CHAPITRE III
’rr.ANSMUTATIONS ATTKIBUÉES A VAN HELMOiNT, A ilELVÉTlUS ET A BERIGABD DÉ PISE. — MARTINI. — lUCHïAUSEN ET l’eMPEREUR FERDINAND III. — LE PASTEUR GROS.
Le retentissement immense des succès hermétiques de Nicolas Flamel eut pour résultat, avons-nous dit, de donner aux idées alchimiques une grande popularité. Un certain nombre de faits de transmutation sont cités, dans l’iiistoire de la philosophie hermétique, pendant les deux siècles qui suivirent la mort de Flamel, c’est-à-dire pendant les quinzième et seizième siècles. Nous venons de rapporter, dans l’histoire de Kelley, le plus connu de ces faits. Le reste ne nous semble pas appuyé sur des témoignages sufflsamment authentiques; aussi les passerons-nous sous silence pour ar-
' Theatnim brilaunicum chcmicum. Loiiiires, 1052.
HISTOIRE DES TRANSMUTATIONS
river nu dix-septiéme et au dix-huitième siècles, c’est-àdire à une époque assez rapprocliée de la nôtre, pour que les documents qui concernent ces faits soient nombreux et d’un contrôle aisé.
Les pliiloso[>lies hermétiques ont toujours cité avec une grande confiance, à l’appui de la vérité du fait général des transmutations, le témoignage de Van Ilelmont. 11 était difficile, en effet, de trouver une autorité plus imposante et plus digne de foi que celle de l’illustre médecin-chimiste dont la juste ’’""ommée comme savant n’avait d’égale que sa l’éputation d’honnête homme. Les circonstances mêmes dans lesquelles la transmutation fut opérée avaient de quoi étonner tous les esprits, et l’on comprend que Van Ilelmont lui-même ait été conduit à proclamer, d’après l’opéralion singulière qu’il lui fut donné d’accomplir, la vérit(‘ des principes de l’alchimie. Voici d’ailleurs le fait tel que Van Ilelmont le rapporte dans un de ses ouvrages.
En 1618, dansson laboratoire de Vilvorde près de Bruxelles, Van Ilelmont reçut, d’une main inconnue, un quart d(> grain de pierre philosophale. Elle venait d’un adepte qui, parvenu à la découverte du secret, désirait convaincre de sa réalité le savant illustre dont les travaux honoraient son époque. Van Ilelmont exécuta lui-même l’expérience, seul dans son laboratoire. Avec le quart de grain de poudre qu’il avait reçu de l’inconnu, il transforma en or huit onces de mercure. 11 faut convenir qu’un tel fait était un argument presque sans réplique à invoquer en faveur de l’existence de la pierre philosophale. Van Ilelmont, le chimiste le plus habile de son temps, était difficile à tromper; il était lui-même incapable d’imposture, et il n’avait aucun intérêt à mentir, puisqu'il ne tira jamais le moindre parti de cette observation. Enfin, l’expérience ayant eu lieu hors de la présence de l’alchimiste, il est difficile de comprendre comment la fraude eût pu s’y glisser. Van Ilelmont fut si bien (‘difii* à ce sujet, qu’il devint |)aitisan avoiii' di' ralchimi('. Il donna.
on l’honneur de cette aventure, le nom de Mercurius à son fils nouveau-né. Ce Mercurius Van Helmont ne démentit pas, d’ailleurs, son baptême alfcliimique : il convertit Leibnitz à cotte opinion ; pendant toute sa vie il chercha la pierre philosophale, et mourut sans l’avoir trouvée, il est vrai, mais en fervent apôtre.
Un événement presque semblable arriva, en 1666, à Helvétius, médecin du prince d’Orange.
Jean Frédéric Schweitzer, connu sous le nom latin d'Helvetius, était un des adversaires les fdus décidés de l’alchimie; il s’était même rendu célèbre par un écrit contre la poudre sympathique du chevalier Digby. Le 27 décembre 1666, il reçut à la Haye la visite d’un étranger, vêtu, dit-il, comme un bourgeois du nord de la Hollande, et qui refusait obstinément défaire connaître son nom. Cet étranger annonça à Helvétius que, sur le bruit de sa dispute avec le olievalior Digby, il était accouru pour lui porter les preuves matérielles de l’existence de la pierre philosophale. Dans une longue conversation, l’adepte défendit les principes hermétiques, et, pour lever les doutes de son adversaire, il lui montra, dans une petite boîte d’ivoire, la pierre philosophal('. C’était une poudre d’une métalline co^deu7' de soufre. En vain Helvétius conjura-t-il l’inconnu de lui démontrer par le feu les vertus de sa poudre, l’alchimiste résista à toutes les instances, et se retira en promettant de revenir dans trois semaines.
Tout en causant avec cet homme et en examinant la pierre philosophale, Helvétius avait eu l’adresse d’en détacher quelques parcelles et de les tenir cachées sous son ongle. A peine fut-il seul qu’il s’empressa d’en essayer les vertus. Il mit du plomb en fusion dans un creuset et fit la projection. Mais tout .se dissipa en fumée ; il ne resta dans le creuset qu’un peu de plomb et de terre vitrifiée.
Jugeant dès lors cet homme comme un imposteur, Helvétius avait à peu près ouhlii' l’aventure, lorsque, trois semai-
HlSTOmE DES THANSMUTAÏIONS.
lies après et au jour marqué, l’étranger reparut. 11 refusa encore de faire lui-même l’opération ; mais, cédant aux prières du médecin, il lui fit cadeau d’un peu de sa pierre, à peq près la grosseur d’un grain de millet. Et, comme Helvétius exprimait la crainte qu’une si petite quantité de substance ne pût avoir la moindre propriété, l’alchimiste, trouvant encore le cadeau trop magnifique, en enleva la moitié, disant que le reste était suffisant pour transmuer une once et demie de plomb. En même temps, il eut soin de faire connaître avec détails les précautions nécessaires à la réussite de l’œuvre, et recommanda surtout, au moment de la projection, d’envi'lopper la pierre philosophale d’un peu de cire, afin de la garantir des fumées du plomb. Helvétius comprit en ce moment pourquoi la transmutation qu’il avait essayée avait échoué entre ses mains : il n’avait pas enveloppé la pierre dans de la cire, et négligé par conséquent une précaution indispensable. L’étranger promettait d’ailleurs de revenir le lendemain pour assister à l’expérience.
Le lendemain, Helvétius attendit inutilement ; la journée s’écoula tout entière sans que l’on vît paraître personne. Le soir venu, la femme du médecin, ne pouvant plus contenir son impatience, décida son mari à tenter seul l’opération. L’essai fut exécuté par Helvétius en présence de sa femme et de son fils. Il fondit une once et demie de plomb, projeta sur le métal en fusion la pierre enveloppée de cire, couvrit le creuset de son couvercle et le laissa exposé un quart d’heure à l’action dn feu. Au bout de ce temps, le métal avait acquis la belle couleur verte de l’or en fusion ; coulé et refroidi, il devint d’un jaune magnifique. Tous les orfèvres de la Haye estimèrent très-haut le degré de cet or ; Povelius, essayeur général des monnaies de la Hollande, le traita sept fois par l’antimoine, sans qn’il diminuât de poids.
Telle est la narration qu’Helvétius a faite lui-même de cette aventure. Les termes et les détails minutieux de son récit excluent de sa part tout soupçon d’imposture. Il fut
tellement émerveillé de ce succès, que c'est à cette occasion qu’il écrivit son Vituliis aurxus ^ dans lequel il raconte ce fait et défend l’alcliimie. Cette transmutation fit grand bruit à la Haye, et chacun put se convaincre de sa réalité. Spinosa, qui n’est pas rangé parmi les gens crédules, dit, dans une de ses lettres, qu’il a pris lui-même les renseignements les plus détaillés à cet égard, et qu’il n’hésite pas à se déclarer convaincu comme tout le monde'-^.
Le philosophe italien Bérigard de Pise fut converti à l’alchimie par un événement en tout analogue aux précédents. Nous ne pouvons guère expliquer aujourd’hui ces faits qu’en admettant que le mercure dont on faisait usage, ou le creuset que l’on employait, i;ecélait une certaine quantité d’or dissimulée avec une habileté merveilleuse.
« Je rapporterai, nous dit Bérigard de Pise, ce qui m’est arrivé autrefois lorsque je doutais fortement qu’i^ fût possible de convertir le mercure en or. Un homme habile, voulant lever mon doute à cet égard, me donna un gros d'une poudre dont la couleur était assez semblable à
1 Vitulus aurxus quem mundus adorat et orat. in hibliothecâ chemicâ Mangeti, t I, p. 196.
' Voici les termes mêmes de cette lettre de .Spinosa, adressée à Jarrig Jellis ; (( Ayant parlé à Voss de l’affaire d’Hcdvétius, il se moqua de moi, « s’étonnant de me voir occupé à de telles bagatelles. Pour en avoir le cœur « net, je me rendis chez le monnayeur Brechtel, qui avait essayé l’or. « Celui-ci m'assura que, pendant sa fusion, l’or avait encore augmenté de « poids quand on y avait jeté de l’argent. Il fallait donc que cet or, qui « a changé l’argent en de nouvel or, lût d’une nature bien particulière. (( Xon-seuleinent Brechtel, mais encore d’autres personnes qui avaient « assisté à l’essai, m’assurèrent que la chose s’était passée ainsi. Je « me rendis ensuite chez llelvélius lui-n.ème, qui me montra l’or et le « creuset contenant encore un peu d’or attaché à ses parois. Il me dit « qu’il avait jeté à peine sur le plonda fondu le quart d’un grain do blé de « pierre philosophale. Il ajouta qu'il ferait connaître cetle histoire à tout « le monde. 11 paraît que cet adepte avait déjà fait la même expérience à « Amsterdam, où l'on pourrait encore le trouver. Voilà toutes les infor- (( mations que j’ai pu prendre à ce sujet. » (Boorbourg, 27 mars 1667.) ileiied. Spinozae Opera)poslInima, p. 556.
inSTOIRE DES TRANSMUTATIONS .
celle du pavot sauvage, et dont Eodeur rappelait celle du sel marin calciné. Pour détruire tout soupçon de fraude, j’achetai moi-même le creuset, le charbon et le mercure chez divers marchands, afin de n’avoir point à craindre qu’il n’y eût de l’or dans aucune de ces matières, ce que fout si souventles charlatans alchimiques. Sur dix gros de mer- 'cure j’ajoutai un peu de poudre ; j’exposai le tout à un feu assez fort, et en peu de temps la masse se trouva toute convertie en près de dix gros d’or, qui fut reconnu comme très-pur par les essais de divers orfèvres. Si ce fait ne me lut point ariivé sans témoins, hors delà présence d’arbitres étrangers, j’aurais pu soupçonner quelque fraude ; mais je puis assurer avec confiance cpie la chose s’est passée comme, je la raconte A »
Ces sortes de démonstrations pratiques, fournies par les maitres de l’art aux incrédules ou aux ennemis de la science transmutatoire, étaient assez fréquentes au dix-septième siècle. Beaucoup d’artistes, voyageant en divers pays, s’arrêtaient dans les universités ou dans les grandes villes pour cette espèce de propagande scientifique. Ce qui arriva à Helmstedt, en 1621, en est un exemple assez piquant.
Un certain Martini, professeur de philosophie à llelmstedt, était renommé par ses diatribes contre ralchimie. Un jour, dans une de ses leçons publiques, comme il se répandait eu injures contre les souffleurs, et en arguments contre leurs doctrines, un gentilhomme étranger, présent à la séance, l’interrompit avec politesse, pour lui proposer une dispute publique. Après avoir réfuté tous les arguments du profe.sseur, le gentilhomme demanda qu’on lui procurât aussitôt un creuset, un fourneau et du plomb. Séance tenantCj il fit la transmutation ; il convertit le plomb en or, et l’offrit à son adversaire stupéfait, en lui disant : Domine, suive mi hune syllogismum.
Cette démonstration de fait opéra l’entière conversion du
’ llùc iiisi in loco solo et remoto ab arhilris comprobassem , suspicarc aliquid subesse fraudis :riam fidenter testari possum rem ita esse. [Circvliis Visanus, 2,v.)
professeur, qui, dans l’édition suivante de son Traité de lo- (jiq^ie, s’exprime comme un homme dont l’incrédulité en matière d’alchimie a été fortement ébranlée’.
Mais arrivons à des faits plus remarquables : nous voulons parler des opérations dans lesquelles on a fabriqué, par les procédés alchimiques, assez d’or pour en battre monnaie ou pour en frapper des médailles commémoratives. Parmi les événements de ce genre, le plus singulier et le plus connu est celui qui s’est passé, en 1648, à la cour impériale d’Allemagne, entre Ferdinand III et Richtausen.
Un adepte, connu sous le nom évidemment supposé de Labujardiére, était attaché à la personne du comte de Schlik, seigneur de la Bohême. On le citait comme possesseur de la pierre philosophale. En 1648, se .sentant près de mourir, il écrivit à l’un de ses amis, nommé Richtausen, qui habitait Vienne, lui léguant sa pierre philosophale, et l’invitant à venir au plus tôt la recevoir de ses mains. Richtausen arriva trop tard ; l’adepte était mort. Il demanda cependant au maître d’hôtel du palais si le défunt n’avait rien laissé, et l’on s’empressa de lui montrer une cassette, que l’alchimiste, au lit de mort, avait recommandé de respecter. Richtausen se saisit de la cassette et l’empôrta. Sur ces entrefaites, arrive le comte de Schlik qui, connaissant tout le prix de l’héritage de son alchimiste, vient le réclamer, en menaçant son maître d’hôtel de le faire pendre. Celui-ci court aussitôt chi'z Richtausen, et, lui mettant sur la poitrine deux pistolets chargés, lui marque qu’il faut mourir ou restituer ce qu’il a dérobé. Richtausen feignit de rendre le dépôt; mais il substitua adroitement une poudre inerte à celle de l’adepte. Ensuite, muni de son trésor, il alla se présenter à l’empereur, demandant que l’on mît ses talents à l’épreuve. Ferdi-
- « Je ne dirai rien contre la vérité de cet art, car je ne peux pas re- « jcler les témoignages de tant d'honnêtes gens qui assurent avoir vu de « leurs propres yeux l’anoblissement des métaux et l’avoir opéré eux- « méines. ^lentir serait ici une lolie, surtout pour un élève de la Sagesse, t
HISTOIRE DES TRANSMUTATIONS
nand III, très-versé dans la pliilosopliie hermétique, prit toutes les précautions nécessaires pour n’ètrti pas trompé. L’opération Se fit en sa présence, hors des yeux de Richtausen, et par les soins du comte de Rutz, directeur des mines. Avec un grain de la poudre de Richtausen, on transforma, dit-on, deux livres et demie de mercure en or fin.
L’empereur fit frapper avec cet or une médaille, qui existait encore à la trésorerie de Vienne en 1797. Elle représentait le dieu du soleil portant un caducée avec des ailes au pied, pour rappeler la formation de l’or par le mercure; sur l’une des faces, on lisait cette inscription :
Divina metamorphosis exhibka Prapiiæ, iQjrmv. a. 1fi48, in presenliâ mer. Cæs. majest. Ferdinandi trrtii.
Et sur l’autre face ;
Raris hæc ut hominibus est ars, ita raro in lucem prodit : laudetur Detis in aeternum qui partem suæ infmilæ potentiæ nohis suis ahjectissimis crealuris nommunicat .
Avec la poudre qu’il tenait de Richtausen, Ferdinand 111 fit une seconde projection à Prague en 1G50. La médaille qu’il fit frapper à cette occasion porte cette inscription ;
Attrea proqenies plumbo prognata parente.
On la montrait encore au siècle dernier dans la collection du château impérial d’Ambras, dans le Tyrol.
En reconnaissance de ces hauts faits, l’empereur anoblit Richtausen. Il lui donna le titre de baron du Chaos. C’est sous ce nom bien trouvé qu’il a couru toute l’Allemagne, en faisant des projections. L’opération la plus célèbre du baron du Chaos est celle qu’il fit exécuter en 1058, à l’électeur de Mayence, qui convertit lui-même quatre onces de mercure en or très-pur.
Monconis, dans ses Voyages, raconte ainsi la transmutation opéri'e par l’électeur de Mayence :
L’ALCHIMIli: ET LES ALCHIMISTES.
« L’électeur fit lui-même cette projection avec tous les soins que peut prendre une personne entendue dans la philosophie. Ce fut avec un petit bouton gros comme une, lentille, qui était même entouré de gomme adragante, pour joindre la poudre ; il mit cc bouton dans la cire d’une bougie, qui était allumée, mit cette cire dans le fond du creuset, et j)ar-dcssus quatre onces de mercure, et mit le tout dans le feu, couvert de charbons noirs, dessus, dessous et aux environs. Puis, ils commcncèrentà souffler d’importance, et tirèrent l’or fondu, mais qui faisait des rayons fort rouges qui, pour l’ordinaire, sont verts. Chaos lui dit alors que, l’or était encore trop haut, qu’il le fallait rabaisser en y mettant de l’argent dedans ; lors, Son Altesse, qui en avait plusieurs pièces, en prit une qu’il y jeta lui- môme, et ayant versé le tout en parfaite fusion dans une lingotière, il s’en fit un lingot d’un très-bel or, mais qui se trouva un peu aigre, ce que Chaos dit procéder do cjuclque odeur de laiton qui s’était trouvé peut-être, dans la lingotière, mais qu’on l’envoyât fondre à la monnaie ; cc qui fut fait : et on le rapporta très-beau et très-doux. Et le maître de la monnaie dit à Son Altesse que jamais il n’en avait vu de si beau, fpi’il était à plus de 24 carats, et qu’il était étonnant, comment d’aigre qu’il était, il était devenu parfaitement doux par une seule fusion »
A ce résumé dos transmutations observées au dix-septième siècle, on peut ajouter un fait rapporté par Manget, d’après le témoignage de l’un des acteurs meme de l’événement, M. Gros, pasteur du saint Evangile à Genève
Dans l’année 1658, un vo}'ageur arrivant d’Italie, descendit à l'hôtel du Cygne de la Croix-Verte. Il se lia bientôt avec M. Gros, alors âgé de vingt ans et qui étudiait la tb(*ologie. Pendant quinze jours ils visitèrent ensemble les curiosités de la ville et des environs. Au bout de ce temps, l’étranger confia à son compagnon que l’argent commençait à lui manquer, ce qui ne laissa pas d’inquiéter l’étudiant, dont la bourse un peu b'gèro redoutait un appel importun. Mais ses craintes ne furent pas de longue durée. L’Italien se borna à demander qu’on le conduisit chez un orft'vre qui pût
' Voi/ar/es, t. Il, p. 579.
- Bihliothecci clirmica nirio.’iri. Vnfal'v) ad hrlarrm.
HISTOIRE UES TRANSMUTATlÜlNS.
mettre à sa disposition sou atelier et ses outils. Ou l’eiumeua chez un M. Bureau, qui, eonseutaut à satisfaire à sa demande, lui procura de l’étaiii, du mercure, des creusets, et se retira pour ne pas gêner ses opérations. Resté seul avec M. Gros et un ouvrier de l’atelier, l’italien prit deux creusets, plaça du mercure dans l’un et de l’étain dans l’autre. Lorsque l’étain lut fondu et le mercure légèrement chauffé, il versa le mercure sur l’étain et jeta dans le mélange une poudre rouge entourée de cire. Une vive effervescence se [)roduisit et se calma presejue aussitôt. Le creuset étant rétiré du feu, on coula le métal et on obtint six petits lingots du [)lus beau jaune. L’orfévre étant rentré sur ces entrefaites, s’empressa d’examiner les lingots ; c’était de l’or, et du plus fin, dit-il, ([u’il eût jamais travaillé. La pierre de touche, l'antimoine, la coupelle, justifièrent sa nature et l’élévation de son titre, l’our jiayer l’orfévre de sa complaisance, l’Italien lui fit présent du plus petit des lingots; il se rendit ensuite à la monnaie, où son or fut échangé contre un poids égal de ducats d’Espagne. Il donna vingt ducats au jeune Gros, jiaya son compte à l’hotel et prit congé de ses amis, annonçant son retour très-prochain. 11 commanda même pour le jour de son arrivée un rejtas magnifique qu’il paya d’avance. Il partit, mais ne revint plus.