des services que cet ancien ofücier du régiment de Turenne avait rendus à Ia Couronne.” “ÆEn 1789, la redevance annuelle de Portneuf était de 447 livres, trois cent trente-deux chapons vifs en plumes, soixante-treize journées et demie de corvée, et le onzième de tous poissons, le tout rendu au monastère à la Saint-Martin... Il y « déjà assez longtemps, que l’on ne voit plus arriver à ln porte du monastère à la Saint- Martin, la troupe des chapons vifs en plumes, pieds et poings liés mais gosier libre, —[listoire des Ursulines, tome IT, p. 124-9-50. (2 Cet art va-t-il se perdre ? La législature devrait pourvoir à la eréation d'une chaire, pour un professeur, Quand le premier ministre du jour, à bout de patronage, ne saurait plus où donner la tête, il aurait droit d'offrir cette charge à celui des députés, qui pendant deux parlements consécutifs aurait avalé sans grimacer, toutes les mesures ministérielles et opiné quarrément du bonnet, sur chaque question, La loi qui le créerait serait intitulée ‘Acte pour sauvegarder ce qui reste des droits seigneuriaux.” De cette manière, on verrait en quelque sorte revenir sous le nom de “Grand Chaponneur” le ‘Grand Veneur ” des temps féodaux.—(Note d'un Antiquaire.) @) Le Gourrre, Ce maelstroom, autrefois l’effroi de toutes les embarcations voilières, se trouve entre la Baie Saint-Panl et l'Ile aux Coudres. Beaucoup de ses terreurs se sont évanouies. “* Avec une bonne brise, on le traverse même en

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Le père Jérôme Lalemant parlant de la fameuse secousse du mois de février 1663, nous dit: «Vers la Baie dite Saint-Paul, il y avait une pelite montagne sise sur le bord du fleuve, d'un quart de licue ou environ de tour, laquelle s’est abysmée, et comme si elle n'eut fait que plonger, elle est ressortie du fond de l'eau pour se changer en islette, et faire d'un lieu tout bordé d'écueils, comme ilestait, un hâvre d'assurance contre toutes sortes de vents. » On serait tenté de croire que celte ile plongeuse n'est rien moins que l'He-aux-Coudres, située en face de la Baie Saint-Paul, si Jacques Cartier ne l'avait trouvée à sa place actuelle, le six de septembre 1535, lorsqu'il remonta le fleuve pour la première fois. Ce qui a probablement donné lieu à ce récit, ce sont les éboulis qui se firent, sur les bords du fleuve, aux Eboulements, et dont cette paroisse a liré son nom.

«Quoiqu'ilen soit, il est certain qu'à l'époque de ce tremblement de terre, il n'y avait pas encore un seul habitant à la Baie Saint-Paul, comme lassure M. Boucher, dans son Histoire Naturelle du Canada, adressée à Colbert, le $ octobre de cette même année 1663 ; c'est fort heureux, car ces pauvres habitants seraient bien morts de frayeur en voyant des montagnes bondissantes, aller se plonger ainsi dans le fleuve, sicut agni ovium. «Depuis Tadousac, ditAl, jusqu'à sept lieues proche de Québec, que l'on nomme le Cap Tourmente, le pays est tout à fait inhabitable, estant trop haut et tout de roche et tout-àfait escarpé. Je n'y ai remarqué qu'un seul endroit, qui est la Baie Saint-Paul, environ sur la moitié du chemin et vis-à-vis l'Ile «ux-Coudres, qui paraist fort belle lorsqu'on y passe,

plein baissent, sur un vaisseau à voiles, nous disait naguère le Capitaine Lecours, du Clyde. C’est un remou—une fosse profonde—où l'eau à trente brasses en profondeur, tandis que l’on ne compte que dix-sept brasses dans le voisinage, C'est 1à où, par la marée baissante, les divers courants des îles situées plus haut, se rencontrent, se croisent etvont frapper la plage de l'Ile aux Coudres, vers Ia

ointe à la Prairie, puis rébondissent sur la côte opposée de In Baie, en nom- Pointe à la P l bond t | te op] le ln B

breux tourniquets. La goëlette qui s’y trouve prise, pendant le fort de la marée baissante, décrit une série de spirales, dont la dernière jadis la jettait à terre sur les roches de la rive nord. Pendant la grande mer, le courant file près de sept nœuds à l'heure. Dans le Gouffre, on attrape fonds, mais l'ancre ne tient pas; de nos jours, le Gouffre n’engloutit plus de victimes ; il s'emplit graduellement de sable.” Maintenant le Palinure le moins expérimenté y passe, sans faire de vœux à la Bonue Saint-Anne.

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306 ITINCRAIRE D'UN VOYAGE,

aussi bien que toutes les isies qui se trouvent depuis Tadoussac jusques à Québec, lesquelles sont toutes propres à ètre habilées,» Si cet historien remontait aujourd'hui le fleuve, il serait agréablement surpris de voir de belles paroisses sur une côte et des rochers, qu'il croyait inhabilables! [est vrai qu'une partie de cette côte du nord depuis la Baie Saint-Paul, jusqu'à Saint-Joachim est demeurée presqu'inhabitée jusqu'à ce jour, mais il en sera bientôt des Caps comme du reste de la côte, tout sera habité, Déjà une ehapelie v est bàtie sous le nom de Saint-Tite des Caps, elles MM, du Séminaire travaillent à faire établir, au nord du chemin actuel, une belle vallée (si toutefois on peut donner le nom de vallée à un terrain élevé de quinze cents pieds au moins at dessus du fleuve) qui s'étend de la Baie Saint-Paul à Suint-Feréol, «(quant à la Côté de Beaupré, il y avait déjà longtemps, au temps où écrivait M. Boucher, que des habitants s'y étaient établis, puisqu'uu prêtre, M. Saint-Sauveur, fat chargé en 1645, suivant le Journal des Jésuites, du soin spirituel et temporel de cette côte où il se rendit le 15 octobre avec vingt-cinq écus qu'on Jui avait donnés à cette fin. Beauport, que lon pourrait regarder comme la première paroisse de la Côte de Beaupré, en partant de Québec, était déjà à cette époque desservie régulièrement, Car le même Journal dit plus loin: « Le 4 (décembre 1645) on envoya une chapelle complète à Beauport, dont le calice était d'étain..» Et Pannée suivante : «M, Nicolet à qui je vouverneur donnait cent éeus pour dire des messes, allait à Beauport, la dire, les dimanches et festes d'ordinaire. » Les premiers habitants de la Baie Saint-Paul ainsi que ceux de la Petite Püvière, farent desservis d'abord par voie de mission, par les eurés de Sainte-Anne de Beaupré, où du petit Cap, comine où l'appelle dans tout Le pays, jusqu'à l'année 1680, ou plutôt jusqu'à 1685 : car bien que d'autres prêtres y

vinrent faire des missions pendant ces cinq années, les curés de Sainte-Anne n'en furent déchargés que lorsque M. Gaunon, premier pretre résident à la Baie Saint-Paul, vint y demeurer dans l'automne de 1685.

«C'était un voyage bien pénible d'aller de Sainte-Anne à la Baie, car il fallait passer sur le rivage, dans l'eau et dans la

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boue, à pied seulement et quelquefois à cheval. I fallait de plus avoir soin de prendre, comme l'on dit encore, l'à-point de la marée ou s'exposer à périr. Ce fut le sort de M. Filion, un des premiers curés de Saint-Anne, Revenant de Ja Baie Saint- Paul, il se noya dans les Caps, le 9 juillet 1679 (1), et fut trouvé à la Petite Rivière par la Sœur Saint-Paul, congréganiste, et inhumé daus l'église de Sainte-Aune «près de là porte de Ja sacristie, du côté du Cap,» dit une note faite par ua ancien curé de celte dernière paroisse, On assure, ajoute la note, qu'ilavait été enterré avec une belle croix d'or qu'on avait oublié de lui ôter,

« Le chemin des Caps par lequel on va aujourd'hui de la Baie à Saint-Joachim, ne fatouvert que vers 1818, et jusque là les habitants du comté actuel de Charlevoix n'eurent point d'autres movens d'aller à Québec que par le fleuve, en été, et par le périlleux chemin de la grève, en hiver, »

uen de plus pittoresque que le paysage qui attend le voyageur de la eime du Cap au Corbeau. La Baie Saint-Paul doit beaucoup à un de ses pasteurs, le Revd. M. Charles Trudelle ; il la fait connaitre avantageusement par ses écrits.

«Voyez, dit-ilencore, à perte de vue, cette suite de montagnes plus ou moins élevées et escarpées ! N'est-ce pas là l'image d'une mer en foreur qu'un pouvoir surnaturel aurait tout-à-coup rendue solide au milieu de son agitation...

« Voici la Baie ! Quelle nature grandiose ! Voyez le Saint- £aurent qu'on a laissé à Saint-Joachim, 1 parait d'ici dix fois plus vaste et plus étendu. Comme il fait bon de le revoir !

(1) Le Révd, M. Bédard fixe au 14 juin 1679 la date de sa mort. Mort de M François Filion, noyé le 14 juin 1679.

M. Filion à rendu, comme missionnaire, de grands services aux nouveaux établissements des paroisses de la seigneurie de Beaupré, la Baie Saint-Paul, ete, I'eut le malheur de périr dans les Caps, en voulant sauver dans une tempête, les personnes de son canot.

Si l'on veut s’en rapporter an témoignage d'un ancien habitant de la Baie Saint- Paul, qui parlait, il y a quelques années (avant 1786) d'après son père, il sauva à diverses reprises toute la canotée, mais en conduisant à terre la dernière personne, un coup de mer lui cassa la tetê sur le rocher. Un nouveau coup le jetta à terre, mais mort, et la personne qui se tenuit à ses habits, vivante.

La reconnaissance due à un si bon pasteur, mort pour ses ouailles, méritait bien qu’on lui rendit les derniers devoirs; aussi, une fille de ces endroits, (une

Bouchard, je crois,) garda son corps enseveli dans un cercueil d’écorce de bou-

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