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et porté dans la maison du sieur Arnoux (1), médecin ;» il est de plus allégué à la page 582, « que tous les blessés » étaient à l'Hôpital-Générai et l’on mentionne la sépulture de Montcalm aux Ursulines sans dire où il est mort ; ce qui nous ramène à la version du chevalier Johnstone relativement au transport de Montcalm blessé à la maison du chirurgien Arnoux.
Le journal du siége par Jean-Claude Panet, ne va pas audelà du 9 sept. 1759. L'opuscule intéressant : Notes on the Plains of Abraham, publié en 1858, à Gibraltar, par le Lieut.-Col. Beatson, officier du génie, longtemps en garnison à Québec, et que nous avons counu, travail enrichi des renseignements que feu M. Faribault et Messire Maguire lui avaient fournis, porte que Montcalm expira au Château Saint-Louis, et relate l'entrée de Montcalm dans la ville vraisemblablement par la porte Saint-Louis, en les termes suivants : « Supported by two grenadiers, one on each side of his horse, he re-entered the city : andin reply to some woemen who, on seeiëng blood flow from his wounds when he rode down St. Louis street, on his way lo the Château :—Oh mon Dieu ! mon Dieu ! le marquis est tué !—courteously assured them that he was not seriously hurt, and begged of them not to distress themselves, on his account.—Ce n'est rien! ce n’est rien ! Ne vous affligezpas pour moi, mes bonnes amies. »
Ces particularités, nous informe le col. Beatson, lui avaient été communiquées par son ami, G. B. Faribault, qui les avait reçues de feu l'hon. John-Malcolm Fraser, petit-fils d'un des officiers de Wolfe. M. Fraser les tenait d’une des plus anciennes femmes de Québec, qui, à l’âge de dix-huit ans, se rappelait avoir vu l'entrée de Moncalm sprès la bataille des Plaines.
Voici quelques détails qui nous ont été récemment fournis par notre estimé compatriote John Fraser, écuyer, (dont la mémoire est encore excellente, malgré ses 75 ans), sur Montcalm, au moment de la bataille :
« Dans ma jeunesse, dit M. Fraser, je pensionnais chez un
(1) Arnoux mo donna cette version de ses derniers moments. (Mote du chevalier Johnstone.)
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homme très-âgé et qui avait fait partie de la milice qui prit part à la lutte sur les Plaines d'Abraham. Son nom était Joseph Trahan. En 1759, Trahan était âgé de dix-huit ans. Ce vieux grognard m'entretenait souvent des incidents de cette bataille, Je me rappelle très-bien, avait coutume de dire le vieux Trahan, l'attitude de Montcalm avant le combat, Il montait un cheval brun ou noir, au front de nos lignes, tenant haut son épée comme pour nous encourager à faire notre devoir. Il portait un uniforme à larges manches, dont l’une, rejetée de l'arme qu’il tenait, laissait voir le linge blanc de sa manchette, Quand il fut blessé, le bruit se répandit qu'il avait été tué ;. une panique s’en suivit et nos soldats reculèrent d’abord des buttes à Nepveu, (près de l'Asyle Champêtre, maintenant la résidence de M. H. Dinning) au Côleau Sainte-Genñeviève, et de là vers la rivière Saint-Charles, dans la plaine, où est maintenant bâti Saint- Roch. Je me rappelle les Montagnards Ecossais, nous poursuivant vigoureusement, sur le sommet de la colline, comme des démons furieux, avec leurs plaids, (écharpes flottantes), leurs bonnets et leurs larges claymores ; des Indiens et des tirailleurs placés dans les bois que les Ecossais devaient traverser, les reçurent d'une bonne manière. Plusieurs furent tués, et leurs jupes en désordre laissaient à découvett leurs cuisses, auxquelles nos fugitifs, en repassant, faisaient des entailles avec leurs sabres, leur coupant de larges tranches dans les gndroits les plus charnus. J'étais parmi les fuyards, et je reçus dans le moilet un boulet amorti qui me renversa par terre. Je pensais que c’en élail fait de moi; mais, peu après, je me relevai et je continuai de courir vers l'Hôpital- Général, pour gagner le camp de Beauport, sur le pont de bateaux. Sur mon chemin était une boulangerie, dont le boulanger avait cuit, ce jour-là, une fournée de pains. Quelques-uns des fugitifs, épuisés, lui demandèrent à manger, ce qu'il leur refusa ; alors l’un deux, dans un accès de colère à la suite de cet acte inhumain, lui trancha la tête de son sabre, et cette tête sanglante fut déposée sur la pile de pains. La faim m'arrachant tout sentiment, je saisis un pain tout couvert de sang, el, avec mon couteau de poche, j'enlevai la
son ains.
tout ai la
croûle et je dévorai la mie avidement. Ceci se passait dans l'après-midi, le soleil s’en allait au couchant. »
Tels sont les détails fournis par le vieux Trahan à M. John Fraser.
Nous avons souvenance que feu l'abbé Ferland était rien moins que possitif sur l'endroit où le rival de Wolfe expira. Un an avant sa mort, il répondait d'abord à une personne qui lui posa la question :—«Où Montcalm est-il mort? »— «au Château Saint-Louis, » puis, se rattrapant, il avança ingénuement qu'il nele savait pas. Tout en laissant croire que Montcalm acheva sa carrière chez Arnoux (page 579 de son Cours d'Histoire), il ne le dit pas positivement. S'il nous est permis d’invoquer la tradition, le major Lafleur, longtemps employé au bureau de la Trinité à Québec, nous permet de citer de son journal, l'entrée qui a trait à Montcalm. M. Lafleur, vieux milicien de 1812, et maintenant âgé de près de 76, a recueilli avec soin une foule de particularités, ayant trait au siége de 1759 et à l'invasion des Bostonnais en 1775-6. Il consigne donc en son journal une rumeur très-accréditée dans sa jeunesse. Une jeune fille, parente de feu M. Maloin, de cette ville, se rappelait avoir vu Montcalm entrer en ville vers onze heures avant midi de la fatale journée, à cheval, haletant, blessé à mort, par la porte Saint-Jean, et non par la porte Saint-Louis, et se dirigeant vers la rue Saint-Louis. » Cette jeune fille semblait croire que Montcalm expira en dedans de la ville. Quoiqu'il en soit, le poids des autorités est contre Knox, qui faitexpirer Montcalm a l’Hôpital- Général. Nous tenons du Révd. Messire Plante que les registres de cette ancienne maison ne contiennent aucune entrée à l'appui de l’assertion de Knox.
Il paraît certain que Montcalm, blessé, fut d’abord déposé chez Arnoux (1). Si plus tard il quitta la maison du chirurgien,
(1) On lit dans le Mémoire de M. Joannès, major de Québec, cité par Dussioux, p- 387, que ‘“ M. le marquis de Montcalm, qui avait été blessé mortellement, rentra dans la ville où il mourut de ses blessures.” Ni les dépêches d’Amherst, de Saunders, de Murray, de Townshend, ne jettent du jour sur le lieu précis où expira Montcalm. Bigot dit que Montcalm entra en ville par la porte Saint- Louis :
‘C’est dans cette retraite que M. le Marquis de Montcalm reçut une balle
dars les reins, comme il était prêt d’entrer en ville par la porte Saint-Louis. ” (Lettre de Bigot—Dussieux, p. 402.)
ce qui jusqu'ici n’appert pas, pourquoi n’aurait-il pas clos sa carrière dans sa propre maison sur les ramparts, et sur le site de laquelle la résidence de M. R. H. Wurtele, courtier, a été en partie depuis bâtie, ou bien dirons-nous qu’il est mort au couvent des Ursulines? En somme, voilà une fort jolie question pour nos archéologues ; nous la leur laissons,
Sillery, 1867.