‹ L'album du touriste [microforme]Chapitre 15 sur 140 · RUE DU PALAIS · texte numérisé non relu

RUE DU PALAIS

L’extrait suivant du Journal manuscrit du vénérable compagnon d'armes de Wolfe, M. James Tompson, mort à Québec en 1830, à l’âge de 98 ans, que j'ai déjà cité dans mon travail, sur la célèbre statue, inséré au New Dominion Monthly Magazine, jettera du jour sur son origine.

« We had a loyal fellow in Quebee, one George Hipps, a butcher, who owned that house at the corner of Palace and John street, still called Wolfe’s Corner, and as it happened to have a niche, probably for the figure of a saint, he was very anxious {o fill it up, and he thought he could have nothing better than a statue of General Wolfe, but he did not know how to set ab'ut getting one. At last he finds out two French sculptors, who were brothers, of the name of Chaulette, and asked me if I thought I could direct them how to make a likeness of the General in wood, I said I would, at all events, have no objections to undertake it, and accordingly, the Chaulettes tried to imitate several sketches I gave them; but they made but a poor job of it after all, for the front face is no likeness at all, and the profile is all that they could hit upon. The body gives but a poor idea of the General, who was tall and straight as a rush. So that after my best endeavors to describe his person, and I knew it well, and for which purpose I attended every day at their workshop, which was in that house in St, Louis street, where the Miss Napier are now (1828), residing, and whichis somewhat retired from the line ofthe street, the shop itself being in the projecting wing, I say we made but a poor General Woife ofit, It has been several times—the house being then only one story high—-pulled down by mischievons persons and broken, and as often repaired the several owners of the house ; and much to their credit be it spoken : it still keeps its ground, and 1 hope it may do so until the monument is finished,

«1 suppose that the original parts of the statue must now be as rotten as a

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gear and would be mouldered away, if it was not for their being kept so edaubed with paint. »

Une clause dans les titres de cette propriété (1), parait-il, oblige le propriétaire à maintenir à perpétuité en réparations la dite statue, laquelle, au dire de M. de Gaspé, rempläça, en 1759, celle de saint Jean-Baptiste, qui fut transportée à l'Hôtel-Dieu, où elle est encore. L'on avait craint que l’arrivée de tant d’hérétiques dans Québec, en 1759, ne donna lieu à quelqu'insulte à la bien-aimée statue. Le 26 juillet 1838, le « Général Wolfe: fit voile pour Halifax. Les cadets de la frégate anglaise Inconslant, capt. Pring, après un copieux diner, à l’hôlel d'Albion, vis-à-vis, avaient décidé qu'un voyage sur mer aurait un salutaire effet sur le physique du Général, que le vent du nord avait fort miné. La translation eut lieu, sans bruit, an clair de la lune, dans une voiture de louage, guidée par feu J. Colvin, «lors charretier ; l'officier de quart de l’Inconslant, en permit l'introduction par un des sabords, croyant que c'était un de ses collègues revenant de diner, hors de combat. D'Halifax, le Général suivit ses jeunes amis aux Bermudes ; puis à Portsmouth, dans la Grande-Bretagne, où il fut exposé comme enseigne aux Casernes. Craignant que les Lords de l’Amirauté ne vinsent à apprendre cette espièglerie, nos jeunes gaillards de l’Inconstant, (quelques-uns sont des amiraux respectés à l'heure qu'il est) lirent peindre et vernir à neuf l'historique statue et l’expédièrent à leurs frais à Québec, avec leurs bons souhaits. Brillante de vernis et de jeunesse, l’on voit de loin maintenant la statue du héros, dont le bras gauche restauré, pointe vers Montmorency, et pourtant les souvenirs de ce côté doivent fort peu le regaillardir ; mieux eût valu le faire pointer, vers les Plaines d'Abraham, qui lui ont mérité l'immortalité. Ceux qui sont friands de détails, sur l'enlèvement du 26 juillet 1838, trouveront en prose et en vers dans une Etude que j'y ai consacrée, dans le New Dominion Monthly, l'Odysée complète des pérégrinations du Général, que m'a communiquée un témoin oculaire de l'enlèvement, et lui-même parliceps criminis. La statue que je me rappelle avoir vue autrefois, juste au-dessus de la porte d'entrée, est maintenant élevée à plus de cinquante pieds de terre.

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