LA CONSOMMATION DE U ALCOOL
Nous applaudissons de tout cœur k Theureuse décision du Parlement belge qui vient d'interdire aLsohiment la vente de labsinthe dans tout le Royaume (l).
Tel est te triste bilan de la consommation des spiritueux en France et à l'étranger. Nous ne pouvons plus douter maintenant que Talcoolisrae habituel ne s'étende aux femmes et aux enfants.
Autrefois lonvrierne contractait des habitudes d'ivrognerie que vers la quarantaine, et s'il s'était oiariô jeune, ce qui arrivait souvent, ses premiers enfants étaient indemnes de riiérédité ulcoolique, car la femme ne buvait que de Teau et s'abstenait habituellement de vin pur, n'approchant jamais ses lèvres de Teau-de-vie. Si l'ouvrier des fabriques buvait avec excès, sa descendance s'éteignait au bout de quelques années, et les cultivateurs restés sobres faisaient souche d'hommes sains et robustes ; aujourd'hui l'alcoolisme sévit jusque dans les hameaux les plus reculés.
Les chiffres parlent bien haut et ne permettent pas Tillusion, Nous ayons maintenant la certitude que toutes les classes de la société contribuent k grossir ce total de l'alcool consoinrué. Et nous ue saurions trop nous appuyer sur cette vérité d'expérience quil faut redouter non seulement Talcoohsme des barsetdes restaurauls de nuit, mais celui qui élit domicile au foyer et dont on se délie moins parce qu'il se cache dans l'ombre.
Dans sa marche insidieuse il n'en est pas moins redoutable ; chaqpie jour, s'étcndant comme une tache d'huile, il envahit lentement tous nos organes, les prédisposant k toutes les influences morbides, et les labourant en quelque sorte pour en faire un terrain de culture où s'implanteront, sans résistance, les plus vénéneux parasites,
^QMB avons établi cette vérité scientifique que ratcoolisation chronique, par Tabsorption journalière de spiritueux à petites doses, produit des effets nocits don! il est impossible de nier l'existence.
Ainsi faisons la guerre à tous ces repas précédés de Tabsinthe et suivis du cognac avec la fée vertG pour ouvrir festomac, et la fée d*or pour le fermer.
Ne laissons pas le champ libre ri ces jouisseurs qui se croient tempérants parce qu'ils nont jamais roulé dans le ruisseau et qu'on n'a pas cherché une civière pour les ramener !\ ieur domicile ! Pauvres ignorants, qui ont commencé, encore vêtus de la tunique du collégien, à s'asseoir aux terrasses des cafés en se desséchant par un Acre cigare la gorge déjà brûlée par le bitter ou l'amer Picon Jeunes gens
({} En Suisse, dans le canton de V?iud, m\ mois d'avril t90<). la prohibiUon de ['absinthe vient d'être proposée*