‹ L'Alcoolisation dans différentes professions de la région parisienneChapitre 17 sur 23 · CHAUFFEURS DE TAXI-AUTOS · texte numérisé non relu

CHAUFFEURS DE TAXI-AUTOS

A. — Deux chopines de vin, 1 verre de vin blanc environ tous les deux jours avec les amis, 4 rhums dans le café, 2 ou 3 mominettes par semaine.

B.— Deux chopines de vin, 1 rhum dans le café, 1 bock tous les deux jours, en été seulement, environ 10 absinthes par an.

C.— Deux chopines de vin, 2 petits verres dans le café, environ t autre petit par semaine avec les amis, en hiver, 1 grog de jour à autre.

D. — Trois litres un quart de vin, 3 petits verres dans le café, autres petits verres dans la journée.

E.— Cinq litres de vin, environ 5 à 6 apéritifs dont 3 sont des absinthes.

F. — Près de 2 litres de bière. euviron 1 petit

verre par moIs.

G.— Deux chopines de vin, 3 petits verres par semaine, avec les amis. |

H. — Deux chopines de vin, 1 rhum dans le café, 1 petit verre avec les amis.

I. — N'a rien voulu dire, a les apparences d’être très alcoolique. À noter, comme plus haut, que ce silence est aussi l’indice d’un degré avancé d’alcoolisme.

J. — Demi-litre de bière par semaine, r petit verre environ par semaine avec les amis. Est malade.

K. — Deux chopines, 3 petits verres dans le café, x verre de bordeaux par semaine, 1 goudron dans la journée quand il fait froid, 1 petit verre le soir.

L.— Un litre de vin, 1 verre de bordeaux environ tous les quinze jours avec les amis.

30 LAYEURS DE VOITURES

Notre bénévole enquêteur a bien voulu nous dire que « les laveurs suivants ont été interrogés indistinctement, selon le hasard de la rencontre, et avec les précautions voulues pour qu’ils acceptent de répondre ».

A. — Un litre trois quarts de vin, r rhum, r petit verre d’un jour à autre.

B. — Un litre de vin, t verre de marc, 1 apéritif, qui la moitié du temps est une absinthe.

C. — Un demi-setier de vin par jour, 1 apéritif environ tous les mois.

D. — Une chopine de vin, 1 apéritif tous les quinze jours.

Æ. — Deux litres et demi de vin.

F. — Trois litres de vin, 2 petits verres de marc, 2 absinthes.

G. — Deux litres de vin, 10 apéritifs, dont 4 sont. des absinthes (!).

H. — Trois litres de vin, 2 petits verres de mare, 2 à 3 absinthes.

I. — Un litre et demi de vin, r rhum, r petit verre de marc environ tous les quatre jours.

J. — Deux litres de vin, 2 rhums.

K. — Un litre et demi de vin.

L. — Deux litres de vin, 1 petit verre, 1 absinthede temps en temps, s’est montré mal disposé, et ne paraît pas m'avoir tout dit.

La moyenne du gain total par journée de travail est de 10 francs pour les chauffeurs d’auto-taxis, de 8 francs chez les cochers de fiacres, de 8 francs aussi chez les laveurs de voitures (travail de nuit).

Il va sans dire que les exemples susdits n’ont nullement été choisis. Le hasard seul a contribué à les catologuer. Mais telle quelle,cette nomenclature qui, à d’aucuns pourrait paraître fastidieuse,ne laisse pas que d’être très intéressante. Elle montre en effet, d’une façon irréfutable, combien dans ces corps de

métiers l'absorption de boissons alcooliques est considérable. Étant donné que le hasard a présidé au choix des 36 individus étudiés, il y a tout lieu de croire qu’une étude plus prolongée n’aurait apporté que les mêmes évidences. Calcule-t-on ce que l’alcool grève un modeste budget de travailleur ? On n’a qu’à faire des additions fort simples, et l’on saura immédiatement à quoi s’en tenir.

A considérer de haut ces trois enquêtes, il en résulte encore une déduction, laquelle vient corroborer une de nos assertions formulées plus haut : c’est à savoir influence de l’exemple et de l'entrainement. Alors que les cochers et les chauffeurs présentent d’un sujet à l’autre des différences extrêmes,les laveurs de voitures travaillant en équipes à des heures réglées ne présentent pas ces oscillations. Ils ont en quelque sorte discipliné leur alcoolisation. Ils boivent d’une façon uniformè, avec évidemment des différences qu’expliquent les propensions individuelles. Le cas est assez curieux ; nous nous bornons d'ailleurs à le constater.

Veut-on maintenant savoir l’opinion des cochers de fiacres et des conducteurs de taxis sur la question de l’alcoolisme? Quelle idée ils s'en font. La voici dans toute son ingénuité :

€ L'alcool ne nuit qu’à celui qui en boit trop. » Mais si l’on veut faire préciser quel est celui qui en boit trop, la réponse invariable est en substance celle-ci. C’est celui qui boit, plus que je ne bois moi-

même, et si l'on interroge un alcoolique invétéré, la

réponse toujours semblable ne change pas : « Moi, ie ne bois pas trop, l'alcool ne me nuit pas, sont alcooliques ceux qui boivent plus que moi », et ainsi indéfiniment, il n’y a aucune raison de s’arrêter.

Mais il y aurait une étude à faire qui exigerait certainement plusieurs volumes. Elle porterait pour titre : Des préjugés hy giéniques dans le peuple. Elle ne manquerait pas d'intérêt. L'on a tellement parlé de l'hygiène et de ses principes depuis quelque temps, que la masse de nos concitoyens est pénétrée de la nécessité de les suivre. Aussi avons-nous fréquemment retrouvé la sainte terreur de l’eau, porteuse de microbes, cause d’appendicite.

. La Compagnie du Métropolitain a fait installer à ses têtes de lignes des robinets d’eau filtrée par des appareils ultra-modernes, mais jamais un employé ne consentirait à en boire ! Cette eau a fort mauvaise réputation... Ceci est un exemple entre mille.

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