‹ L'Alcoolisation dans différentes professions de la région parisienneChapitre 2 sur 23 · DANS · texte numérisé non relu

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différentes professions de la région parisienne

Lorsque à la fin de nos études médicales, nous allâmes demander à M.le professeur Gilbert Ballet de bien vouloir nous indiquer un sujet de thèse pour le doctorat en médecine, il nous engagea à étudier d’une façon aussi précise que possible l’alcoolisation dans les principales professions ouvrières habitant la région parisienne el de noter en même temps les rapports qu'il nous serait peut-être donné de constater, entre cette alcoolisation, les salaires, la durée des heures de travail, les conditions matérielles et hygiéniques au milieu desquelles ce même labeur s'effectuerait. |

Disons tout de suite que si la question de l’alcoolisme, depuis pas mal d’années déjà,a défrayé la littérature sociale aussi bien que la littérature médicale, le point précis sur lequel ont porté nos recherches est resté dans l’ombre et n’a guère été élucidé.

Ainsi que nous le disait récemment M.le D: Bertillon, ancien chef du bureau de statistique municipale de la Ville de Paris. « Nous connaissons d’une façon suffisamment précise la quantité moyenne

d’alcool consommée en France;par tête d’habitants;

mais il ne faut pas nous dissimuler qu’à cet égard nos résultats statistiques n’ont qu'une valeur très relative, attendu qu'ils portent sur le chiffre global de la population française et non sur la fraction masculine comprise entre quinze et soixante ans; partie qui évidemment est la grande consommatrice des boissons alcoolisées.

Le D" Bertillon, dans son livre si documenté l’'Alcoolisme et les moyens de le combaitre jugés par l'expérience, insiste encore sur cette lacune. « Cette moyenne générale, dit-il, qui consiste à calculer la consommation des boissons alcooliques par tête d'habitants est, en elle même, très vicieuse. Ce chiffre ne peut même pas porter le nom € moyenne », dans le sens où Quetelet prenait ce mot. Ce n'est qu'un avérage selon l'expression de Herschell ou une moyenne indice pour me servir de l'expression de mon père. Ce n’est pas ce que ce dernier auteur appelait une « moyenne typique ». Pour avoir une expression réelle du degré d'alcoolisme d’un peuple, il faudrait savoir combien, parmi ses habitants, boivent 1, 2, 3, etc. litres d'alcool par an. C'est alors seulement qu'on saurait combien de personnes font de l’alcaol un usage modéré et combien en font abus. Puisqu'une telle statistique est impossible, nous sommes bien forcés de nous contenter d'un avérage général, mais il faut nous en méfier. Nous pouvons d’ailleurs en tirer des conclusions raisonnables. Mais à condition d’avoir sans cesse pré-

sent à l'esprit, les dangers d’une telle méthode. »

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