PERRET
donna aussitôt avis aux citoyens qui avaient arrêté les Bostonnais au Sault-au-Matelot, ce qui augmenta leur courage, M. Law se rendit avec ses deux cents hommes à l’autre bout du Sault-au-Matelot, ayant sorti par la porte du palais et entra dans une maison où étaient tous les officiers des Bostonnais, qui tenaient conseil sur le parti qu'ils avaient à prendre ; alors plusieurs officiers Bostonnais tirèrent leurs épées pour le tuer, mais il leur dit qu'il avait douze cents hommes qu'ilcommandait, et que, s'ils ne se rendaient à l’instant, ils seraient tous tués sans miséricorde, Quelques officiers regardèrent par la fenêtre. Il leur parut effectivement y avoir beaucoup de monde, quoiqu'il n'y eut que deux cents hommes, alors ils traitèrent plus favorablement avec M. Law et se rendirent prisonniers. Cette ruse leur conserva la vie.
«Comme les Canadiens étaient à l'extrémité du Sault-au- Matelot, du côté de la Basse-Ville, et qu'ils tiraient continuellement sur les Bostonnais, ils entendirent üne voix qui criait : «Ne tirez plus, Canadiens, car vous allez tuer vos amis. » L'on crut d’abord que c'était une feinte de la part des Bostonnais, et comme l'on continuait à fusiller, on entendit encore profércr les mêmes paroles. On cessa alors de faire feu, reconnaissant la voix de plusieurs des nôtres, qui avaient été faits prisonniers; en même temps les Bostonnais demandèrent quartier, en disant qu'ils se rendaient prisonniers ; les uns jetèrent leurs armes par les portes et par les fenêtres des maisons, les autres, saisis de frayeur, se cachèrent dans ües caves et des greniers, et la plus grande partie présentèrent la crosse de leurs fusils. Le combat dura deux heures. »
—Tout en laissant au col. Caldwell et à ses braves compagnons leurs lauriers, vous voyez que les Canadiens eurent leur part des dangers et des succes ([): Car Dambourgès, Dumas,
(). Lo 2 janvier 1777, le Gouverneur, Sir Guy Carleton, répondait comme suit à une adresse de félicitations que lui présentèrent “les nouveaux et fidèles sujets de Sa Majesté en la ville de Québec,” les Canadiens-Français :
‘“ Messiours
“Je vous remercie de votre adresse qui me flatte d’autant plus qu’elle ‘me nrouve votre fidélité et votre attachement à notre très-gracieux Kou- “verain, etje participe sincèrement avec vous à la joie de cette journée “que vous avez à jamais rendue célèbre par le courage et la fermeté que
“vous et vos concitoyens avez eus, qui seul vous ont sauvés et vos familles de la ‘ ruino qui vous monagçait.”?
Charland, Dumont et Voyer, mon cher major, sont des noms vénérés parmi nous.
La séance fut clause par une santé avec tous les honneurs, aux braves défenseurs de Québec le 31 décembre 1775.