‹ L'alcoolisme: fléau socialChapitre 54 sur 60 · UA PROPAGANDE · texte numérisé non relu

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les plus parti cul ièreinent conviés à enteodre ces causeries cl à voir ces expériences.

Tout îe inonde a lu le placard que MM. Aherlen, imprimeurs à Vais (Ardèclie), ont fait apposer dans toute la France et qui, après avoir cité l'opinion des premières autorités scientifiques, se termine par ces mots :

« Jugez lecoupaijle ! Condamnez-le I Proscrivez-le 1 Supprimez-le I

A bas Talcool ! »

Les mêmes éditeurs publient d'autres affiches intitulées :

(Ailes voir ! — Savez-mm ? — Avi^ de l'Académie de médecine. — Primes au consomjnateur, — Expontion, — Un sraudale à rhôpilaL —- Que boire en été ? — Aux ménagères, — Recette),

11 existe, du raissionnaire-artiste Christol, une belle affiche que tout le monde connaît : « L'alcool, voilà rennemi î »

Des banderollés de la maison Berger: Tahsinthe rend fou, — Talcoal abrutit, Talcool ruine, Talcool tue — se vendent ri un prix miaime (1),

Signalons enclore une affiche de la Croix Bleue, en noir et en blanc, avec un fond de drap funèbre, sur lequel se détachent un crâne de squelette et la formule : «^ L'absintbe c^est la mort,»

Aux affiches peuvent s'ajouter les sifj:nets de livre, les enveloppes avec devises, étiquettes f^omraêes, cahiers scolaires, etc. Il est question de fabriquer des boîtes d'allumettes et des éventails pour cafés avec des devises spéciales. Un montreur de guignol a proposé à la Groix-BIeue de faire jouer ses marionnettes dans les patronages scolaires en exhibant « Policliinelle incapable de payer son loyer, parce qu'il a dépensé toutes ses ressources au cabaret I n

Des maximes autî-alcooîiques peuvent être gravées sur les écrans, les éventails, les cadres de photographies, les couteaux k papier, etc.

On pourrait aussi dessiner des timbres anti-alcooliques qui seraient appliqués sur les factures et correspondances commerciales, en évitant toutefois que cette propagande ne ressemble à une réclame destinée à favoriser Tachât de diverses marchandises.

On peut placer des affiches dans les jardins ouvriers, employer pour la propagande les inscriptions électriques qui paraissent et disparaissent, les projections lumineuses, les cartes postales illustrées, les chansons populaires, les images d'Epinal, les almanachs, prospectus, etc.

Des maximes anti-alcooliques seraient apposées sur les jouets d*enfants, sur les enveloppes de répicerie et de la parfumerie ; on

(i) 30 centimes la pièce,

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LA PBOPAGAND»

pourrait, dans ce but, faire appel à la bonne volonté des directe! de bazars et des grands magasins. En s'assurant le concours bia veillant des administrations publiquey, on ferait également ligup ces maximes sur les livrets militaires, sur ceux des caisses d'épargne, sur les carnets de famille qu'on distribue dans les municipalités. Des affiches anti-alcooliques ont été, k un moment donné, apposées dans certains bureaux de poste. Il serait très utile de généraliser cette mesure. Le même procédé pourrait être employé dans les écoles^dans les gares, dans les tramways, sur les rideaux des théâtres, dans le§ marchés publics, partout où lu foule jette les yeux sur les placards consacrés à la réclame.

Si l'alcoolique invétéré reste presque toujours incurable» ces af fi ciies exerceront une suggestion salutaire sur Talcoolique moyen qui n'est pas encore profondément envahi par le viruséthylique : elles préserveront radolescent, le petit clerc, le télégraphiste, le pâtissier, tous ces enfants que leur profession laisse souvent sans défense sur lîi voie publique k la merci des tentations malsaines.

Le timbre de cinquante centimes est un obstacle à cette prop gande. N'hésitons pas ù réclamer l'exemption de cette taxe pour toutes les affiches ayant un but de moralisation sociale. En attendant que cette réforme soit accomplie, et que le ministre des finances consente à se priver d'une source assez appréciable de recettes, nous indiqu rons un procédé fort ingénieux pouvant être employé pendant périodes électorales.

Tout citoyen peut se porter candidat et garnir les murs d'afficlifij multicolores sans avoir d'impôts à payer. Rien n'empêche déplaça der, à cette occasion, des exhortations k la tempérance, dans le gen de celle-ci :

« Electeurs !

« Méfiez-vous de votre ennemi I

« Dénoncez à la vindicte publique le tyran qui vous opprîmeT

« Fuyez avec horreur son contact, et tenez-vous à distance de ses^ « atteintes I

« Cet ennemi, c*est Talcool qui tue, qui ruine et qui déshonore î ••'

En apercevant cette circulaire, Télccteur se détourne en souriouii^ mais la propagande est faite, et la leçon a porté ses fruits sans | de droits au Trésor*

Il faut, dans les placards anti- alcooliques, mettre en relief des chiffre et des faits saillants. C'est ainsi qu'on pourrait afficher sur les murs que Paris consommait, en 1895, 22!).^M hectolitres d'alcool, ^^ que, grâce à la propagande des sociétés tempérantes, il n en a coDsomrné en 1901 que i56.886,soit une diminution de 700,000 hectolî»!

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mes en 5 ans I On ajouterait que pour toute la France, en 1892, on consommait 1, 735,513 hectolitres^et dix ans après en 1902, 1.258,951 hectolitres seulement, soit une différence de 476,562 hectolitres*

Les administrations publiques doivent défendre d'affecter les murs de leurs édifices aux affiches annonçant des boissons dangereuses, telles que Tabsinthe et tous les apéritifs plus ou moins malfaisants qu'on débite sur les comptoirs. Bien plus, elles doivent se prêter à faffichage des placards anti-alcooliques, au lieu de les interdire, conmie certaines compagnies de chemins de fer.

Des artistes qui prêteraient le concours de leur talent a la propagande anti-a!cooïique mériteraient la reconnaissance de leurs concitoyens, Déji) M. Burlou, peintre distingué, a composé un tableau représentant les dangers de Tivrognerie.

A.U Salon de 1902, M, Lcgrain s'est inspiré du même sujet pour ne œuvre de sculpture, Il a représenté un homme frappé d'un accès de dclmitm t reine nu se couvulsant sur le sol, tandis que sa femme et son enfant appellent du secours* Tranquille, indill'érent derrière son comptoir, un homme au venire bedonnant, aux chairs lippues, au visage cynique, continue h emplir des verres de Todieux breuvage qui empoisonne ses clients et reuricbit, en même temps qu'il Térige en une puissance. Au salon de 1906, un sculpteur de talent, M. Jâcopin, a exposé « le soir de paie ». C'est un groupe représentant un homme ivre que contemplent sa femme et ses enfants.

Ces compositions réalistes ont produit une grande sensation. Puissent-elles servir à la foule comme leçon d'actuaUté I

On a représenté à Paris, sous les auspices de TUnion fran<jaise anti-alcoolique et de la Ligue nationale contre Talcoolismej une pièce à thèse d'un auteur suisse» M. Walter Biolley.

h" Araignée, tel est le titre de ce drame, est jouée depuis très long* temps au pays de son auteur ; partout elle a remporté le plus vif succès.

Le titre seul de la pièce fait réfléchir : VAraignéej titre imagé et horrible et pourtant si clair.

Certes, il est bon de prémunir les masses populaires contre Talcôolisme au moyen de scènes et d'images représentant au naturel le sillon hideux creusé par ce poison sur le visage humain.

En appelant Tart à son secours, la propagande anti-alcoolique accomplit une œuvre salutaire et reprend, sous une forme plus décente et moins barbare, la leçon de choses que Sparte donnait à ses enfants. Mais il ne suffit pas de voir représentés, par des placards sensationnels, les sauvages contorsions et le teint livide de ralcoolique ; après avoir fixé les yeux sur le tableau grimaçant des

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