‹ L'alcoolisme: fléau socialChapitre 25 sur 60 · LA CONSOMMATION DB L ALCOOL · texte numérisé non relu

LA CONSOMMATION DB L ALCOOL

' d'huî elle se consomme dans tous les villages. Les feinnnes et les enfants en réclament au cal»aret.

Prenons» dit M, Lanneloiiguti^ un voyageur qui descend de la gare Saint-Lazare \ers 5 îieures du soir. Il suit la rue Troneliet, arrive h la Madeleine, va jusqu'à la Bastille, prend ensuite l'avenue qui mène à la gare d'Orléans, reprend le boulevard Saîot-Grerniain pour revenir presque à son point de départ. ïl est effrayant de voir qu'il y a sur la voie publique une masse considérable de gens qui^ de 5 à 7 heures, empêchent même le passage des piétons dans beaucoup d'endroits. Savez-vous ce qulls boivent ? Ils consomment en masse de Tabsinthe, boisson doublement dangereuse.

Et je ne parle que des débits brillants, je ne parle pas des débits clandestins, ils en trouvent au lavoir, chez le charbonnier : les enfants peuvt^nt en acheter ; tout le monde peut aller en prendre, car le gouvernement est^ à cet égard, d'une tolérance k nulle autre pareille.

Le bon marché fait qu'on en consomnie davantage, et dans les grandes villes, dans les centres ouvriers, l accélération de l'alcoolisme est d'autant plus grande que des ouvriers vont boire avant leur repas, dans les intervalles de travail.

C'est avec raison que des plaintes s'élèvent de toutes parts contre cette funeste liqueur. N'y eùHl à reprocher à Tabsinlhe que Fattraît que, paraît-il, elle donne k Talcool, qu'il faudrait contre cet attrait prendre des mesures défensives. Mais la substance elle-même de cette plante ne contient-elle pas quelque élément dangereux, le mode de fabrication de la liqueur n'est-it pas, dans un but honteux de spéculation, devenu un mode pernicieux, sur lequel conséquemment l'autorité doit exercer une plus exacte surveillance? On le comprend, il faut, h tout prîx^ en face d'un péril social comme celui que tout le monde semble aujourd'hui vouloir combattre, prendre des mesures radicales contre la vente des spiritueux à essences.

Dans sa séance du 5 mars 189o, T Académie française a entendu un rapport duquel il résulte que la consommation de Tabsinthe et des boissons similaires progresse chaque année surtout parmi les femmes qui, par goût, s*y trouvent naturellement portées, et chez lesqnelles le besoin ne tarde pas à se faire sentir et à devenir impérieux.

Les conséquences de cette situation sont faciles à comprendre. L'absinthe n'est pas seulement la ruine de la santé, elle est encore la ruine des économies ; et lorsqu'elle devient une habitude chez les deux principaux membres de la famille, celle-ci se désagrège bien vite» si elle ne s'éteint par la continuation des excès. De 15 ruine du travail, diminution de la richesse, de la population, et, en un mot, de là puissance nationale.

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