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«Les deux peintures des petits autels sont l'œuvre du père Luc Lefrançois, récollet, mort en 1685. Elles ont été données par Mur, de Laval.
«Voici maintenant, par ordre, les peintures de la nef, en commençant du côté de l'épitre :
Q1° Un tableau de saint Louis, roi de France.
«2° Un petit tableau représentant le vaisseau du roi, Le Héros, au moment où il est délivré d'un grand danger,
«3° Un ex-voto qui représente le père Pierre.…et l'équipage du navire Le Saint-Esprit, faisant un vœu à sainte Anne,
CE Une toile où l'on voit le vaisseau de M. Royer engagé dans les glaces et sauvé miraculeusement par l'intercession de sainte Anne, On ne peut s'empêcher de sourire en remarquant, au sommet de celte toile, sainte Anne montrant paisiblement à lire à la sainte Vierge, sans avoir l'air de s'apereevoir de la scène de danger qui se passe à ses pieds. Au reste, presque tous ces lableaux n’ont d'autre mérite que le souvenir de reconnaissance qui s'y rat'ache : quelques-uns sont des caricatures.
«9° Un ex-voto de Louis Cypret, sauvé du naufrage en 1706.
«6° Une autre seène de naufrage, où lon voit l'équipage d'un navire faisant un vœu à sainte Anne et à saint Antoine de Padoue,
1° Au-dessus de la porte latérale, un petit tablean représente grossièrement la forèt et un homme écrasé SOUS un arbre. Sur l'avant-scène, on aperçoit un pelit chien qui a l'air de fuir en emportant quelque chose,
«La légende raconte qu'un canadien, nommé Dorval, qui travaillait, seul avec son chien, dans les bois, aux environs de Tadoussac, fut entrainé par la ehute d'un arbre qu'il venait d'abattre, et eut Ja jambe fraeturée. Reste pris sous le tronc sans pouvoir se dégager, et n'espérant aucun secours dans cetle solitude, il se recommanda à la bonne sainte Anne qui aussitôt lui inspira un moven de salut. I prit un morceau d'écorce, le trempa dans son sang, et le donna à son chien en lui faisant signe d'aller chercher du secours aux habitations. Le fidèle animal comprit la pensée de son maitre, el courut au poste de Tadoussac, où son air inquiet et le morceau d'é-
corce, teint de sang, qu'il jetait aux pieds de ceux qu'il rencontrait, donnèrent l'éveil. Quelques hommes s'empressèrent de suivre le chien qui les guida jusqu’à son maître. Celui-ci, délivré miraculeusement, et guéri en peu de temps, vint accomplir son vœu et déposer cet ex-voto en témoignage de sa reconnaissance.
« 8° Du côté de l'évangile, à l'entrée de l'escalier du jubé, un petit tableau sur bois, scène de naufrage entre les deux églises de Beauport et de la Pointe-Lévis : caricature effrayante.
«9° Naufrage du navire de M. Goulin.
«10° Scène maritime, copiée, d’après un ancien ex-voto, par M. Plamondon. Le navire de M. Juing, marchand de Québec, poursuivi par trois vaisseaux de guerre hollandais, s'échappe miraculeusement par l’intercession de sainte Anne. Au moment d'être pris un nuage l'enveloppe, le dérobe à la vue de l'ennemi et lui donne le temps d'aller chercher un refuge dans l'embouchure du Saguenay.
«11° Sainte Anne et la Sainte Vierge aux pieds desquelles est agenouillée Mademoiselle de Bécancour, des Trois-Rivières, plus tard religieuse ursuline au monastère de Québec, sous le nom de mère Sainte-Trinité,
«12° Une miniature représentant une dame Riverin de Québec, agenouillée, avec ses quatre enfants, au pied de l’autel de Sainte-Anne.
«13° Puis, le naufrage du navire Saint-Frangois, avec l'inscription suivante :
« Ex. Voto. Le. navire. Le St. Francois. De. Canada. Dematté. De tous. Les. Mats. Le. 29 Bre.
1732: commandé. Par. Pierre. D'Astargir.
Armé. par. M. LaMorille. Le. Jeune. »
« Des faisceaux de béquilles sont accrochés cà et là aux corniches de l’église.
« Au sortir de l’église, nous allons visiter, à deux pas d'ici, le Kremlin, bâti sur le flanc de la montagne, parmi un épais massif d'arbres. C’est une vaste construction en pierre, flanquée de tourelles, lambrissée et peint avec goût. Ce chàteau, aujourd'hui abandonné, fut construit, vers 1815, par M. Renvoysé, ancien curé de Sainte-Anne.
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«Grand admirateur de Napoléon, il avait donné à son caste]l le nom de Æremlin, en souvenir de la campagne de Russie, Une jolie petite chapelle, adossée aux rochers, s'élève à droite, avec son clocher élancé, à demi perdu dans la verdure.
«Sur la gauche, onvoitencore une œuvre du père Renvoysé : c’est le Cube, édifice assez grand, enfoui sous les arbres et dont la hauteur, la largeur et la profondeur sont absolument les mêmes.
« Cette forteresse du Kremlin, qui, avec ses travaux extérieurs, avait coûté, dit-on, 90,000 francs, ne fut habitée que pendant six mois par son propriétaire : il mourut, frappé d’apoplexie, à l’âge de soixante-et-onze ans.
« En parcourant les salles désertes de cet édifice ouvert à tout venant, je ramassai à terre, par hasard, un vieux papier, dont le teint jauni attira mon attention. Le premier mot qui frappa ma vue en le dépliant, fut la belle signature du marquis de Vaudreuil. C'est un ordre de milice adressé sans doute au père de M. Renvoysé, Expédiée douze jours seulement avant la bataille de Sainte-Foye, cette proclamation convoquait les miliciens de la côte de Beaupré, et leur ordonnait d'aller rejoindre l’armée du chevalier de Lévis qui s’avançait pour assiéger Québec.
« Pendant que nous lisons ce curieux document, l'heure du départ arrive, et le sifflet du bateau-à-vapeur se faitentendre. »
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