‹ L'alcoolisme: fléau socialChapitre 55 sur 60 · LA PROPAGANDE · texte numérisé non relu

LA PROPAGANDE

vices, il faut prendre, ce qui vaudra mieux encore, la résolutia virile de pratiquer la vertu contraire. Pour vaincre Talcoolisme, I société de tempérance sera plus efficace que le musée des horreu

Après les afticlies, qui sont le meilleur moyen d'agir sur Vespc? des masses, il faut mettre eu œuvre la propagande par la parole. Il n'est pas inutile de faire oltserver que les orateurs devront se garda des rérriminatious violentes, et syrtout des injures contre les pc sonnes.

Qu'ils aient toujours présents à la mémoire ces sages précepte de Ghanûiog :

H On ne pousse pas de force les hommes à la modération, écrit-l Que les tempérants deviennent un parti, qu'ils respirent lu violen de Tesprit de parti, ils siiscrtcront des adversaires aussi violen qu'eux-mêmes »

Tout en poursuivant cet idéal» il n'est pas défendu de s'attirer 6ê auditeurs par de séduisants programmes : quelques innocents stratagèmes ne nous effraieraient pas.

C'est ainsi que dans le quartier d'une ville maritime, habité

des Bretons, la conférence pourra être annoncée sous ce titi

u Vivent tes enfants de FAnnorique ! » ou bien dnns une liourg»!

trrs patriote en écrira sur Taffiche d'annonce ;

H Gitovens I la Patrie est en danger 1 n

Le conférencier démontrera par a + b que ce danger c'est Falcod

Un autre titre bumorislique de conférence pourrait être celuH

u L'alcool est un aliment I »

On verrait alors accourir tous les marchands de vin et tous ii

débitants de la localité. Quand ils seraient groupés en masse con

pacte dans îa salle, Forateur justifierait son programme en démo^

trant que Falcool alimente les familles de honte, les hôpHaiix d'allé

nés, les prisons de criminels.

Les conférences seront émail lées d'anecdotes captivantes et à'i guments ad honihwm. On les interrompra, si c'est possible, par dd projections lumineuses éclairant sur la toile blanéhe les ravagfl causés dans nos organes par les boissons distillées, des scènes hisj toriques démontrant que la sobriété renferme le secret de la forcf physique ou intellectuelle, A côté des conférences, il faut muUiplier les articles de journaux et les insérer, autant que faire pourra, dans les feuilles populaires à grand tirage. Malheureusemert ces géants de la presse ont souvent des marchés a\ec les négocîaols en alcool, ce qui les empêche de se prêter facilement k Finsertio des articles ayant pour but de combattre Tivrognerie.

Quelquefois même certains journaux ne craignent pas de se livn

LA PROPAaAI<n>K

^des apologies dç ralcooK On a cité dans des conférences un article

H| Siècle publié en 1895 et conçu en ces termes;

' « Le D'' Lancereaux ne nous reconnaît pas le droit h Tapépitif. Et au nom de quoi ? De Hiygiène ! Qu'est-ce que c'est? Ordonuet-eUe aux gens de se priver de ce qu'ils aiment?. .. Est-ce parce qu'il a

, des intértMs dans une laiterie de vaches phtisiques, ou dans une

, Compagnie d'eau» qui est un poison si elle n*est pas bouillie k 150^ pendant 5 minutes, qu'il veut nous interdire Tabsinthe ? Est-ce qu'elle contient des microbes, comme Teau de la Vanne, ou telle et telle eau minérale ? >>

Reconnaissons cependant, malgré ces regrettables écarts, que la presse, depuis 23 ans surtout, a résisté a la tyrannie des spéculateurs en refusant de subir le joug de Talcool. G estainsi quedespnhliristes sérieux ont protesté A plusieurs reprises contre ce quVin pourrait appeler <t Talcoolisme officiel ^k Ils ont proposé, au Congrès de 1903, un vieu contre les vins et les punchs dits d'honneur qui s'offrent dans les mairies, les cercles, ou les salons d'hAteïs, aux notabilités politiqnes ou militaires.

Il faut proscrire absolument cet apprentissage officiel de Ta!coolisme,el prouver aux personnages illustres qu*on peut les honorer autrement que par l'absorption, tout au moins inutile, d'un ou plu-

II sie urs verres de boissons distillées.

^^l en est de même pour Tarraée, On doit maintenir, avec Tinter-

Wroiiou de la vente de l'alcool dans les cantines, une campagne énergique destinée à réformer des habitudes fâcheuses, comme celle qui ronsiste à u arroser » les galons du caporal ou du sergent- major.

On ne saurait nier que les recrues relativement sobres, fournies par les régions vinicoles et les départements montagneux, prennent souvent à l'armée le goût des spiritueux. Toutefois il existe depuis quelques années une grande amélioration sous le rapport de la tempérance, grâce à l'énergie des chefs qui ont su employer h propos rarnie de Tohéissance passive pour enrayer le fléau.

En Hollande, les soldats ivrognes sont privés pendant trois mois du port de leur sabre et ne peuvent se coiffer que du bonnet de police. Tout congé leur est refusé pendant cette période

Au mois de mars 1906, l'empereur allemand a ordonné qu'une brochure publiée par la Société contre Fabus des boissons alcooliques, Alkohoî und Wehrkrafi (L'alcool et les forces défensives de la nation) soit distribuée à tous les jeunes soldats incorporés l'automne dernier. Les officiers sont chargés d'expliquer le texte de cette brochure aux recrues.

1 Ce sont là de bons exemples à suivre.

REMÈDES MORAUX CONTRE L ALCOOLISME : AMÉLIO- RATION DE LA CONDITION DES OUVRIERS.— SOCIÉTÉS COOPÉRATIVES. — COMPAGNIES DE CHEMINS DE FER. — TRAVAILLEURS DES COLONIES.

Si les patrons font leur possible pour veiller à rhygiène des ouvriers qu'ils emploient ; s'ils écartent de leurs ateliers les mauvais exemples, et cherchent k y entretenir une atmosphère vraiment saine en éloignant les buveurs incorrigibles, ils auront fait faire un grand pas à la suppression de Talcoolisme.

Les directeurs d'usines^ sans céder à la pression du socialisme, se feront un devoir de ne pas surmener leurs ouvriers, et de limiter sagement les heures du travail. En agissant ainsi, ils ne donneront pas un prétexte k des travailleurs épuisés pour qu'ils "îiil lent chercher au cabaret la distraction et le réconfort*

Les patrons ont un moyen très efficace de faire le vide dans les débits de boissons. C'est d'assurer aux ouvriers un logement déceût et salubre. Donner au travailleur Taîr, la lumière, le chez soi confortable, c'est combattre indirectement» mais très utilement fintempérance. N est-il pas juste de dire avec Jules Simon: n ce qui vaut mieux que la sévérité du patron pour arracher Touvrier au cabaret, c'est de rendre le cabaret inutile en rendant la maison agréable {!). »

C'est un très bon remède contre TalGOolisme que ramélioration du logement de l'ouvrier. Dons une récente délibération, M. Ambroise Rendu, le distingué conseiller municipal de St- Thomas d'Aipiia, a fait ressortir énergiquement la nécessité d'entrer dans cette voie. Le premier soin des représentants de Paris, a-t-il affirmé, doit être de procurer Tassainissement des habitations dans lesquelles s'entasse une population ouvrière toujours plus dense, attirée qu'elle est pa^ les mirages de la grande ville (2).

(1) Le Travail,

(2) Quand une ctiambre est saine et riante à la vue, Qu'on y trouve une armoire en linge bien pourvue. Un livre sur la table, une lampe k soir,

On y revient sans peine^ on aime à ta revoir».. Mais ce sont les laudis et les foyers sans llainme, Les bouges sans soleil pour le corps ni peurl'ôme, Et ces réduits infect» pleins de navrants secrets Qui font rester le peuple au fond des cabarets

(Manuel, Les Ouvriers),

RCMfefiES MORAUX OONTRB L* ALCOOLISME

Dû a ouvert de grands boulevards, de larges nies dans certains quartiers de Paris, et Taîr comme la lumière y circulent à flots* C'est fort bien, et nul ne pourrait se plaindre de ces améliorations certaines. Mais la population ouvrière qui habitait les logements emportés par l'opération de voirie, où a-t-elle été s'établir ? Ces habitants, jadis entassés dans des taudis, ont-ils loué des apparteraenls dans les beaux immeubles élevés à grands frais^ avec des façades séduisantes, en bordure des voies nouvelles ? Nullement ; ils ne pouvaient payer le loyer des appartements qui remplaçaient leurs modestes logements^ et, comme beaucoup d'entre eux ne pouvaient non plus s'éloigner du centre de leurs travaux, ils s'entassaient dans les rues adjacentes, augmentant encore le surpeuplement. L'amélioration sanitaire n*a donc été qu'apparente. Pour qu*eile soit réelle, il faut que les maisons ouvertes sur les voies nouvelles puissent être habitées par les locataires expulsés. Il faut donc combiner la démolition des îlots contaminés et ïa reconstruction, sur place, d'habitations h bon marché, au moins partiellement, affectées aiLX ouvriers.

Nous ne nous appesantirons passur l'augmentation des satairesqui, trop souvent, n'est qu'une tentation de plus, et ne détourne pas de rivrognerie ; de même nous ne pouvons attribuer une grande in* fluence anti-alcoolique à la bonne qualité de la nourriture ; on nous répondrait qu'a Paris, où l'ouvrier se nourrit très bien, Tintempérance continue k faire des ravages incalculables.

Mais, en tenant compte de ces réserves nécessaires, on doit désirer voir rhabitatîon ouvrière s'assainir de toutes façons, les ménagères mieux comprendre leur rôle et mieux instruire leurs filles, et surtout assister à la fondation dans les centres ouvriers des cantines économiques, des cuisines populaires, fournissant k bon compte aux travailleurs, sans perte de temps, des mets simples et bien prépares.

Nous empruntons au Bien du peuple de Liège Ténumération des mesures que la société de tempérance <t Sobrietas », établie en cette ville, recommande aux patrons pour aider a la lutte contre Talcoolisme parmi les classes ouvrières.

1. Insertion dans les règlements d'atelier et de chantier d'une clause interdisant, sous peine de renvoi, après un premier avertissement, de prendre et d'apporter des boissons fortes dans les lieux où se fait le travail.

2. Défense à l'ouvrier de tenir un débit de boissons, sans Tautorisation expresse du patron. Souvent Touvrier voit, dans le cabaret, une source de gains supplémentaires^ alors que ce cabaret mène son ménage à la ruine.

3. Paiement du salaire, au bureau ou au lieu de travail, en mains

RfiMfeDBS uORAtrx corrrAfi l'alcoousmb

propres de chaque ouvrier, et, autant que rairc se peut, un jotir de

la semaine autre qne le samedi.

4. Renseigner cxactenien^ : a) les parents sur le salaire gagn^ rhaque semaine ou chaque quinzaine par leurs fils : b) les ménaj^iV res sur le salaire gagné par leurs maris.

5. Remettre aux femmes la totalité du salaire des ouvriers «jui silaissent facilement entraîner A la hoissou, ^i conditioo «pie ceux-ci consentent.

6. Mettre à la disposition des ouvriers du café chaud, ou au moi de IVau pour les moments où les ouvriers prennent leurs repas.

7. Inscrire dans les cahiers de charges qu'une f:>onne eau potahlo eu quantité suffisante doit être mise h la disposition des ouvriers occupés aux travaux de terrassement, etc*

8. Favoriser de toutes façons rensei)<nement professionnel, les écoles ménagères pour les jeunes filles.

Les socialistes eux-mêmes comlialtent ralcoolisme, et, se plaçant ?i leur point de vue, prétendent qu'il fait obstacle à rémancipation des travailleurs. On sait quel sens fécole socialiste veut donner à ce mot « émancipation », Il ne s'agit pns, pour ces utopistes, d'assurer aux ouvriers un juste salaire, la liherlé du travail et le respect dû à la dignité et aux droits naturels de la personne humaine. Ils veulent aller plus loin, supprimer toutes les inégalités sociales et dépouiller ceux qu'ils appellent les capitalistes poîir organiser un corirliissement chimérique des prolétaires. 11 est certain qu'une entreprise aussi laborieuse serait difficilement menée à bonne fin par des intempérants ; mais la sobriété rf a pas besoin d'avoir pour mobile II* désir d'ébranler les principes sociaux ; elle est aussi très nécessaire aux travailleurs honnêtes qui veulent conserver leurs forces pour se défendre contre la tyrannie des meneurs de jj:rèves ou de jacqueries agricoles et des syndicats routes qui exercent sur leurs adbércuts forcés ou volontaires une tyrannie plus implacable que celle des Rajahs de flnde-

Un autre moyen qu'il ne faut pas négliger, c'est rinstitutiondes caisses d'épargne. C'est là un puissant moyen d'action contre l'alcoolisme. L'épargne. en efifet, est fantidote de f alcool.

Les Caisses d'épargne peuYent user des moyens que la loi met i leur disposition ; il leur est loisible d'employer leurs disponibilités îi des œuvres de bienfaisance, de verser leurs fonds de réserve p^^r les habitations populaires, conformément aux prescriptions de f^rUde 10 de la loi de 1895, Sur chaque livret de caisse d'épar^^eil serait bon également d'imprimer en quelques lignes une leçon contre' l'ivrognerie.

fUCMEOES MOaAUX CONTRE L AtCOOLISMIC

Les sociétés coopératives de consommatiOQ comprennent aussi le bien qu'elles sont à même de réaliser parmi leurs adhérents.

Ces associations constituent un puissant instrument de guerre contre ralcooltsme. Elles peuvent d'abord, et beaucoup Tont déjà fait, supprimer l'alcool de leurs approvisionnements. Sans donte^ces procédés ne sont pas adoptés sans quelques objections dont la principale consiste à dire que les coopérateurs peuvent toujours se procurer ailleurs des liqueurs et de Teau-de-vie, Mais on peut répondre que la seule nécessité de faire une course spéciale donnera le temps de la réflexion et inspirera peut-^tre la bonne résolution d'accomplir un acte de tempérance.

Les sociétés coopératives formées par les employés el, ouvriers des Compagnies de Lyon et de TEst ont presque toutes supprimé la vente de Falcool, ou du moins font restreinte dans des proportions considérables*

M. Picard a fait, dans ce but, une campagne énergique, et il a réussi à mettre en garde le nombreux personnel des Compagnies contre des dangers qu'on îai a laissé trop ignorer jusqu'ici, Tout en félicitant les Compagnies fran^nises des efforts déjà tentés pour la lutte contre le fléau, nous leur demanderons encore davantage, et nous leur signalerons deux mesures réclamées par les Congrès; d'abord, la suppression des wagons-bars qu'on voit circuler m 'me sur des lignes d^ banlieue au parcours restreint, comme si un voyageur ne pouvait pas faire quatre ou cinq kilomètres sans absorber des liqueurs spiritueuses. Nous pourrions aller plus loin et demander la suppression du débit de ralcool dans les gares, tout en reconnaissant qu'il est assez difficile de refuser un verre de liqueur après les repas dans les buffets et les wagons-restaurants.Mais on pourrait au moins interdire de vendre, dans renceinte des gares, aux agents de la Gotupagnie, des apéritifs comme îe vermouth etfabsintbe,

On cite une excellente circulaire que M, Noblemaire^ directeur de la Compagnie P,-L.-M., vient d'adresser dans ce sens à ses subordonnés.

Au 10' Congrès des employés de cette Compagnie, le v<eu suivant

été adopté à T unanimité :

Considérant que les Sociétés coopératives ont pour mission Tamé' lioration delà situation matérielle et morale de leurs membres ;

Considérant que la lutte contre Talcoolisme est un des moyens les plus eliicaces pour assurer cette amélioration ;

Le Congrès invite les sociétés fédérées à aider h la campagne antialcoolique ;

Autorise le conseil fédéral a affilier définitivement notre groupe-

RBMEimS IIORAUiC CONTRE L ALCOOLISME

ment h la Fédération nationale anti-alcooliqne en formation, et à ItiL donner l'appui de ïa Fédération.

En Belg;îque, on ne fournit pas d'alrool dans les buffets*

Si les contrats existants doivent être observés, les Compagnies peuvent, à raveair, insérer dans leurs marchés avec les entrepreneurs d'alimentation, des clauses interdisant la vente des spiritueux» Elles peuvent aussi limiter le nombre des cantines.

Dans le personnel des chemins de fer, FaJcoolisme est malheureusement entretenu par une camaraderie mal comprise, par Tignoranc de la véritable hygiène, et surtout par la mauvaise habitude de expéditeurs d'échanger avec les agents subalternes des consomma-^ tlons dans les cabarets voisins de la gare, ou, si les agents ne peuvent pas sortir de reoccinte, do leur offrir des bons de café ou de hqueurs.

Il y a longtemps qu on réclame des Compagnies d'interdire sévère^ ment l'entrée des gares aux ivrognes*

Les conférences au personnel ne sont certainement pas à néglil ger, mais ce n'est pas un moyen d'action très pratique, car il êStdîFl ficile de demander h un employé, qui a fait dix heures de service pénible, d'assister à une conrérencc de9àî! heures du soir pour reprendre sou service le lendemain matin îlsept heures.

Ne quittons pas ce sujet sans dire un mot des travailleurs agrico-* les aux colonies. On sait quels ravages Talcool exerce parmi les nègres auxquels rEarope civilisée distribue, hélas î trop facilement le poison perfectionné qui leur fait délaisser leurs distilleries primitives. C'est ainsi que la France elle-même transporte en Guinée pour plus de 500,000 francs d'alcooï par an, et que dans ces contrées, le rhum est considéré comme une véritable monnaie qui remplace Targent dans les échanges.

A Madagascar, le général GaUieni s'est mis lui-même h la tète dal mouvement anti-alcoolique ; et Ton sait quel développement le fléâu a pris dans la grande île africaine.

Depuis quelques années la vente de Talcool a été et reste interdite , dans tout Tarchipel des Iles-sous-le-Vent (comme du reste auil Marquîsesi et aux lïes Basses ou Tuamotu). L arrêté prohibant cette vente a été enregistré par \e Journal officiel de la colonie par le gouverneur, M. Gallet, qui n'a pas craint de braver la haine des marchands d'alcooi. Ih: .' loi serait encore plus sûre.

xxxm

CONGRÈS ET LIGUES iLNTI ALCOOLIQUES

Un des derniers Congrès de l'UnioB française anti- alcoolique avait été tenu à Brest le 16 novembre 1002 sons la présidence de l*amiral Reveillère.

Le 28 octobre 1903 a été onvert à Paris le grand congrès anti-alcoolique dont nous avons snîvi les travaux avec un très vif intérêt.

La séance d'ouverture a été présidée par M. Casimir Périer. Plus de cinq cents personnes assistaient à la séance.

Sur lestrade avaient pris place M, GUpysson, membre de Tlnstitut ; M* Bérenger, sénateur; le professeur Lancereanx, président de TAcadémie de médecine ; te professeur Debove, doyen de la Faculté ; le docteur Brouardel, ancien doyen ; le professeur Landouzy, les doc* leurs Bourillon, Gilbert, Foley, de la Faculté de Lille; Gourbaud, Poitou-Duplesay, M. Eugène Rostand, M, Baudrillart, inspecteur de renseignement; M. Aynard, vice-président de la Chambre des dé* pûtes, le docteur Berilloni MM, Matter, Roubenowitchj Louis Rivière^ etc.

Le bureau est alors ainsi composé :

Président d'honneur : M. Casimir Périer*

Vice 'présidents dlionneur : MM. Debove, Lancereaux% Mesureur.

Pj'ésideni : M. Gheysson, président de la Ligue nationale anti-alcoolique.

Vice-présidentes : Mraes Duclos, Legrain,

Vice-présidents: MM, Baudrillart, Docteur Bérillonr Henri Joly^ Matter, Roubenowitch.

Secrélaire général : M. Riémain.

Secrétaires généraux^ adjoints: MM. Barbey, Beauchamps.

Trésorier: M. Ferrand,

Nous combattons Talcoolisme de Dunkerque à Vintimille, a dit M, Casimir Périer, en ouvrant la première séance de ce mémorable Congrès,

Mais que le Nord se rassure : nous sommes bien loin de méconnaître que lalcool est une richesse nationale. L'alcool est un merveilleux agent de lumière et de force* Ce que nous demandons, c'est

CÛNfîRès ET UGUES ÀNTt'ALCOOUCiUES

qu'où en remplisse les lampes et les réservoirs des automobile quon ne le verse pas dans les estomacs.

Que le Midi se rassure. Nous sommes bien loin de mécomia que îe vin est une richesse nationale;,., ce que nous demande c'est que celui qui le produit ou le vend ne le frelate pas, c'est que celui qui le consomme en use avec modération, et qtfà boire trop souvent à la santé de ses amis\ nous ne détruisions pas et la n(Ur& et la leur...

L'orateur demande à foutes les sociétés anti-alcooliques de se dérer dans une alfiance dliygiène sociale,

ÎVL Gheysson prend ensuite la parole avec toute l'autorité que lai assure son dévouement à toutes les grandes œuvres sociales ; puis» après Télectton du bureau, M, Barbey^ avocat, donne lecture d un rapport général sur le rôle des diverses sociétés de tempérance,

Mgr Latty, évèque de Ghâlons, a fait un éloquent appel aux mèri pour préserver Tenfance de TalcooL

Puis le Congrès a émis différents vœux empreints d'un excellenT esprit.

Nous signalerons le Congrès mutualiste de Thygiène sociale qui s'est tenu à Saint-Etienne,

Au Congrès de Paris de 11303, un orateur a proposé que les ciétés anti-alcooliques, dûment approuvées, soient autorisées à poïïi suivre directement en justice les contraventions qui seraient commisi par les cabaretiers. Nous ne faisons point d'objections à cette niesur^ qui pourrait avoir de très bons effets. Il est important, toutefois, i faire remarquer que Tapproîiation spéciale de ces sociétés ne parai pas nécessaire pour leur permettre de remplir leui- bienfaisante mission.

La loi du l*"" juillet IlIOl^ par ses article!> 1, 2 et 3, permet éd former des associations de personnes en vue d'un objet licite. On pourrait donc accorder le droit de poursuite aux sociétés anti-alcooliques sans leur imposer aucune condition particulière.

Il ne serait pas impossible non plus de concéder aux lig-uesaûtialcooliques le droit d'intenter des actions devant les tribunaux à fiû de demander réparatiou pour les troubles et dommages causés pî^r l'alcool.

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